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Sorties cinéma
«Black Box Diaries», «Le panache»: quels films aller voir cette semaine?

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«Black Box Diaries»

La journaliste Shiori Ito a dû se battre pour faire reconnaître son viol par la justice et la société japonaises.

Il n’est pas courant de voir un film qui documente en temps réel la naissance d’un mouvement social. L’ampleur du #MeToo japonais reste encore à évaluer, mais si l’on peut en parler c’est grâce à l’action de la journaliste Shiori Ito, 35 ans, et autrice de «Black Box Diaries».

Ce métrage, présenté au début de l’année au festival Sundance, a depuis remporté plusieurs distinctions, dont celle du meilleur documentaire et le Prix du public lors de la dernière édition du Zurich Film Festival. Un travail de longue haleine, courageux et entrepris en solitaire, dans la foulée du viol qu’elle subit en 2015, suite à une rencontre avec le journaliste Noriyuki Yamaguchi de Tokyo Broadcasting System Television qui la drogue et l’enlève dans son hôtel.

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Dans un pays où les crimes sexuels sont totalement tabous, elle prend conscience de la difficulté à déclencher une procédure policière et judiciaire. Victime à la remarquable détermination, Shiori Ito applique son savoir-faire journalistique à son propre cas. Une manière de le faire avancer, mais aussi de survivre, de se donner une activité, une contenance, alors que son monde chancelle.

Elle retrouve le chauffeur de cette nuit infâme, les images de surveillance vidéos du Sheraton – où on la voit tirée hors de la voiture semi-consciente – et même le portier, séquence parmi les plus touchantes du film lorsqu’il l’assure, au téléphone, de son soutien et de son témoignage à l’orée du procès au civil qu’elle a dû intenter.

Avant d’en arriver là, la jeune femme a multiplié les déconvenues. Un mandat d’arrêt est par exemple annulé par le chef de la police de Tokyo. Il faut dire que Noriyuki Yamaguchi, son violeur, est un proche du premier ministre japonais Shinzo Abe… Presque pire, son refus de se taire lui attire la réprobation de la foule et de femmes qui n’hésitent pas à l’insulter.

En 2017, elle publie le livre «Black Box» – son cas est une «boîte noire» pour une administration judiciaire rétive – texte qui parvient à faire entendre sa voix. Son film raconte toutes ses années de lutte, fort d’un rythme captivant, aux passages intimes ou émotionnels, entrecoupés d’enregistrements volés, d’images captées avec son téléphone, de séquences du parlement japonais où son affaire fait irruption… Le film saisissant d’une héroïne #MeToo. BSE

Note: ***

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre

«Naître Svetlana Staline»

Svetlana Staline en Suisse.

L’image fugitive d’une femme descendant des escaliers. Extrait d’un film amateur, 16 mm., ou plus vraisemblablement Super 8. On ne la connaît pas, mais la voix off permet de l’identifier. C’est la fille de Staline, lors de son arrivée en Suisse, à la fin des années 60. Ainsi débute «Naître Svetlana Staline». Années d’exil et d’asile politique, récit d’une errance qui l’emmènera loin de Moscou, loin de la Russie et de son passé. Ce portrait de la fille unique de Staline est incroyablement singulier. Il s’y dessine un personnage, un contexte et des morceaux d’histoire. Tout cela en creux, suivant le fil d’une espèce de fausse chronologie, dans un métrage qui procède par ruptures, ellipses ou sauts de puce.

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Il y a quelque chose de fascinant et de mystérieux à la fois dans cette suite de fragments d’une vie. Comme si le sujet du film se dérobait à mesure qu’on la découvre et qu’on en apprend davantage sur une femme restée dans l’ombre de l’histoire et dont le destin devient de plus en plus fantomatique. Réalisé par Gabriel Tejedor, ce documentaire d’une rare subtilité mérite largement d’être vu. PGA

Note: ***

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre

«Le Panache»

La classe du «Panache», un casting intelligent.

Passant de l’enfance à l’adolescence, arrivant dans un nouveau collège, Colin, 14 ans, panique. Depuis l’enfance, il est bègue et cela le complexe. Thème jamais traité au cinéma, le bégaiement devient un prétexte pour un récit initiatique sur le dépassement de soi qui utilise avec un certain brio des ingrédients qui ailleurs ont valeur de clichés. Jennifer Devolère, dont on avait déjà apprécié «Sage homme», réalisatrice du «Panache», sait trouver les bons raccourcis et surtout le ton juste pour raconter son histoire.

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Entre comédie et drame, humour et émotion, le film oscille entre les genres sans effort, porté par des interprètes qui n’en font jamais trop, y compris José Garcia. L’ensemble des jeunes comédiens jouant les élèves est aussi fort bien casté. Un divertissement loin d’être idiot. PGA

Note: **

•= détestable, °= à vos risques et périls, *= bien, **= intéressant, ***= excellent, ****= chef-d’œuvre