Les vendeuses et vendeurs sont sous pression!

L'invitéeAnaïs Timofte proteste contre la déréglementation des horaires d’ouverture des magasins.

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Dans de nombreuses communes romandes, le personnel de vente est actuellement soumis à différentes formes de déréglementation des horaires d’ouverture des magasins. Les possibilités semblent désormais infinies pour les détaillants et pour la droite: ouverture jusqu’à 19 heures le samedi ou jusqu’à 20 heures en semaine pour certains géants de la distribution, extension d’horaire pour cause de «Black Friday» ou de Fête des Vignerons…

Les partisans de l’extension des horaires d’ouverture font preuve d’une indéniable créativité lorsqu’il s’agit de trouver des motifs à la déréglementation. Cette même créativité n’est malheureusement pas mise à profit lorsqu’il s’agit de sonder l’avis des travailleuses et travailleurs de la vente.

Jusqu’ici, personne n’a été en mesure de démontrer que l’extension des horaires d’ouverture entraînerait réellement des retombées économiques en faveur des petits commerçants.

Des conditions de travail de moins en moins conciliables avec une vie de famille, parfois sans que les syndicats aient même pu négocier a minima ces conditions

Ce qui est sûr, en revanche, c’est que bon nombre de vendeuses et de vendeurs se voient imposer des conditions de travail de moins en moins conciliables avec une vie de famille, parfois sans que les syndicats aient même pu négocier a minima ces conditions. C’est le cas pour la récente décision du Conseil communal nyonnais de fermer les commerces à 19 heures (au lieu de 18 heures) le samedi. Les vendeuses et vendeurs, avec l’appui des syndicats, ne comptent pas se laisser faire: c’est décidé, un référendum est lancé.

En plus de figurer parmi les plus bas salaires de Suisse, les travailleuses et travailleurs de la vente connaissent une sollicitation toujours plus accrue, devant dés­ormais composer avec les caisses automatiques imposées dans de nombreux commerces.

Le patron du nouveau concept de «magasin sans caissier» en gare de Zurich, où tous les achats sont faits par les clients eux-mêmes via une application, prétend que ce magasin répondrait au plus près des attentes des consommateurs, désireux de faire leurs achats de manière «plus simple» et «plus flexible». Tout est dit: la présence de caissières ou de caissiers serait donc perçue aux yeux du chef de magasin comme une entrave à la simplicité d’un achat. La dévalorisation du travail de vente est assumée sans complexe, et les consommateurs se voient conférer de nouveaux besoins dont les commerçants semblent les seuls à connaître l’existence.

C’est donc bien un profond ras-le-bol qui se fait sentir dans l’ensemble du secteur, et les horaires étendus le week-end et en semaine apparaissent comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Lutter contre l’extension des horaires, ce n’est donc pas seulement se battre pour une heure de plus ou de moins, c’est se battre pour la dignité d’un travail.

Créé: 06.05.2019, 06h48

Anaïs Timofte, vice-présidente du POP Vaud.

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