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World Economic Forum: le fric contre le climat

Bertil Munk dénonce une connivence entre monde politique et monde économique.

World Economic Forum. Événement se déroulant chaque année à Davos rassemblant l’élite politique et économique mondiale. Appelé WEF depuis 1987. 1988-2016: période durant laquelle 100 entreprises auraient émis 71% des émissions de gaz à effet de serre.

Loin de moi l’idée de tirer une conclusion trop hâtive en disant que le WEF est à l’origine de la catastrophe climatique, cette coïncidence temporelle n’est toutefois pas entièrement anodine. À l’image du ministre des Affaires étrangères de la Suisse qui fait copain-copain chez Glencore, dans une mine à l’origine de nombreux scandales environnementaux, sociaux ou de corruption, nous assistons à une connivence entre le monde politique et le monde économique. Tandis que le pouvoir politique devrait se battre pour le bien commun, pour l’intérêt général, il a pris la décision abjecte de travailler pour la défense des plus fortunés et des multinationales.

C’est dans les montagnes grisonnes que cette dynamique se fortifie et devient plus claire à nos yeux de simples citoyens. En se vantant d’être l’événement économique le plus important de l’année, le WEF se trahit: il affiche fièrement ses strategic part­ners, multinationales au chiffre d’affaires au moins supérieur à 5 milliards de dollars. BP, Nestlé, Coca-Cola Company, HSBC: autant de groupes à l’origine des problèmes écologiques et d’inégalités que nous connaissons actuellement.

Le WEF n’existe pas pour répondre aux défis urgents que les 99% de la population doivent relever. Il est là pour répondre à ceux du 1% restant: se faire un maximum d’argent en un temps limité. «Que faire des pauvres ou du climat, le politique compose de toute manière avec nous», se disent-ils.

Les 24 dernières COP, qui avaient toutes le but plus que louable de limiter le dérèglement climatique, sont sûrement, de par leur inefficacité totale, la démonstration parfaite de cette dynamique dangereuse. Les discussions formelles, où toute la société civile est conviée pour faire de vrais pas pour l’humanité, échouent lamentablement. De l’autre côté, des discussions informelles, comme ce qui se passe au WEF, ont des effets partout dans le monde avec des multinationales prenant le rôle de demi-dieux inattaquables par les politiques. Politiques qui devraient pourtant s’élever face à elles, histoire de pouvoir encore sauver l’humanité.

«Nous assistons à une connivence entre le monde politique et le monde économique»

Vingt-quatre mille grévistes s’en sont bien rendu compte vendredi passé. Ayant flairé l’arnaque d’un capitalisme vert, nous l’avons affirmé puis exigé: organisons-nous politiquement pour sauver notre planète.

On nous a opposé, avec un mépris sans nom, qu’on n’était pas près d’arrêter de manger des cheeseburgers. Bien que nos petits gestes soient importants, ils restent dérisoires face à un mode de production si prédateur. Aujourd’hui, nous manifestons à Davos pour ces raisons. Le temps nous est compté et nous ne pouvons plus attendre la bonne grâce du 1%. Elle ne viendra pas. Nous devons la chercher.

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