Sorties disquesUn piano aérien, de la soul sucrée et un octuor solaire
Thomas Valverde se niche entre Satie et Philip Glass tandis que l’inoxydable Paul Weller avance sans modestie et que Schubert trouve de grands serviteurs.
Mécanique ouatée

Piano À première écoute, «Polka» de Thomas Valverde pourrait passer pour cette musique d’ameublement feutrée, répétitive et inoffensive qui squatte les playlists classées «détente». Un friselis d’arpèges consonants enveloppés de ouate, fleurant bon l’hommage à Satie et à Philip Glass. Mais en tendant l’oreille, on perçoit dans chaque pièce d’imperceptibles bruits de la mécanique du piano, les mouvements de pédale, peut-être des respirations, et quelques traficotages de cordes à la John Cage.
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Alternant pianos de concert et pianos droits, le pianiste, compositeur et directeur artistique du festival de piano de Biarritz apporte à ses morceaux une palette sonore d’une grande variété, avec quelques élans magistraux. Un artiste qui enregistre au studio La Fabrique des ondes ne pouvait qu’être invité au festival Les Ondes de Monthey (sa 1ᵉʳ juin, lesondes.ch). (MCH)

«Polka», Thomas Valverde, piano, Prochain Rêve
Crème anglaise

Rock Paul Weller n’est sobre que dans ses titres: «66», parce que l’ex-Jam fête ce week-end son anniversaire et publie un disque pour l’occasion – le seul point commun avec Lenny Kravitz, au passage. Bref: prolifique en diable, l’homme aux cheveux les plus lisses du Royaume-Uni flatte sa soul avec l’aide de quelques amis, dont Noel Gallagher ou Suggs, le chanteur de Madness.
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Vénéré sur son île pour avoir incarné l’esprit mod jusqu’à la caricature, Weller ne s’est jamais débarrassé d’un certain sens de la frime confinant au mauvais goût. On en trouve ici, en général quand le chanteur se rêve à Las Vegas en sous -Barry Manilow – l’affreux «Flying Fish». On savoure heureusement de plus nombreuses pépites, lorsque Weller réduit la voilure («Ship of Fools»), retrouve l’élégance vintage du Style Council («My Best Friend’s Coat») ou empoigne un rock teinté glam («Soul Wandering»). Un bon gâteau d’anniversaire une fois le surplus de chantilly soufflé. (FBA)
«66», Paul Weller, Universal Music
Schubert à huit

Classique Toute l’excellence du «made in Berlin» concentrée dans un petit ensemble et en une seule œuvre. Avec cet enregistrement, le Philharmonique de Berlin offre un condensé de son art, en plaçant violons, alto, violoncelle, contrebasse, clarinette, cor et basson au service de l’emblématique «Octuor» de Schubert. Une pièce traversée par des envolées au lyrisme ferme, des plages aux teints délicieusement pastel – un «Adagio» qu’on savoure sans jamais se lasser – et des thèmes captivants.
Cette petite cathédrale, ample et sinueuse à la fois, retrouve avec la dream team allemande toute sa richesse et sa beauté. Les lignes des vents sont dessinées à la perfection, les archets s’affichent avec une homogénéité bluffante et les traits expressifs acquièrent ainsi tous leurs reliefs, avec des dynamiques soutenues mais jamais excessives. Bref, une version à placer parmi les références. (RZA)
F. Schubert, «Octuor en fa majeur, D.803», Philharmonique Ensemble Berlin, Indésens Calliope Records.
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