La Suisse est dos au mur, la tension est palpable

Hockey sur glaceCe mardi dès 12h15, Patrick Fischer et ses hommes n’ont pas le droit à l’erreur face à la France. Et cela se ressent.

Joel Vermin, Sven Andrighetto, Nino Niederreiter et Patrick Fischer (de g. à dr.) se méfient de l’équipe de France.

Joel Vermin, Sven Andrighetto, Nino Niederreiter et Patrick Fischer (de g. à dr.) se méfient de l’équipe de France. Image: KEYSTONE

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Depuis cette année, l’IIHF a édicté une nouvelle règle: interdiction de filmer les entraînements à partir de la onzième minute. Mollement mise à exécution depuis le début du tournoi, la missive semble prendre une importance à mesure que la pression augmente. Alors lorsqu’un journaliste tessinois prenait des photos durant l’organisation du power play, c’est Patrick Fischer en personne qui est allé lui demander de cesser sur-le-champ. La scène n’est pas si anodine qu’elle n’en a l’air. Elle prouve que le technicien est sous pression. Que le match couperet du jour face à la France revêt une importance majeure.

L’absence de Huet
En cas de défaite, l’élimination serait actée. Mais faut-il vraiment prendre au sérieux cette équipe de France? Un point, le gardien, ferait plutôt pencher la balance du côté du non. Si la Suisse a par trois fois perdu contre les Français depuis l’an 2000, ces trois rencontres possèdent un dénominateur commun: Cristobal Huet. Aujourd’hui retraité, sa succession n’est pas simple à gérer pour Sébastien Beaulieu, entraîneur des gardiens des Bleus et de Ge-Servette. «Ce serait une erreur de nous focaliser sur notre adversaire, tranche Ramon Untersander, meilleur défenseur suisse depuis le début du tournoi. Nous avons tout intérêt à nous concentrer sur nous et cela devrait bien se passer.»

Historiquement, les Français ont souffert d’un certain mépris de leur hockey par les Suisses. Rabaissés à longueur d’interview au début du millénaire, ils en gardent une certaine rancœur. Lorsque les micros s’éteignent, il n’est pas rare de percevoir cette volonté de remettre les Helvètes à leur place. Alors forcément, priver Patrick Fischer et ses hommes d’un quart de finale ne serait pas pour leur déplaire même si, aujourd’hui, cette guéguerre n’a plus rien de bien sérieux. «C’est forcément un match spécial, mais je ne suis même pas sûr que nous allons nous chambrer avec Noah Rod et Damien Riat», a rigolé le Genevois Floran Douay en parlant des deux Aigles du vestiaire adverse.

Plus aucune pression
Depuis quelques jours, les Français n’ont plus vraiment d’objectif. Assurés de leur maintien, ils ne peuvent s’accrocher que par obligation à un rêve de quart de finale. Seul un sacré concours de circonstances leur offrirait un billet pour la phase suivante. Ainsi, les hommes de Dave Henderson ont pu préparer tranquillement le dernier match du technicien à leur tête après plus de dix ans en poste. Une dernière victoire serait un bel hommage qui lui serait rendu avant l’arrivée de Philippe Bozon la saison prochaine. «C’est effectivement un aspect à ne pas négliger, a remarqué Patrick Fischer. Mais en même temps nous avons notre destin entre nos mains.»

Avec sept joueurs de NHL et probablement la meilleure équipe de son histoire, l’échec serait un désaveu majeur pour Patrick Fischer. Déjà sérieusement égratigné après le camouflet olympique – élimination en huitième de finale –, le technicien aurait de la peine à sortir indemne d’un nouveau faux pas. De là à justifier une certaine tension supplémentaire lundi, au moment de remettre un apprenti paparazzi à sa place? Possible.


Au cœur du Mondial, avec Noah Rod

«Savoir accepter son rôle»

«Venir jouer en équipe de Suisse te force à une chose: t’adapter. Entre la préparation, le tout début du tournoi et les matches actuels, je suis passé par tous les rôles, ou presque. Avant l’arrivée des finalistes, je jouais sur une ligne à vocation très offensive. Puis petit à petit cet aspect a été mis au second plan au profit d’un statut de joueur plus défensif. Je sais ce que l’on attend de moi: de la vitesse et de l’intensité à chaque shift. Je me rends également compte que le coach compte aussi beaucoup sur moi pour le jeu en infériorité numérique. Avec Tristan Scherwey nous aimons bien gêner nos adversaires lorsqu’ils sont en power play. Cela a quelque chose de gratifiant. En club, avec Ge-Servette, je sais que l’on n’attend pas la même chose de moi. Aux Vernets, mes capacités offensives sont peut-être davantage mises en avant. Mais au final, ce qui compte, c’est de contribuer au succès collectif. Et celui-ci n’est atteignable que si chacun accepte son rôle.»

Noah Rod, 21 ans, dispute son premier championnat du monde. Tout au long du tournoi, il livre son expérience. (24 heures)

Créé: 15.05.2018, 08h48

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