Ce coup-ci, au petit tremplin, le ciel n’était pas avec Killian Peier

Saut à skisLe Vaudois a terminé bon 10e d’un concours bouleversé par les intempéries. L’incroyable loterie a souri aux Polonais.

Excellent quatrième après le premier saut, Killian Peier a largement été défavorisé par les conditions pour le second. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il aura neigé environ trois heures durant les deux semaines de ces Mondiaux. Mais quitte à se faire rares, les flocons avaient décidé de se donner de l’importance. Le moins qu’on puisse écrire c’est qu’ils n’ont pas raté leur coup, puisqu’ils ont à peu près flingué le concours de saut à skis sur petit tremplin, vendredi en fin d’après-midi à Seefeld. «Ce sont des situations très difficiles à accepter, cela n’a pas été fair-play pour tout le monde. Mais voilà, nous pratiquons un sport en extérieur et nous savons que ce genre de choses peut se produire. C’est le sport, il faut accepter», philosophait Killian Peier, très bon 4e après la première manche et très correct 10e au final, alors qu’il a réalisé un meilleur deuxième bond. Pas logique? Non.

Hold-up des Polonais

Mais il suffisait d’observer le coach polonais pour comprendre que rien n’était logique. Furax à mi-concours parce que ses sauteurs avaient – apparemment – perdu toute chance de podium, il militait pour un arrêt de la compétition. Au final, signe de la puissance du ciel, le même homme était aux anges: ses poulains Dawid Kubacki et Kamil Stoch, 26e (!) et 18e après un bond, venaient de fêter un doublé historique. «Non, je ne peux pas dire que je croyais encore à une médaille, mais j’étais déterminé à réussir mon deuxième saut, a déclaré le lauréat. Je trouvais bizarre, en un sens, qu’on poursuive ce concours. Et à la fin, je suis champion du monde.»

«Tout était complètement fou, a volontiers convenu le médaillé de bronze autrichien, Stefan Kraft, lui aussi voué aux oubliettes dans un premier temps. C’était très dur, il n’y a pas beaucoup de plaisir quand c’est comme ça. C’est paradoxal mais magnifique de finir une telle journée avec le sourire.» La compétition a-t-elle été équitable? «Non, on ne peut pas dire ça», rigole-t-il franchement.

Coupable No 1, on l’a dit: la neige qui, en s’intensifiant au fil du concours, a obstrué les traces et rendu le «toboggan» de plus en plus lent. C’est pour cette raison que les dix meilleurs de la première manche n’avaient, en fait, strictement aucune chance de bien finir – puisqu’ils se sont élancés en dernier, dans les pires conditions. Parce qu’il avait envie de transformer les gagnants en perdants et vice versa, le vent s’est pour sa part distingué à la fin de la première manche, quand les meilleurs sautaient. Un vent de dos si «favorable» qu’il valait aux athlètes concernés une déduction de points impossible à compenser par la longueur du saut. Vous suivez?

«Dans ces conditions, il fallait avoir le bon dossard, s’élancer au bon moment, se montrer très fort sur la table d’élan et, quel que soit le résultat, l’accepter», tentait de simplifier un peu Simon Ammann, toujours dans le coup à 37 ans (12e). Accepter, c’est ce que faisait Killian Peier. «Je pense que j’ai fait du mieux que je pouvais au vu des circonstances, parvenait à sourire le Vaudois. C’est exactement pour ça que je ne me focalise pas sur le résultat avant un concours. Cela me permet d’être content de ma performance, pas que déçu du classement.»

Fier de ses Mondiaux

Auréolé de sa médaille de bronze sur grand tremplin, Killian Peier a confirmé son entrée parmi le gratin de la discipline – «Je pense que je peux être hyperfier de ces Mondiaux.» Et la sérénité avec laquelle il a accueilli la tourbillonnante loterie de vendredi constitue une preuve de plus de son évolution. Quand on a traversé ce qu’il a traversé là, avec autant d’équanimité et de constance dans les performances, c’est qu’on peut encore vivre beaucoup de choses.

Créé: 01.03.2019, 23h45

Résultats

Seefeld (AUT). Mondiaux de ski nordique.

Saut à skis. Petit tremplin: 1. Kubacki (POL) 218,3 (93 m/104,5 m). 2. Stoch (POL) 215,5 (91,5/101,5). 3. Kraft (AUT) 214,8 (93,5/101). 4. Aschenwald (AUT) 214,5 (91/103,5). 5. Freitag (GER) 211,3 (93,5/103,5). 6. Leyhe (GER) 210,6 (96,5/99). 7. Eisenbichler (GER) 210,5 (91/102,5) et Sato (JPN) 210,5 (92/99). Puis: 10. Peier (SUI) 207,4 (98,5/98). 12. Ammann (SUI) 205,8 (93/100). 14. Kobayashi (JPN) 203,4 (101/92,5). 18. Geiger (GER) 199,0 (100/92,5). Pas qualifié en manche finale: 36. Egloff (SUI) 80,5 (86). 41. Schuler (SUI) 78,7 (86,5). Positions après le 1re manche: 1. Kobayashi 104,5. 2. Geiger 102,4. 3. Jelar (SLO) 99,6. 4. Peier 97,1. Puis: 10. Kraft 92,6. 18. Stoch 89,4. 22. Ammann 88,4. 27. Kubacki 85,3.

Ski de fond. 4x10 km messieurs: 1. Norvège (Iversen, Johnsrud Sundby, Röthe, Hösflot Klaebo) 1 h 42’32’’1. 2. Russie (Larkow, Bessmertnych, Bolschunow, Ustjugow) à 38’’8. 3. France (Backscheider, Manificat, Parisse, Jouve) à 1’01’’0. 4. Finlande à 1’02’’8. Puis: 8. Suisse (Ueli Schnider, Jonas Baumann, Dario Cologna, Toni Livers) à 1’49’’9.

L’imprenable bastion norvégien

Un jour, les bastions tombent. En attendant, ils tiennent bon. L’équipe masculine de Norvège, qui n’a plus perdu un relais lors de Mondiaux depuis 1999, a donc aligné une dixième médaille d’or consécutive, vendredi lors du 4x10 km de Seefeld. Sous une neige si humide que c’était de la pluie, les Vikings, au coude à coude avec la Russie, ont fait la décision grâce à Johannes Klaebo lors du dernier relais – Sergeï Ustiugov a craqué. Et la France a devancé in extremis la Finlande pour prendre la médaille de bronze, comme à Falun en 2015.

La Suisse? Huitième au final, elle figurait à 1’ 22 des meilleurs après les relais d’Ueli Schnider et Jonas Baumann. Parti en troisième position, Dario Cologna s’est offert un entraînement intensif en vue du 50 km. «Vu les circonstances, j’ai presque mené une course individuelle; j’ai pu tenir ma position, c’était en ordre, a commenté le Grison. Dimanche, il y aura de plus gros favoris que moi. Mais la forme n’est pas mauvaise, si je pense à ces dernières semaines.»

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.