La «ligne de parade» est en voie de disparition

Hockey sur glaceJadis carte de visite et fierté des clubs, les trios de choc se font rares. Ge/Servette a trouvé le sien.

Daniel Winnik, Tommy Wingels et Tanner Richard, la ligne de parade de Ge/Servette.

Daniel Winnik, Tommy Wingels et Tanner Richard, la ligne de parade de Ge/Servette. Image: DR

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Un buteur, un passeur, un gratteur. Telle est la formule magique pour mettre sur pied une ligne de parade – ou «Paradesturm» pour les Alémaniques – en hockey sur glace. «Oui, on peut dire cela comme ça», sourit Chris McSorley, avant de placer une de ses punchlines favorites: «On ne construit pas une maison avec trois maçons. Ou avec trois architectes, ou trois plombiers… En hockey, il faut un spécialiste à chaque poste.»

Le coach de Genève-Servette a enfin sous la main une véritable ligne de parade depuis le retour de blessure de Tommy Wingels (le 5 janvier), victime d’une fracture de la mâchoire après quelques minutes de jeu seulement lors du premier match de la saison en septembre à Bienne.

Comme un alchimiste

Le Canado-Suisse Tanner Richard, l’Américain Tommy Wingels et le Canadien Daniel Winnik, voici le nouveau trio de choc du GSHC. «Chaque saison depuis que je suis à Genève, j’ai essayé de trouver une ligne spéciale, dynamique, capable de dominer offensivement. Un coach est un peu comme un alchimiste durant l’intersaison: il passe son temps à chercher la bonne formule. L’alchimie, comme on dit, a besoin de se développer et cela prend parfois plus de temps que prévu. Avec la ligne de Richard, celle-ci a été instantanée. Dommage que nous ayons dû patienter plus d’une demi-saison avant de les voir enfin à l’œuvre…»

Le défenseur des Aigles, Arnaud Jacquemet, regrette que cette triplette n’ait pas pu terroriser les défenses adverses depuis le début du championnat. «Je suis content de ne pas jouer contre eux chaque soir, se marre l’arrière valaisan. Leur force, c’est qu’ils sont hypercomplémentaires. Winnik gratte des pucks, fait de la place dans les bandes et devant le but, Richard est un artiste, un créateur à sa position de centre. Enfin, Wingels est une machine à marquer (ndlr: 10 buts en 11 matches). En National League, ce genre de trio se fait de plus en plus rare. Une autre triplette qui me vient à l’esprit et qui m’a posé pas mal de soucis ces deux dernières saisons, c’est celle du HC Bienne avec Toni Rajala, Marc-Antoine Pouliot et Marco Pedretti.»

Les lignes de choc, inséparables durant toute une saison, voire plusieurs années dans l’idéal, se comptent sur les doigts d’une main à l’heure actuelle.

Ambri fait partie des derniers clubs possédant un premier trio de choc avec les deux ailiers Dominik Kubalik (meilleur compteur du championnat) et Dominic Zwerger (5e) associés au centre Marco Müller (16e). «La majeure partie de la production offensive provient de cette ligne», reconnaît le coach assistant de la formation léventine, René Matte. Avant d’ajouter: «La ligne de Richard à Genève est l’une des meilleures de la ligue. À l’époque à Fribourg, la «SBP» avec Sprunger, Bykov et Plüss était très dominante. Elle avait surtout la particularité d’être 100% suisse, ce qui est très rare.»

Pour Paul-André Cadieux, un ancien des Vernets (ndlr: entraîneur et manager de 1999 à 2001), les lignes de parade font malheureusement partie du passé, à quelques exceptions près. La faute à l’accumulation de matches et aux blessures, notamment chez les renforts étrangers. «Les grandes lignes, comme celle des trois «L» à Bienne (Lindberg, Latinovitch, Lott) et celle du LHC avec Gratton, Friederich et Dubi dans les années 70, ou plus récemment celle de Sprunger, Bykov et Plüss à Fribourg dans les années 2000, ont presque disparu», explique Cadieux, avant d’argumenter: «Il y a beaucoup plus de blessés dans le hockey moderne, ce qui oblige les coaches à changer leur alignement. La situation contractuelle des joueurs, dont certains ont déjà signé avec un autre club, peut aussi inciter leur hiérarchie à anticiper l’avenir sans eux, et donc à miser sur d’autres éléments pour occuper les meilleurs postes. Aujourd’hui, les entraîneurs ont tendance à miser sur des binômes, avec un troisième homme qui peut changer en fonction des besoins de l’équipe.»

C’est le cas au CP Berne, où le capitaine Simon Moser et le buteur américain Mark Arcobello évoluent côte à côte depuis 2016. À Genève, Chris McSorley fait désormais partie des privilégiés avec une vraie ligne de parade sous la main. Presque comme au bon vieux temps.

(TDG)

Créé: 16.01.2019, 22h25

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