Au royaume des extraterrestres, Burgener n’a pas dit son dernier mot

Snowboard halfpipeC’était beau, c’était show! Retour sur le haut fait des JO, avec notamment une légende (Shaun White) et un Vaudois.

Le Vaudois a signé, mercredi, une très belle cinquième place grâce à une note de 89,75.

Le Vaudois a signé, mercredi, une très belle cinquième place grâce à une note de 89,75. Image: Keystone

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Ne cherchez pas plus loin LE highlight des Jeux. Pour le moment, il n’y a pas photo. Il n’y a pas mieux que le concours masculin de snowboard halfpipe. Bouclé dans le délire de Bokwang, mercredi, à l’annonce de la note du tout dernier run de la matinée, celle de Shaun White (97,75). Au bas du demi-tube, Pat Burgener interrompt notre interview. Le Vaudois sort son smartphone pour immortaliser l’instant d’histoire. La légende de 31 ans vient de frapper une troisième fois aux JO.

L’Américain balance sa planche avant de fondre en larmes. L’aire d’arrivée du Phoenix Snow Park, bondée et acquise à la cause de la mégastar, exulte. La conclusion de l’épreuve, électrique et d’un niveau impressionnant, semble idéale. On a eu droit à un combat. A une véritable guerre des nerfs entamée la veille en qualification et durant laquelle Shaun White, l’Australien Scotty James (3e) et le Japonais Ayumu Hirano (2e) ont tenté de se rendre coup pour coup. C’était show! C’était fou!

«Il y a une part de risque dans notre sport qui engendre un sentiment de peur. Il faut en être conscient et savoir composer avec»

Fou, tiens. Il faut forcément l’être pour oser s’envoyer en l’air, la tête à l’envers, dans un monstre de glace où les riders, en mode toupies volantes (près de 6 mètres d’amplitude pour Hirano), paraissent minuscules. Le relâchement, la précision et le timing sont fondamentaux. Car l’erreur ne pardonne pas. La vilaine chute du Japonais Yuto Totsuka, évacué en luge après avoir heurté l’arête du pipe, l’a rappelé en éteignant l’assistance. «Il y a une part de risque dans notre sport qui engendre un sentiment de peur, nous confiait Pat Burgener il y a un mois. Il faut en être conscient et savoir composer avec.»

Le Vaudois y est parvenu, mercredi, en signant une très belle cinquième place grâce à une note de 89,75 sur son troisième et ultime essai. Qu’il a terminé en jetant son casque dans la foule et allant secouer la caméra de l’aire d’arrivée avant de lever les bras au ciel. «Je suis comblé, lâchera-t-il quelques minutes après. Je n’avais jamais aussi bien ridé de ma vie. J’ai fait le run que je voulais faire et j’ai obtenu ce que je recherchais. La tribune était blindée, ça a été une énorme bataille, probablement le plus bel événement que j’ai vu. Je suis fier d’y avoir contribué et heureux d’avoir pu en profiter pleinement. J’en ressors en me disant que je fais partie du top 5 mondial. C’est génial.»

Pat Burgener a beau avoir parfaitement exécuté la manche dont il rêvait (6 figures dont 4 double-rotations). Dans la course aux médailles, il a été barré par le score «incompréhensible» - dixit le Suisse - de l’Américain Ben Ferguson (4e) et par un trio d’extraterrestres. «Je ne méritais pas le podium, note-t-il. Les trois premiers ont été tellement incroyables. En revanche, si l’on tient compte du niveau hallucinant de ce concours, je crois pouvoir affirmer qu’on est tous des extraterrestres.» Avec, au sommet, une légende: Shaun White.

Objectif Pékin

Privé de JO en 2010 et en 2014 en raison de blessures à une cheville puis à une main, Pat Burgener s’est éclaté, épanoui, sur la neige de PyeongChang. Dans l’esprit du Vaudois, c’est l’essentiel. Pour viser plus haut, il dispose d’un cycle de quatre ans de préparation jusqu’aux Jeux de Pékin. «Je n’ai pas l’intention de m’arrêter là, après tous les sacrifices que j’ai effectués. Je vais revenir plus fort, prévient-il. Mais, dans un premier temps, je vais refaire beaucoup de musique et écrire un nouvel album. C’est le seul moyen que j’ai pour retrouver le calme en moi. Et il le faut, avant de se replonger en direction d’une telle échéance.»

Le snowboard et la musique. Le snowboard par la musique. Tout un équilibre qui l’emmènera peut-être à son tour au sommet dans le futur. En 2022, il n’aura que 27 ans. Au royaume des extraterrestres, Pat Burgener n’a pas dit son dernier mot. (24 heures)

Créé: 14.02.2018, 12h33

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