«Même à 45 ans, je voudrais encore jouer pour la Suisse»

FootballLe capitaine Lichtsteiner est de retour. Il dit son amour du maillot et calme le jeu avant le déplacement au Danemark.

Stephan Lichtsteiner, capitaine heureux de retrouver la sélection suisse, parle de l’ambiance au sein du groupe, avant le choc au Danemark, samedi.

Stephan Lichtsteiner, capitaine heureux de retrouver la sélection suisse, parle de l’ambiance au sein du groupe, avant le choc au Danemark, samedi. Image: Keystone

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Dans ce petit salon qui jouxte le hall cossu du Royal Savoy, Stephan Lichtsteiner a le sourire en coin. Ou alors on se plaît à le croire, quand il s’assied en toute simplicité pour parler de lui, de la Suisse, du passé récent, du futur imminent. À 35 ans, le capitaine de l’équipe de Suisse est de retour en sélection après plusieurs mois d’absence (pas de Final Four en juin, pas de convocation non plus en septembre). Il est heureux, cela se voit, le langage corporel renvoie l’image d’un homme serein, sûr de lui.

À 35 ans, il est le doyen, le dernier des Mohicans dans un certain sens, presque en décalage avec cette volonté légitime de rajeunissement qui a secoué le groupe suisse après le Mondial. Le Lucernois s’accroche. Il ne lâchera rien. Il a d’ailleurs quitté Arsenal après une saison presque blanche pour Augsburg et du temps de jeu. Bien vu: il est titulaire au moment où son principal concurrent Kevin Mbabu n’a disputé que 11 faméliques minutes en Bundesliga. Il est temps de voir ce que le vieux grognard a dans la tête.

Stephan, on vous sent particulièrement heureux d’être à nouveau en sélection…
Et c’est normal! Comme toujours, je suis à chaque fois fier de répondre à une convocation.

Pourtant, depuis un mois, avec l’«affaire» Shaqiri qui n’est pas venu en Irlande, ou avec d’autres débuts de crispation, le ciel de l’équipe de Suisse semble un peu plus chargé?
Oui, il y a eu beaucoup de choses qui ont été racontées, commentées, concernant tout cela. Il faut prendre tout ça calmement, cela fait partie du jeu ou presque. Il y a souvent des choses extérieures au groupe qui grossissent, qui peuvent perturber. Ce ne sont pas des moments faciles à traverser, mais le groupe reste serein. Parce que nous sommes une équipe forte, assez pour passer par-dessus ce qui se dit parfois.

Franchement: quelque chose s’est-il cassé au sein de la sélection, entre vous, depuis le Mondial 2018?
Je sais que le mot «cassé» a été utilisé, mais ce n’est pas le bon. L’équipe s’est séparée de quelques joueurs, ce n’est jamais simple parce qu’il faut trouver un nouveau chemin, ensemble. Cela demande du temps. Donc oui, il y a eu plus d’agitations, de remous, qu’avant le Mondial, dans les relations que le groupe entretient avec l’extérieur. Mais encore une fois, rien de «cassé», ce n’est pas le mot. C’est seulement différent.

Même si vous n’étiez pas convoqué il y a un mois, comment avez-vous vécu ces histoires, notamment celle concernant Shaqiri?
Franchement, cela appartient déjà au passé pour moi. C’est réglé. Il faut maintenant se tourner vers l’avenir et ces deux matches capitaux, au Danemark d’abord et contre l’Irlande ensuite.

On a pourtant parlé de tensions autour du brassard, de problème entre Vladimir Petkovic et Xherdan Shaqiri…
Je n’ai jamais eu le moindre problème avec le brassard. Je ne me questionne pas sur qui doit le porter quand je ne suis pas sur le terrain. J’ai d’ailleurs longtemps joué pour la Suisse sans le porter. Après, nous avons la chance d’avoir plusieurs personnalités, qui sont fortes et peuvent porter ce brassard. Il n’y a pas de problème avec ça.

