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Contre la violence envers les enfants au sein de la famille

René Knüsel s'intéresse à la difficulté qu'il y a à agir sur cette question au plan national.

Le Conseil fédéral vient de rendre public un rapport sur la protection de l’enfance et la nécessité d’une détection précoce des violences dans le cadre de la famille. Dans son message, l’exécutif fédéral dit sa conviction que les violences auxquelles les enfants sont exposés doivent être repérées le plus tôt possible.

Cette reconnaissance du problème est essentielle. Elle demeure cependant une pétition de principe, dans la mesure où le Conseil fédéral ne souhaite ni coordination, ni promotion de mesures au plan national. N’est-il pas ambigu de relever, d’une part, l’étendue d’un problème de santé publique et, d’autre part, de signifier qu’une intervention fédérale dans le domaine n’est pas souhaitable?

Le dossier est complexe; il est surtout délicat. Dans leur message, les autorités fédérales rappellent que les compétences d’action dans ce domaine relèvent des cantons, voire des communes. En Suisse alémanique, plusieurs affaires récentes ont montré les différences de perception existantes face à l’interventionnisme étatique dans la famille. Même si la régulation des rapports intrafamiliaux par un service public fait aussi l’objet de contestations dans les cantons francophones, la polémique est autrement plus musclée du côté germanophone.

Tenter de réguler les questions de violences intrafamiliales à l’échelle helvétique est donc une gageure en raison de pratiques culturelles et de représentations différentes. S’il y a de la sagesse à vouloir respecter les particularismes régionaux, cela ne signifie pour autant pas que certaines valeurs et mesures ne soient pas encouragées. Il n’est en effet pas acceptable que des enfants ne soient pas protégés de façon identique selon que l’on habite à Schwytz ou dans le Jura.

Mais, le non-interventionnisme fédéral est également justifié par les divergences de vues entre professionnels concernés. Pour les uns, la détection devrait faire l’objet d’une démarche systématique auprès des familles.

Pour les autres, seule la présence de suspicions devrait motiver une intervention. Le rapport fédéral souligne deux éléments: le premier insiste sur la nécessité de former tous les personnels en contact avec les enfants et les familles; le second montre qu’en matière de détection précoce de mauvais traitements, il n’existe aucune certitude scientifique.

Il en ressort une lecture quelque peu paradoxale qui souligne l’importance du rôle des professionnels concernés pour détecter les situations à risque, mais relève l’absence d’instruments fiables pour conduire une telle démarche de façon systématique. En conséquence, tous les professionnels sont appelés à redoubler de vigilance, tout en demeurant prudents dans la lutte contre les mauvais traitements envers les enfants.

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