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AboAnnulation des courses de Zermatt
La république des skieurs peut faire sa loi

La piste de la «Gran Becca», entre Zermatt et Cervinia, n’aura été utilisée que pour des entraînements. Elle ne sera plus au programme.
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Il s’est passé un moment très «suisse», dimanche à 12 h 50, en haut du parc de slopestyle de Silvaplana. Le concours des finales de la Coupe du monde dans les Grisons a été annulé après que les athlètes, réunis dans une sorte de Landsgemeinde, ont voté à main levée. D’abord, sur les seize finalistes, huit ont voulu courir contre huit qui ne voulaient pas. Le deuxième scrutin a donné le même résultat. Le troisième a vu un athlète changer d’avis et Andri Ragettli a ainsi remporté les cent points de la victoire, grâce à son résultat des qualifications.

«C’était un peu difficile pour les nerfs, je dois bien l’avouer, a expliqué le Grison après cette décision très partagée. Ça devait partir à dix heures, on s’est entraîné pour. Ça a été repoussé, il a fallu se réentraîner et rebelote ensuite… Finalement, on a voté pour ne pas concourir et c’était la meilleure des décisions possibles à prendre. Il y avait du vent, mais il était surtout inconstant. Vendredi, lors des qualifications, j’y étais allé à fond, parce que je savais que ce cas de figure pouvait se présenter.»

Les hommes votent, les femmes…

«Une journée comme ça, ça chauffe un peu les nerfs! Bon, pour moi il n’y avait plus vraiment d’enjeu, voire pas du tout. Qu’on coure ou pas, je n’allais pas me prendre la tête», a enchaîné Mathilde Gremaud, qui était déjà assurée de remporter trois globes cette saison (Big Air, slopestyle et général), ce qui n’avait jamais été fait. «C’est normal que nous prenions cette décision entre nous, parce que c’est nous qui skions!, a continué la Fribourgeoise, finalement deuxième. Après, il y a une petite différence entre les hommes et les femmes. Pour nous, c’est souvent la Fédération qui va dire que ce n’est pas judicieux, avant de poser la question aux messieurs. À moins que, chez les femmes, quelqu’un veuille absolument y aller…»

Les freestyleurs en plein vote sur la montagne de Corvatsch.

La démocratie semble aussi avoir parlé dans l’alpin. Au milieu de tous les autres problèmes que posaient les descentes de Zermatt et Cervinia, les coureurs se sont positionnés contre cette étape valaisanno-italienne. Ça ne s’est pas fait aussi ouvertement que le conclave en Engadine, mais la voix des coureuses et des coureurs a aussi porté, quand il s’est agi de faire disparaître ces dates de novembre qui ne faisaient envie à personne. Ni à dame Météo d’ailleurs.

Nouvelles réalités

Enfin, à part éventuellement à des organisateurs déconnectés des réalités d’un monde qui change. «Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi!», disait Léon Zitrone. C’est à peu près ce que Franz Julen, le boss de ces courses qui ne verront donc jamais le jour, a expliqué dans les colonnes de SkiActu.ch. Sa déconnexion avec les réalités du XXIe siècle peut être résumée en deux phrases: «Le changement climatique est en fait un avantage pour nous. Un jour, le ski va avoir besoin de Zermatt.»

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Ça n’a pas l’air d’être le cas dans l’immédiat, à son grand dam, et les coureurs ont trouvé le moyen de le faire savoir. «Par rapport au début de ma carrière, les choses ont changé. À l’époque, on n’avait pas de représentants des athlètes, expliquait Lara Gut-Behrami au Sport-Center plus tôt dans la saison. Ça bouge, ça bouge très doucement, mais ça commence à être vrai. On a désormais deux représentants qui font partie du comité de la Fédération internationale de ski et qui se réunit deux fois par année. Ils peuvent intervenir, ils ont le droit de vote. Ce n’est pas encore super, mais ça commence à venir.»

Les descentes de Zermatt/Cervinia semblaient assurées d’avoir leur date gravée dans le calendrier de la FIS, à entendre les organisateurs ces derniers mois. Mais dimanche, tout a explosé en quelques heures. Dans le milieu, on parle d’une réunion décisive qui a eu lieu entre les champions à Kvitfjell, en Norvège, au début du mois.

Les compétiteurs ne sont pas les décideurs finaux, mais leur avis a largement pesé dans la balance. Marco Odermatt en était: «Oui, en principe, nous avons des réunions d’athlètes, et Niels Hintermann et moi y participons. Mais sur ce sujet particulier, nous sommes restés neutres, contrairement aux autres athlètes et autres nations. Leur bilan à eux était relativement clair…» Chassez le naturel du Suisse et il descend en schuss.