L'addiction aux jeux vidéo devient une maladie

GenèveLa dépendance des gamers, qui toucherait 2 à 3% des pratiquants, est désormais considérée comme une maladie par l'OMS.

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«Nous avons reçu des preuves» et une recommandation de spécialistes, a dit devant la presse le directeur de la santé mentale au sein de l'organisation mondiale de la Santé (OMS) Shekhar Saxena. «Une petite part de personnes ont des troubles liés aux jeux», environ 2 à 3%, selon une estimation large que la classification comme maladie devrait préciser, a-t-il ajouté. Et ce sont surtout les jeux électroniques qui sont ciblés, selon lui. L'institution l'a ajoutée lundi à Genève à sa liste révisée. Cette mesure doit entrer en vigueur en 2022.

Les pathologies sont observées surtout dans les activités «excessives» avec une «récompense» financière ou non, notamment les jeux vidéo ou en ligne. Un certain nombre de pays ont lancé des dispositifs de soins. «Nous sommes persuadés que nous avons pris la bonne décision» en prenant en compte l'impact sur la santé publique, selon lui.

La Classification internationale des maladies (CIM) est utilisée comme référence pour identifier les situations et les statistiques de la santé dans le monde. Elle rassemble environ 56'000 codes pour des blessures, maladies ou des explications de 60% des décès dans le monde. Et «70% des dépenses de la santé» recourent à ce dispositif, a insisté devant la presse son responsable à l'OMS. «La qualité des données» va s'améliorer, a-t-il encore affirmé.

Validation attendue en mai 2019

Outre les troubles liés aux jeux vidéo, la médecine traditionnelle est mentionnée pour la première fois dans ce système. La question de la santé sexuelle est pour la première fois regroupée.

Mesure qui reflète les avancées de la médecine, la classification permet à l'organisation «de lancer des actions pour empêcher des souffrances et sauver des vies», explique le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Et elle doit contribuer à réduire la stigmatisation ou augmenter la prise en charge de certains patients, a dit M. Saxena. Il explique que 80% des personnes affectées par ce type de pathologies ne sont pas soignées.

Plus de dix ans de travail

Cette révision de la classification a pris plus de dix ans et elle sera validée par l'Assemblée mondiale de la santé en mai 2019. Elle doit déjà permettre aux pays de s'adapter et aux spécialistes d'être éduqués sur les nouveaux codes. L'engagement des travailleurs de la santé dans les discussions pour aboutir a été «sans précédent». Plus de 10'000 propositions ont été reçues par l'OMS.

Outre les employés de la santé, la classification est aussi utilisée par les assurances pour les remboursements, les administrations nationales de santé ou encore les spécialistes des données. Elle contribue aussi à identifier et à diminuer les flux de travail qui ne seraient pas sécurisés dans les hôpitaux. (ats/nxp)

Créé: 18.06.2018, 09h49

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