Cette Suisse-là peut faire fort au Mondial

FootballUn contingent équilibré, une expérience collective, des profils différents: Petkovic se sépare de Widmer, Edimilson et Kobel, comme prévu, mais la qualité est là.

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C’est Granit Xhaka qui a raison: il ne faut avoir peur de personne. Parlez-lui du grand Brésil de Neymar, le premier adversaire lors du Mondial, le 17 juin? Il sourira poliment avant de rappeler sa vérité: la Seleção de Neymar, il l’a déjà battue, c’était en 2009, en phase de poules du Mondial des M17. La Suisse avait ensuite disposé de l’Allemagne en huitièmes de finale (tiens, tiens…) pour s’en aller battre le Nigeria en finale et s’offrir le titre suprême avec un but de Seferovic. Si, si. Xhaka, Seferovic ou Rodriguez sont prêts à remettre ça. Pour tout dire, quand ils soulèvent l’opportunité dans un premier temps de battre les Brésiliens, ils l’envisagent avec le plus grand sérieux qui soit. Alors on peut bien dire que cette sélection helvétique tombée comme un fruit mûr est sans surprise, c’est faux: la surprise, elle la réserve peut-être pour la Russie.


L'éditorial: L’équipe de Suisse en clair-obscur


Ici, pas de forfanterie, juste des perspectives pour une génération qui arrive à maturité. Arracher un nul contre l’Espagne dans un match amical, après avoir été si copieusement dominé, cela en dit long sur les intentions des uns et des autres. On ne parle pas que des titulaires en puissance, qui s’évertuaient en dépit de la difficulté à ressortir les ballons proprement en première période depuis derrière, avec des triangulations, même rares. Non, on évoque tout autant ceux qui ont terminé la partie arc-boutés dans leurs seize mètres: si l’on mesure la force d’un groupe à sa capacité de sacrifice, cette Suisse-là peut faire fort puisque même ses remplaçants, ses soldats de l’ombre, sont habités de cette mission.

Une chance à saisir

Vladimir Petkovic a donc composé une partition sans fausse note, intégrant les talents de demain, qui sont au fond déjà prêts maintenant, confortant les patrons dans leurs responsabilités. Il l’a dit à sa manière. «Nous avons un bon mélange dans cette équipe.» C’est moins glamour que de grandes envolées lyriques et, finalement, le sélectionneur n’avait pas grand choix à disposition. Mais la minutie avec laquelle il a tissé depuis quatre ans les liens qui constituent la trame de cette formation raconte une vision, une forme de projection qui prend tout son relief aujourd’hui, à la veille du Mondial.

Attention: personne n’affirme que la Suisse va subitement tout renverser sur son passage. Il y a encore beaucoup de la promesse à son accomplissement. D’ailleurs, à regarder les choses en face, le groupe E qui présidera aux destinées helvétiques dans quelques jours est compliqué. Inutile de gloser sur la force de la Seleção auriverde: elle figure parmi les trois ou quatre grands favoris de la compétition. La Serbie? Capable du pire, mais aussi du meilleur. Le Costa Rica? La surprise du chef il y a quatre ans, éliminée en quarts de finale par les Pays-Bas aux tirs au but. Autant dire que cela ne sera pas une sinécure.

Mais jamais une équipe de Suisse n’a été aussi proche par le potentiel intrinsèque de ses plus grandes ambitions. Parce qu’elle a l’expérience pour elle. Celle du Mondial 2014 pour certains, celle de l’Euro 2016 pour beaucoup. Tous, depuis deux ans, ont épousé la nouvelle philosophie de jeu, qui se signale par cette volonté d’avancer sans balancer. Au plus fort de la pression espagnole, par exemple, le risque est pris de faire des passes pour garder la balle, sans dégager au loin, ou alors en dernier recours. Existent désormais des schémas audacieux, qui sommeillaient sous Hitzfeld, des envies qui ont investi tout le groupe de certitudes fortes.

Tout évolue naturellement, jusqu’à la tactique. Au sortir des qualifications obtenues avec un immuable 4-2-3-1 qui faisait le bonheur des joueurs comme de Petkovic, il y a eu une remise en question. Qui n’avance plus recule? Le sélectionneur, en accord avec ses internationaux, a travaillé les géométries de ses desseins. L’idée est moins de bouleverser les acquis que de s’approprier des compétences supplémentaires. À quelques jours de son envol pour le Mondial russe, la Suisse en est là: elle nourrit des assurances plus légitimes que jamais, mais a besoin d’un exploit pour les asseoir. Une chance à saisir. (24 heures)

Créé: 04.06.2018, 21h04

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