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Tradition alémanique sur VaudSimon en pince pour Solène et le clame avec un sapin géant

Amoureux d’une jeune fille de Curtilles, un ouvrier agricole bernois a dressé un imposant arbre de mai devant la maison de l’adolescente.

Originaire de l’Oberland bernois, Simon Gerber (20 ans) a déclaré sa flamme à Solène Luder (16 ans) en grand format devant la maison de la jeune fille, à Curtilles.
Originaire de l’Oberland bernois, Simon Gerber (20 ans) a déclaré sa flamme à Solène Luder (16 ans) en grand format devant la maison de la jeune fille, à Curtilles.
Jean-Paul Guinnard

«Je ne m’attendais pas à ça et je me suis dit qu’il était un peu fou. En même temps, c’est très sympa et plein de gens s’arrêtent pour voir ce sapin.» Du haut de ses 16 ans, Solène Luder affiche un large sourire pour parler de la surprise que lui a réservée son petit ami Simon Gerber, dans la nuit du 30 avril au 1er mai. Selon une tradition bien vivante dans son Oberland bernois natal, l’ouvrier agricole a dressé un sapin au sommet d’un mât d’une vingtaine de mètres de haut, devant la maison familiale à Curtilles. Une planche en bois avec le prénom de l’élue de son cœur complète la structure. C’est la coutume de l’arbre de mai, présentait La Broye Hebdo dans son édition du 7 mai.

On va les mesurer à la fin du mois, mais je crois que je vais gagner

Simon Gerber, amoureux de Solène

«Dans ma région, c’est la tradition d’aller poser un sapin en secret la nuit du 1er mai pour déclarer sa flamme au grand jour. Avec quelques amis, on s’est défiés de faire le sapin le plus haut possible. On va les mesurer à la fin du mois, mais je crois que je vais gagner», sourit l’agriculteur de 20 ans, surpris que la presse s’intéresse tant que cela à sa construction. Il faut dire que le mât est visible loin à la ronde en pleine nature entre Moudon et Lucens et que si de tels sapins fleurissent régulièrement dans l’Oberland, c’est beaucoup plus rare en pays vaudois. Symbole de fécondité, le rite est lié au retour de la frondaison. S’il n’en avait encore jamais installé pour une fille, Simon en avait par contre déjà posé devant la maison d’amis, à la naissance d’un enfant.

Organisé en cachette

Pour réaliser son coup, Simon a tout organisé en cachette avec ses amis, la famille de Solène et les amies de la jeune fille. Ces dernières ont ainsi emmené la Broyarde pour une sortie entre copines en… Suisse allemande. Pendant ce temps, le Bernois, Stefan Hugi, son ancien patron d’apprentissage à Granges-Marnand et ses amis ont installé le sapin à l’aide d’un élévateur télescopique. Cela a pris davantage de temps que prévu, si bien que le groupe des filles a dû ruser pour ralentir sur le chemin du retour.

Les préparatifs ont aussi été longs, puisqu’il a fallu complètement peler le mât de soutien. «J’ai fait cela avec Stefan ainsi que la famille de Bernard Nicod, qui m’a bien aidé», glisse le jeune homme en guise de remerciement. Le trajet depuis Granges-Marnand s’est révélé périlleux. Simon a installé le sapin dans sa voiture, pendant que Stefan Hugi transportait le mât sur un tracteur. Autant dire que la traversée de Lucens n’a pas été discrète.

Trônant à plus de 20 mètres de hauteur, le sapin de Simon est visible loin à la ronde, dans la campagne broyarde, entre Moudon et Lucens.
Trônant à plus de 20 mètres de hauteur, le sapin de Simon est visible loin à la ronde, dans la campagne broyarde, entre Moudon et Lucens.
Jean-Paul Guinnard

Simon avait déjà rencontré Solène courant 2018, quand il était en apprentissage à Granges-près-Marnand. CFC en poche, il est revenu travailler dans la région broyarde à l’été 2019. Le couple s’est formé dans le cadre des fêtes de jeunesse estivales, notamment lors du 100e anniversaire de la Fédération vaudoise des jeunesses campagnardes, célébré à Savigny.

Avenir dans la Broye

Comment les deux jeunes tourtereaux voient-ils leur histoire d’amour? Simon souhaite rester auprès de sa dulcinée les prochains mois. Durant l’été 2021, il envisage d’entamer un second apprentissage, de forestier-bûcheron, cette fois-ci. «J’adore travailler dans la nature avec des machines, mais le domaine agricole en Suisse allemande ne serait pas viable, car trop petit», sourit-il. Tout en continuant à bosser comme ouvrier quelques mois, il espère donc décrocher un contrat d’apprentissage dans la région.

Quant à Solène, elle étudie la biologie et la chimie en 1re année au gymnase intercantonal de La Broye, à Payerne. Si elle n’a pas encore vraiment défini sa voie professionnelle, elle devrait donc rester encore quelques mois dans la région, auprès de son Valentin.