Federer n’était finalement pas vraiment lui-même

TennisLe Bâlois incitait à l’optimisme. Mais ses dispositions n’étaient pas assez bonnes pour battre Juan Martin del Potro en quarts de finale de l’US Open.

Le manque de préparation a pesé dans le jeu et la tête de Roger Federer, battu en quarte sets par Juan Martin del Potro mercredi.

Le manque de préparation a pesé dans le jeu et la tête de Roger Federer, battu en quarte sets par Juan Martin del Potro mercredi. Image: EPA

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Des tournants, il y en a eu. Notamment à 5-5 dans le premier set, quand les «olé olé DelPo» ont envahi l’anneau supérieur du stade Arthur Ashe et que Federer n’a pas été capable de suffisamment claquer sa volée de coup droit pour se mettre à l’abri d’un passing synonyme de break. Au cours du jeu décisif de la troisième manche, aussi, dans une atmosphère irrespirable, lorsque le No 3 mondial a bénéficié de quatre balles de set et que son revers lui a échappé sur la troisième d’entre elles, la plus «facile».

La liste est non-exhaustive. Elle comporte d’autres moments encore, tous différents mais quasi tous marqués par un Bâlois battu. Et comme fébrile. «Ces coups, je ne les aurais sans doute pas manqués si j’avais été en méga forme», glisse le Maître, sans vouloir enlever de mérite à Juan Martin del Potro, son bourreau en quarts de finale de l’US Open mercredi soir (7-5 3-6 7-6 6-4 en 2 h 51). «Il a été meilleur, principalement sur les points importants.»

Classe, certes. Mais alors que Federer avait incité à l’optimisme après ces deux succès face à Lopez et Kohlschreiber, qu’il avait également convaincu (outre mesure?) tout le monde à l’heure d’évoquer ses dispositions du moment avec les médias lundi, voilà qu’il concède finalement un état peu optimal. «Je n’étais pas assez bien dans mon corps, dans ma tête et dans mon jeu pour espérer gagner.»

Tout est lié. «Les douleurs au dos apparues à Montréal ont pesé, explique «RF». En début de tournoi, j’ai compensé. Après mes deux premiers tours disputés en cinq sets (ndlr: face à Tiafoe et Youzhny), j’avais d’ailleurs mal un peu partout. Et puis, parce que j’ai passé ma préparation à me concentrer sur mon corps, sans pouvoir me focaliser sur mon jeu, je n’ai jamais réussi à retrouver mon rythme. Je me suis forcé à penser que j’allais y parvenir en avançant dans le tableau. Mais, malgré une progression au troisième tour et en huitièmes de finale, le niveau qui était le mien entre l’Australie et Wimbledon n’est pas revenu. Du coup, je me suis rarement senti en sécurité sur le court, même quand je menais 30-0 sur mon service. Je savais que je n’étais pas à l’abri, que je dépendais trop de l’adversaire, ce qui n’est pas le cas lorsque je suis moi-même. Sur les points importants, j’ai manqué de magie car les choses n’étaient pas assez claires dans mon esprit.»

Le constat est lucide, l’aveu de fébrilité honorable. Dans ces conditions, difficile de bien négocier les tournants d’un quart de finale en Grand Chelem. D’autant plus face à un Juan Martin del Potro très solide sur son service et prêt à sauter sur la moindre hésitation ou baisse de régime pour vous punir. «Les marges sont tellement minimes à ce niveau que ça ne pardonne pas», confirme le Maître. Non pas que celui-ci n’a rien essayé. Amorties pour tenter de faire vaciller la Tour de Tandil (1,98 m), variations des effets dans le but de pousser son adversaire à la faute, pression sur son côté faible (le revers), montées au filet pour l’agresser; «RF» avait des plans. Mais il n’a pas été en mesure de les exécuter avec suffisamment de conviction, de justesse et de poids pour déborder l’Argentin.

Repos bienvenu

Résultat: alors que tout le monde salivait à l’idée d’assister à un premier choc entre Roger Federer et Rafael Nadal à l’US Open, vendredi en demi-finale, la perspective s’est envolée. En même temps que l’éventualité de voir le Bâlois retrouver la place de No 1 mondial au terme de la quinzaine new-yorkaise. «Je suis déçu, évidemment, conclut-il. C’est toujours compliqué de devoir rentrer prématurément à la maison. Mais j’essaie de voir le côté positif. Je me sens très fatigué et j’ai besoin de repos pour récupérer le 100% de mes moyens. Ça tombe bien, puisque j’ai du temps devant moi avant mes prochaines échéances (ndlr: la Laver Cup à la fin du mois, puis Shanghai en octobre).» (24 heures)

Créé: 07.09.2017, 19h53

Le Maître a-t-il été trop gourmand?

Habituellement maître dans l’art de la planification, Roger Federer a-t-il été trop gourmand à l’heure d’aller disputer un Masters 1000 de Montréal initialement pas prévu? Dans l’optique d’un retour au rang de No 1 mondial, il y avait certes un joli coup à jouer. Reste que les douleurs au dos apparues en finale l’ont contraint à déclarer forfait pour Cincinnati et l’ont handicapé à l’US Open. Une dernière levée du Grand Chelem de la saison qu’il aurait alors davantage perdue il y a un mois que mercredi soir.

Au final, les 600 points grappillés au Québec ne pèsent pas bien lourd dans la balance, si l’on se réfère aux 1960 unités d’avance que comptera Rafael Nadal sur le trône en cas de sacre à New York. Shanghai, Bâle, Bercy et Masters compris, 4000 points seront toutefois en jeu d’ici à la fin de l’exercice. Rien n’est donc dit, dans la course à la première place mondiale. «Je veux encore accomplir de belles choses cette année», lâche d’ailleurs le Bâlois, qui pointera au 2e rang de la hiérarchie lundi.

Malgré une élimination en quarts de finale, à Flushing Meadows – son unique défaite de la saison en Grand Chelem (!) –, 2017 restera un splendide cru pour Federer (5 titres dont 2 majeurs jusqu’ici). Et dire qu’il avait effectué son retour sur le circuit en débarquant à l’Open d’Australie muni d’une étiquette de tête de série No 17…

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