Julien Wanders: «À Genève, il y aurait trop de distractions»

AthlètismeLe Romand, qualifié sur 10'000 m pour les Mondiaux 2019 et les JO 2020, se prépare à Saint-Moritz, au calme et en altitude.

Julien Wanders, impressionnant depuis le début de cette saison, estime qu’il peut encore beaucoup progresser.

Julien Wanders, impressionnant depuis le début de cette saison, estime qu’il peut encore beaucoup progresser. Image: KEYSTONE

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De retour de Hengelo aux Pays-Bas où il a validé son ticket pour les Mondiaux, Julien Wanders a posé ses valises à Saint-Moritz, en Engadine, sa base d’entraînement lorsqu’il se prépare en Suisse. Le Genevois de 23 ans s’y entraînera jusqu’à la fin du mois d’août avant de repartir «chez lui», au Kenya, pour y parfaire sa préparation avant les Mondiaux de Doha (27 septembre au 6 octobre).

Julien Wanders, vous venez de décrocher vos minima pour les Mondiaux sur 10'000 m lors des «trials» éthiopiens organisés à Hengelo. Au-delà de la satisfaction, êtes-vous soulagé d’avoir votre ticket en poche?
Le plan était de courir le plus vite possible et de réussir ces minima pour Doha. J’étais supercontent de mes performances.

D’autant plus que vous avez pulvérisé votre propre record de Suisse de plus de 27 secondes et établi au passage la 6e performance européenne de tous les temps…
Ces minima, je les ai plus que cochés, et par la même occasion j’ai aussi obtenu les limites pour les Jeux olympiques de Tokyo. J’ai fait d’une pierre deux coups!

En 2016 et en 2017, vous aviez manqué votre qualification pour les Jeux olympiques puis celle pour les Mondiaux. Un sentiment de revanche?
Oui, c’est une belle revanche. Cela m’était resté en travers de la gorge… En 2016, j’étais sans doute encore un peu jeune pour aller aux Jeux, même si je pense qu’avec une course parfaite, j’aurais pu décrocher mon ticket pour le Brésil. En 2017, je visais clairement une participation aux championnats du monde, mais je n’avais pas réussi à me qualifier. Cela avait été une saison difficile. Le bon côté, c’est que l’année suivante, je suis allé aux championnats d’Europe à Berlin. Cela a été l’étape qui m’avait manqué par le passé pour ensuite me qualifier pour des Mondiaux et des JO.

Vous allez enfin pouvoir vous mesurer aux meilleurs coureurs de la planète lors d’un championnat du monde. Qu’est-ce que cela représente pour vous?
À Doha, il s’agira de mes premiers Mondiaux sur piste. C’était mon objectif de l’année. Je ne ferai pas partie des favoris, mais je m’y rendrai avec l’envie de batailler avec les meilleurs. Ce serait prétentieux de dire que j’y vais pour la médaille d’or, mais je donnerai tout ce que j’ai. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Plus je vois comment les choses évoluent, plus je me dis que c’est possible.

Vous vous trouvez dans une forme ascendante…
En 2019, je suis en train d’exploser, en tout cas sur la piste. Je pense toutefois que je suis encore loin d’être à mon maximum. Je l’espère en tout cas…

Que vous manque-t-il encore pour devenir un meilleur coureur et continuer à progresser?
L’expérience, le sens tactique. Ce sont des choses que je n’ai pas encore pu travailler énormément en course puisque j’étais avant tout à la recherche de chronos jusqu’ici. Je courais dans des courses d’un niveau un peu trop élevé pour moi et je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de jouer la gagne dans les derniers tours, d’apprendre de ces situations qui sont importantes ensuite dans des championnats.

Au meeting de Lucerne au début du mois de juillet, vous aviez terminé au 3e rang du 3000 m après avoir été en position de le gagner. Une bonne expérience…
J’avais pu titiller le record de Marcus Ryffel qui date de quarante ans et jouer la gagne sur piste jusque dans les derniers mètres. Il faut être rusé dans ce genre de course, mais il faut aussi y aller sans trop réfléchir. Courir à l’instinct, selon son envie. Tout se passe très vite, en fait. C’est en disputant de telles épreuves qu’on arrive à développer cet instinct et à réagir le plus vite possible. Après, dans les cent derniers mètres, c’est à celui qui a les dents les plus longues (rires). Il y a l’adrénaline, l’envie de gagner, on se trouve dans une phase superpositive et cela aide beaucoup à se surpasser.

Vous vous êtes installé temporairement à Saint-Moritz. Quelle est la suite de votre programme?
Je suis revenu directement à Saint-Moritz depuis Hengelo et je vais y rester jusqu’à la fin du mois d’août. Actuellement, j’alterne les entraînements sur piste et sur route. Ils sont variés, même si je travaille davantage ma vitesse tout en maintenant ma base d’endurance. Samedi, je prendrai part au meeting de Berne sur 1500 m, ce sera l’occasion de tester ma vitesse. Ma dernière compétition en Suisse aura lieu à Zurich au meeting de Diamond League Welt­klasse à la fin du mois d’août, après quoi j’irai préparer les Mondiaux de Doha au Kenya, à Iten.

Avez-vous besoin d’être coupé du monde pour bien vous entraîner?
Saint-Moritz, c’est loin de tout (ndlr: à six heures de route de Genève), un peu comme Iten lorsque je suis au Kenya. Cela me va très bien ainsi. Oui, j’ai besoin d’être au calme pour bien me préparer. À un certain niveau, c’est indispensable. Dans une ville comme Genève, c’est beaucoup plus difficile pour moi de me concentrer sur mon sport. J’ai beaucoup trop de choses dont je dois m’occuper lorsque je suis là-bas… À Saint-Moritz, je suis tranquille. Tout est sur place. La piste se trouve à côté de mon appartement, c’est un gain de temps énorme. Les parcours sont très bien, avec du vallonné et du plat, et nous sommes en altitude. Il y a aussi beaucoup de coureurs internationaux ici, ce qui est stimulant et pratique pour partager des entraînements. Et puis, je ne suis pas tout seul. Ma copine est là, le fils de Marco Jäger, mon coach à Genève, avec qui je cours depuis que j’ai commencé l’athlétisme, s’entraîne aussi ici. Donc, c’est plutôt sympa, on est un bon groupe.

Créé: 01.08.2019, 22h10

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