On ne voit jamais arriver le burn-out parental

La rédactionYseult Théraulaz donne son avis de mère et de journaliste à un phénomène de plus en plus répandu.

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La plupart des couples planifient la naissance de leur(s) enfant(s), une évidence dans une société où la contraception est facile d’accès et où les études et le travail repoussent souvent la venue au monde du premier bébé. Mais quand le désir d’enfant se mue en projet à mener à bien, en tâche à exécuter dans une période donnée, il y a un problème. Etre parent, ce n’est pas être chef de projet. Un bébé n’est pas un dossier qu’il faut boucler à une date donnée.

Une fois que l’enfant est là, que les pleurs résonnent de jour comme de nuit, que les couches se salissent sans suivre un modèle prédictible, que la fièvre survient alors que l’on a une importante réunion de travail, tout se complique.

Les pères et mères d’aujourd’hui veulent, et c’est tant mieux, que leurs enfants s’épanouissent, qu’ils soient brillants à l’école, qu’ils profitent de différents loisirs et si possible qu’ils soient obéissants et bien élevés. Tout cela en évitant les confrontations afin de maintenir un bon climat familial.

La réalité est tout autre. Un enfant n’est pas un adulte miniature. Dans ses premières années de vie, il ne répond à aucune logique. On a beau tout faire pour qu’il mange bien, pour qu’il dorme sans interruption, pour lui éviter rhume et bronchiolite que les choses nous échapperont forcément. Accepter cette part d’imprévisibilité, lâcher prise sur certaines de nos exigences (lui donner de temps en temps des petits pots industriels plutôt que de passer ses soirées à mixer des légumes bio), ne pas culpabiliser le jour où l’on hausse la voix plus que de raison sont quelques pistes pour éviter le burn-out parental.

Ce mal se répand de plus en plus dans une société qui renvoie une image idyllique de la parentalité. Il touche principalement les femmes, plus nombreuses à travailler à temps partiel et à jongler entre les différents agendas.

Le burn-out parental est sournois, il met du temps à faire son coming out. Difficile en effet de faire la part des choses entre une grande fatigue et un épuisement pathologique. Même les professionnels peuvent s’y tromper. Et une fois que le mal est diagnostiqué, il est encore plus compliqué d’en sortir.

Lorsque le burn-out survient dans le cadre professionnel, le médecin traitant signe un arrêt de travail. Il permet alors au malade de se reposer, de prendre du recul. Dans le cas du burn-out parental, il est bien plus difficile de s’éloigner de ses enfants.

Il faut donc accepter l’aide que nous proposent les proches ou le centre médico-social. Accepter que malgré l’amour indéfectible que l’on porte à nos enfants, on ait besoin de faire une pause. Laisser l’autre parent se lever la nuit même si bébé hurle notre nom, renoncer à faire certaines activités même si l’aîné s’ennuie et comprendre que le meilleur moyen d’être un bon parent, c’est d’être un parent reposé.

(24 heures)

Créé: 31.03.2017, 11h24

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