Sorties cinémaQuels films aller voir cette semaine?
Le nouveau Breillat, «L’été dernier», dérangeant mais solaire, un récit initiatique de Frédéric Mermoud, «La voie royale», une curieuse fable qu’on peut supposer écolo, «Until Branches Bend», ont cette semaine nos faveurs.
«L’été dernier», grand film transgressif

Qu’a-t-elle à observer derrière son objectif de cinéaste? Le monde tel qu’il défile, la famille et ses formalités estivales, des ados, des parents, des parentèles recomposées. Catherine Breillat regarde ses personnages, les enrobe, les aime, ne les juge jamais, quitte à en agacer certains. Il y a Anne (Léa Drucker, pivot du film), son mari Pierre (Olivier Rabourdin dans un rôle ingrat), leurs deux filles, et le fils que lui a eu d’un précédent mariage, Théo, bel ado de 17 ans (Samuel Kircher, évident). Et puis la circulation du désir entre Anne, la cinquantenaire établie, et Théo, qui ne voit pas (tout de suite) l’emprise de cette belle-mère qui marque son territoire sans en avoir l’air.
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La nonchalance du film est son principal atout. Mine de rien, Catherine Breillat, traitant de l’emprise amoureuse et plus indirectement de l’inceste, signe un grand film transgressif sur le désir. Porté par une Léa Drucker parfaite, clivant et pas destiné à plaire, le métrage avance au-delà du moralisme, soutenu par une mise en scène solaire et sans chichis. Sous ses dehors rassurants, voire nostalgiques, «L’été dernier», avec son titre programmatique et sa valise de clichés dont Breillat parvient à se délester, nous envoûte sans démonstration. L’un des temps forts du dernier Festival de Cannes.
Note: ***
«La voie royale», un monde impitoyable

De la difficulté d’intégrer Polytechnique dans un monde impitoyable. C’est à un récit initiatique relativement classique que nous convie le Sédunois Frédéric Mermoud. Emboîtant le pas à Sophie (Suzanne Jouannet), une fille d’agriculteurs, il met en exergue les hiatus sociaux qui peuvent plomber certaines études supérieures. «La voie royale» dont il est question n’est nullement toute tracée, mais est surtout pavée d’embûches.
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Les comédiens sont dans l’ensemble formidables et le film prend aussi le risque de décrire vraiment une matière (maths et physique) sans masquer les scènes, souvent très belles, de démonstrations, même si certaines contiennent des raccourcis. Un film très tenu, très plaisant, qui sait aller au-delà du classicisme formel qu’il s’impose. Troisième long métrage de Frédéric Mermoud, «La voie royale» assume par ailleurs une rigueur qu’il convient de saluer.
Note: **
«Until Branches Bend», insecte inédit

Voilà un film très étrange et totalement inédit dans la manière dont la cinéaste Sophie Jarvis aborde son sujet. Alors qu’elle travaille dans une conserverie de pêches en Colombie-Britannique, Robin découvre un fruit en partie mangé par un ver, avant de détecter un insecte qu’elle juge envahissant. Elle va alors alerter les autorités, sans se douter de ce que cela va déclencher.
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Même si son rythme demeure uniforme, presque trop tranquille pour être honnête, «Until Branches Bend» sait constamment surprendre. Le film passe du fait divers écologique (anecdotique) à l’inquiétude. De la douceur à une atmosphère menaçante, de la normalité à la paranoïa. En cela, le scénario est comparable à celui d’une pandémie comme l’a été le Covid. Sophie Jarvis est surtout connue comme décoratrice. «Until Branches Bend» est son premier long métrage.
Note: **
«Le livre des solutions», Gondry sommaire

Michel Gondry, sa vie, son œuvre. Mais comment résumer cette dernière? Rarement réalisateur aura autant alterné les genres et les films, tournant aussi bien en anglais qu’en français, passant de la comédie au documentaire – parfois sans transition. «Le Livre des solutions» est une comédie qui réfléchit sur les mécanismes de la création d’un film, puisque le héros du métrage, Pierre Niney, incarne un réalisateur bouillonnant d’idées, mais qui ne cesse aussi de se remettre en question.
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Au-delà de ce résumé, le film est un peu sommaire, voire insuffisant dans sa thématique. Alors oui, le résultat est sympa, quelque part assez mainstream, Pierre Niney ressemble une fois de plus à ce bon pote que tout le monde aimerait avoir, Blanche Gardin est fidèle à elle-même, et c’est à peu près tout. Lire également l’interview de Michel Gondry à paraître dans nos éditions de samedi 16.
Note: **
«La nonne: la malédiction de Sainte Lucie», vu, revu et ainsi de suite

D’un film d’horreur à l’autre, rien ne change. Ce sont toujours des spectres diaboliques qui surgissent au détour d’un couloir nocturne, des démons grimaçants accompagnés d’effets sonores censés nous faire sursauter, des bruits étranges conduisant à des goules indistinctes, et un fatras scénaristique mêlant vieilles malédictions, secrets papaux (ici Avignon) et religieuses scellant mille secrets.
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De cette «nonne II» strictement sans surprise – mais avait-on vu le premier volet? –, on retiendra la présence inattendue d’un comédien belge, Jonas Bloquet, déjà présent dans «La nonne», mais qui fut surtout l’une des révélations d’«Elle», de Paul Verhoeven. Rien d’autre à ajouter.
Note: *
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