Puisqu’on y est: comment sont vos relations avec le sélectionneur Vladimir Petkovic?
Il n’y a jamais eu de problème entre lui et moi. Nous avons toujours discuté, tout a toujours été très clair.

Vous avez pourtant 35 ans, certains ont cru que vous pourriez vous retirer puisqu’il ne vous convoquait plus ces derniers temps?
Je suis trop vieux? Passé un certain âge, c’est le jugement que l’on t’assène. Tu fais une contre-performance, tu es un peu moins bon à un moment, on dit que tu es trop vieux. Le foot te renvoie cela, c’est comme ça. Mais personnellement, j’ai fait des choix, pour jouer, pour continuer à être performant.

Ce transfert à Augsburg?
Oui, c’était un choix courageux, je pense. Je travaille dur, tous les jours, pour être à la hauteur. Pour mériter ma place.

Et pour mériter aussi une place avec l’équipe de Suisse?
Oui, bien sûr. Même à 45 ans, je voudrais encore jouer pour la Suisse. Si j’étais encore sur un terrain à ce moment… Je veux jouer pour la sélection aussi longtemps que je pourrai lui apporter quelque chose. Bien sûr, il faut s’évaluer, plus souvent qu’avant, semaine après semaine. Mais la volonté est intacte.

Vous en êtes à 105 sélections: avez-vous pour objectif de battre le record d’Heinz Hermann (118 sélections, 112 pour Geiger)?
Non, ce n’est pas un but en soi. Si cela arrive un jour, cela me fera peut-être plaisir, mais avoir ça comme objectif ne servirait à rien. Je ne me concentre pas sur ces choses-là.

Serez-vous l’un des onze titulaires samedi soir à Copenhague?
Ça, c’est une question qu’il faut poser à Vladimir Petkovic. C’est lui qui décide.


Plusieurs pistes de travail à creuser

Kevin Mbabu la revoit encore très bien, cette satanée 85e minute de Dublin, en septembre. Sur l’action qui a amené le 1-1 de McGoldrick, il est accroché au niveau de l’épaule et perd le ballon. Son équipe, elle, a lâché deux points sur le centre qui a suivi. «Il y avait une petite faute, je pense. Et hors-jeu, sans doute, peste-t-il encore. Mais j’aurai peut-être dû dégager devant ou en touche…» Sauf que ça, ce n’est pas vraiment le style de cette équipe de Suisse volontiers joueuse et peut-être, un peu aussi, inexpérimentée… «Comme toujours, comme en Ligue des nations aussi, on essaie d’avoir le ballon, de le garder, de faire le jeu et de ne pas le subir, ajoute le Genevois. Mais peut-être que j’aurais dû le balancer, comme chez les juniors…»

Habituée à son grand dam des «remontadas» dans le mauvais sens, la Suisse doit apprendre de ses erreurs, sous peine de se retrouver un peu courte en fin de qualifications pour l’Euro 2020. En bon capitaine, Stephan Lichtsteiner, lui, calme le jeu. Même si, longtemps, ce n’était pas son point fort… «On a quand même fait un point lors du match aller, on n’y avait pas tout perdu. Ça reste dans la tête, c’est vrai. J’avais déjà vécu un tel dénouement contre l’Islande (ndlr: de 4-1 à 4-4 en septembre 2013). Là c’était le Danemark. L’important est d’apprendre de ce genre de situation.»

Pour le sélectionneur Vladimir Petkovic et Mbabu, le problème n’est pas que défensif. «Notre manque de réalisme nous a coûté ces deux points à Dublin avant ce but. En convertissant ne serait-ce qu’un dixième des chances que l’on s’est procurées, on aurait pris les trois points. On doit absolument être plus efficaces devant le but», affirme le sélectionneur. «L’efficacité est, en effet, un secteur où on doit progresser, relance le Genevois. Notre ratio actions/but pourrait être meilleur.» Cela fait donc pas mal de pistes de travail à creuser. Heureusement, le match si important du Parken de Copenhague n’est prévu que samedi en fin d’après-midi.
Robin Carrel

Créé: 09.10.2019, 08h00

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