Des Vaudois rêvent d’aller faire la fête à Unspunnen

Lutte suisseLes six lutteurs qui avaient participé à la Fête fédérale à Estavayer évoquent présent et avenir.

Marc Gottofrey (à g.) lors d’un de ses huit combats à la Fête fédérale, en août 2016, à Estavayer-le-Lac. Il a manqué peu pour qu’il aille encore plus loin. Image: Keystone

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Avant la Fête fédérale d’Estavayer (fin août 2016), ces six lutteurs vaudois qui avaient été sélectionnés étaient un peu devenus des stars romandes. Les médias avaient évoqué leur vie, leur passion, leurs entraînements intensifs, leur goût pour ce sport marginal qui apparaissait tout à coup comme le soleil de la Suisse, l’espace de trois jours. Ils y étaient allés heureux, vaillants et optimistes, ils en sont revenus avec des fortunes et des états d’âme divers, unis par une déception commune: une fois encore, aucun lutteur romand n’avait réussi à ramener de l’arène phénoménale (30'000 spectateurs) la si précieuse couronne fédérale.

Le plus déçu fut sans doute Harald Cropt, le doux géant d’Ollon, qui ne put combattre que le samedi. «J’en garde une certaine amertume, mais cela n’atténue pas ma passion. Je vais pourtant ralentir, faire encore quelques fêtes régionales mais sans véritables objectifs sportifs. Place aux jeunes! Moi, je continue avec grand plaisir à entraîner les enfants, à Aigle, où je suis chef technique, à redonner ainsi à la lutte tout ce qu’elle m’a apporté.» Place aussi à la famille: «Oui, nous avons deux petites filles qui ont besoin de leur papa, qui est déjà bien pris par la vigne. Je ne veux plus, jour après jour, raboter du temps sur la famille. Mais j’ai pour moi les magnifiques souvenirs de mes fêtes fédérales, qui me rappellent que la lutte fait partie de moi.»

Tous les six ans seulement En août prochain se tiendra à Interlaken la Fête d’Unspunnen, grand rassemblement de la lutte (et de la pierre, bien sûr) qui n’a lieu que tous les six ans. On va voir que les autres Vaudois ont le regard braqué sur ce rendez-vous prestigieux. Victor Cardinaux (Villars-le-Terroir), qui fit quatre combats (on dit des passes) le samedi et deux le dimanche, espère bien être un des douze Romands – dont deux remplaçants – qui y seront appelés. «Je garde de grands souvenirs d’Estavayer, où j’ai vécu ma première fédérale. J’y ai appris que, même si c’est LA fête, il ne faut pas avoir peur, se donner à fond, sans limites. Ce que j’ai fait. Et même si j’ai repris mon travail de mécanicien à 100% – j’avais freiné en vue de la Fête fédérale –, je trouve toujours le temps d’aller m’entraîner. Pour la lutte, je le trouverai toujours, car elle me rend heureux!»

Même envie chez Michael Matthey (Chardonne), qui fut éliminé le samedi après quatre matches nuls. «Comme d’habitude, je n’ai pas fermé l’œil durant la nuit précédente. Dans la chaleur étouffante, je l’ai payé cher! Si j’avais été un peu reposé, peut-être que mes résultats auraient été meilleurs.» Le lendemain de la fête, il s’envolait pour les Etats-Unis et participait, en Californie, à deux rendez-vous de… lutte suisse. Et il se consolait joliment de ses déboires d’Estavayer: «J’ai gagné les deux fêtes! Mais, ce qui compte, c’est l’ambiance vécue là-bas, c’est de savoir que des gens avaient fait plus de 400 km pour venir voir nos duels.» Son objectif? Unspunnen, bien sûr.

Pas venus pour rien

Même ambition pour Marc Gottofrey (Echallens), encore fier de ses huit passes réalisées le samedi et le dimanche. «En même temps, je me dis qu’il a manqué peu pour que la Suisse romande ramène enfin une couronne, mais bon, je n’ai que de beaux souvenirs, des émotions encore bien vives. Et puis on a montré aux Suisses alémaniques qu’on n’était pas venus juste pour faire le nombre.» Mis en confiance par la Fête d’Estavayer, Marc aimerait bien se rendre à celle d’Unspunnen, alors il se prépare intensivement, trois à quatre fois par semaine. Le premier rendez-vous, pour lui comme pour ses potes, c’est le 26 février à Lausanne, où auront lieu les championnats interclubs de Suisse romande. Un premier indicateur important sur la piste d’Unspunnen.

Pascal Piemontesi (Eclépens) n’est plus gendarme à Echallens, mais à Rolle. Et il est toujours lutteur, concentré sur la saison qui commence. Unspunnen, il a déjà connu, en 2011, ce qui lui donne encore plus envie d’y retourner. De la fédérale à Estavayer, il garde le sentiment qu’il aurait pu faire mieux. «Mais c’est le sport, la vie, il faut aller de l’avant.» Donc, objectif Unspunnen, et plus loin encore: «J’aimerais faire encore deux fêtes fédérales, pour en avoir connue une dans chaque région du pays.» On le lui souhaite.

Stéphane Haenni (Vucherens) garde un solide souvenir du public, de ses huit passes, de ses deux jours de combats. Et, le plus doux, c’est cette victoire très tôt le dimanche matin, dans les arènes déjà remplies, presque avant le lever du soleil. Et aussi: «Pour moi qui travaille dans le froid (ndlr: il est boucher), la chaleur de l’arène a été très éprouvante. Mais je suis content, j’ai eu affaire à des lutteurs qui m’allaient bien dans les mains. Et il me semble que les jeunes, depuis la fédérale en Romandie, viennent davantage vers la lutte.»

Cela dit, Stéphane Haenni ne se soucie pas de savoir s’il fera chaud ou frais à la Fête d’Unspunnen, en août. Il a juste envie d’y aller, car pour lui aussi la passion mène là-bas! (24 heures)

Créé: 16.02.2017, 08h38

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