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TendanceEn bambou, inox ou comestibles, les pailles abordent leur révolution

À l’heure où l’on bannit le plastique à usage unique, les bars et restaurants s’adaptent. Des start-up romandes proposent des solutions.

La petite start-up fribourgeoise Okapai décline différents modèles aussi bien comestibles que réutilisables.
La petite start-up fribourgeoise Okapai décline différents modèles aussi bien comestibles que réutilisables.

La guerre contre les pailles en plastique bat son plein. Elles seront définitivement bannies par l’Union européenne, tout comme plusieurs produits à usage unique, d’ici à 2021. Le combat s’est intensifié mondialement depuis deux ans, avec notamment la création d’une Journée internationale sans paille, à laquelle 35 pays ont participé lors de son lancement, soutenue par des mouvements de sensibilisation de type Straw Wars en Angleterre ou Bye paille en France. Avec, inscrite dans les mémoires, la vidéo devenue virale du sauvetage d’une tortue de mer dont la cavité nasale avait été obstruée par le petit bout de plastique.

En Suisse, la fronde contre le tout-jetable a démarré à Neuchâtel en 2018, avec la volonté de les exclure des bistrots. Mais, sans base légale, l’interdiction n’était pas applicable.

Les choses ont bougé depuis. La Ville de Genève a décidé, le 1er janvier de cette année, d’interdire le plastique à usage unique pour les activités qu’elle autorise sur son domaine public.

Quant au canton de Vaud, il n’a pas encore franchi le cap, mais des réflexions sont en cours, assure Gilles Meystre, président de GastroVaud. «Nous avons des échanges avec le Département de l’économie et nous allons nous revoir avant le printemps et l’ouverture des terrasses. Nous ne voulons pas agir dans notre coin et privilégierons une démarche collective.»

Le Grand Conseil étudie actuellement deux postulats demandant l’éradication des pailles et autres plastiques à usage unique. «À l’époque, je voyais ces injonctions comme une contrainte de plus. Mais l’idée a fait son chemin.

Personnellement, je recommande les pailles en papier mais surtout un usage modéré, à la demande. La dimension économique doit aussi être prise en compte, car le prix des modèles alternatifs peut passer du simple au double», poursuit-il.

Pour l’heure, chaque restaurateur fait comme bon lui semble, certains ne les proposant pas automatiquement, d’autres essayant les pailles réutilisables comme l’inox ou des modèles jetables et recyclables.

Sur le front des bars lausannois, les habitudes changent aussi. Patron de plusieurs établissements de la capitale vaudoise, Thierry Wegmüller teste différentes versions. «Nous nous posons la question des pailles depuis longtemps. Celles en papier ne nous ont pas plu car elles perdent vite leur rigidité. Celles en amidon de maïs nous ont davantage convaincus. L’idéal serait de ne plus en proposer du tout. Nous échangeons nos expériences, notamment à travers notre charte Label Nuit, lancé l’année dernière, basée sur l’amélioration de la qualité de la gestion de la vie nocturne, et qui planche aussi sur les responsabilités écologiques de ses adhérents.»

Les mentalités changent

Du côté des fast-foods et festivals, Starbucks Suisse est en train de remplacer le plastique par du papier tandis que McDonald’s prévoit d’ici à avril de passer entièrement «à des pailles en papier composées de fibres naturelles, qui ne seront servies qu’à la demande», précise leur service de communication. Depuis deux ans, le Paléo et le Montreux Jazz distribuent uniquement des déclinaisons compostables. Tandis que le Festival de la Cité a misé sur des pâtes en forme de paille depuis 2019.

Au rayon des solutions pour remplacer le plastique, le choix ne cesse de s’élargir et donne des idées à des start-up romandes, toutes engagées à vouloir mettre leur pierre à l’édifice de la protection de l’environnement. À l’instar d’Okapai, petite entreprise lancée en mars 2019 par quatre étudiants en master à la HEG de Fribourg. Ils proposent une large gamme de modèles réutilisables (inox, bambou), biodégradables (papier, paille) et comestibles (farine de riz, fibre de pommes, sucre).

«On commence gentiment. Nous avons pour l’instant plus de demandes de privés alors que notre cœur de cible, ce sont les restaurateurs. Pour ces derniers, le prix peut être un problème, car nos produits coûtent de 10 à 20 ct. plus chers par unité», explique Amélie Maradan, l’une des cofondatrices.

Autre difficulté: la provenance de la matière, comme le bambou, importé d’Asie, qui peut être un frein pour le consommateur. C’est pour cela que la start-up mise sur le développement de paille en paille. «Nous collaborons avec un agriculteur vaudois. La première récolte aura lieu cet été et nous pourrons certifier ainsi d’un produit local, abordable et vraiment écologique.»

Massimo Caputo, lui, a lancé La Paille Verte en mai 2018 à la suite d’un voyage en Asie où ces accessoires sont omniprésents. Cet entrepreneur vaudois, amoureux de nature, a voulu coupler son entreprise à des actions utiles pour la planète en reversant une partie de ses ventes à deux ONG engagées pour l’environnement.

En 2019, il comptait près de 2000 clients privés et une centaine d’établissements en Suisse romande. Si les premiers privilégient l’inox et le bambou, réutilisables, les seconds tendent vers les jetables en amidon de maïs, biodégradables et compostables.

Dernière arrivée sur le marché: la paille en pâte. L’entrepreneur vaudois Juan Gaillard s’apprête à vendre le mois prochain ses Noodle Straws dans les épiceries en vrac Chez Mamie et sur son site internet.

Reste désormais à imaginer dans quelle autre matière la paille de demain pourra prendre forme.

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