La sprinteuse Mujinga Kambundji n'est pas allée au bout de ses rêves

AthlétismeQuatrième du 100 m en 11’’05, la Bernoise a été débordée par une vague juvénile. Difficile de résister à Asher-Smith (10’’85).

Mujinga Kambundji a échoué au pied du podium d’un 100 m remporté par Dina Asher-Smith.

Mujinga Kambundji a échoué au pied du podium d’un 100 m remporté par Dina Asher-Smith. Image: Reuters

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Mujinga Kambundji (26 ans) n’a pas été au bout de ses rêves. La promesse lui faisait de l’œil, là-bas, au bout de la ligne droite. Il lui suffisait d’allonger la foulée comme un enfant tend le bras pour chiper un paquet de bonbons planqué en haut de l’armoire. Mais c’était plus vite dit qu’un 100 mètres, même quand celui-ci fuse en moins de 11 secondes. Autour d’elle, d’autres gourmandes convoitaient les friandises en se pourléchant les babines. Elles se sont jetées plus rapidement sur les sucettes et la Bernoise est restée chocolat!

Deux ans après Amsterdam et sa médaille de bronze, la Suissesse a donc régressé alors qu’on la croyait au sommet de sa forme, la tête libérée et le corps allégé. En fait, tout comme Dafne Schippers, 3e en 10’’99, elle a été débordée par une vague juvénile. Pour la cinquième fois de la saison, la Britannique Dina Asher-Smith (22 ans) a fracassé le mur des 11 secondes (10’’85, meilleure performance mondiale égalée) et rien que pour cette régularité tonitruante, elle a mérité ce titre que lui a longtemps contesté sa cadette Gina Lückenkemper, une blonde incendiaire de 21 ans qui a fait chavirer le public du stade olympique.

Retard à l’allumage

Dans cette mêlée sans crêpage de chignon, Mujinga Kambundji n’a pas vraiment eu son mot à dire. La faute à un démarrage un peu en sourdine. En retard à l’allumage, la Bernoise a bien cherché à refaire son retard, mais une crispation parasite dans son rush final lui a sans doute coûté quelques précieux centièmes. Son chrono (11’’05) n’est pas déshonorant, mais pour prétendre au podium, il lui aurait fallu quelques étincelles de plus.

Bien sûr, il y a eu sur la piste comme une éclipse. Furtive. Un sourire qui s’efface, dévasté par l’effort, puis ravagé par les regrets. Et puis, parce que chez elle le naturel revient toujours au sprint, Mujinga Kambundji s’est remise à faire des risettes. Elles étaient un peu forcées. Quand l’or vous a fait rêver, on n’accueille pas une médaille en chocolat de gaieté de cœur. Mais ce n’était rien par rapport au drame que la Bernoise avait enduré quatre ans plus tôt à Zurich, ce satané bâton perdu au départ du relais dans un silence de catacombe. Et puis elle a le 200 m et le 4 x 100 m pour se remettre à saliver et à rêver.

(24 heures)

Créé: 07.08.2018, 22h44

Wanders: «J’ai tout donné»

10 000 m

Il est forcément déçu et il le dit sans détour. Sur 10 000 m, Julien Wanders espérait mieux qu’une 7e place honorable, en 28’22”02. Il lorgnait le podium et à 600 mètres du but, celui-ci était encore à sa portée. Arikan et Ozbilen, les Turcs «made in Kenya», avaient jeté l’éponge. Le coup était jouable.
«Mais je n’ai pas osé attaquer, regrette-t-il. J’étais à la limite et quand les gars ont démarré, j’ai explosé. Plus de jus. Déjà, à la mi-course, j’avais senti que mes jambes n’étaient pas au top. La chaleur peut-être. J’ai pris soin de m’hydrater, de rester calme. Je me suis accroché.»
Le Genevois raconte sa course avec lassitude. «J’ai tout donné», dit-il, comme pour se faire pardonner. Il a même vomi après la course. D’épuisement. D’écœurement. «Avec ce que j’ai réalisé ces derniers temps à l’entraînement, j’avais les moyens de faire beaucoup mieux.» Le titre est revenu au Français Morhad Amdouni en 28’11”22, un chrono plus lent que le record personnel du Genevois. Mais une course ne se gagne pas sur le papier.
Ce résultat ne devrait pas le brouiller avec la piste même si c’est sur la route que son destin l’a révélé et le guide irrésistiblement. Wanders ne s’en cache pas, le marathon le fascine et l’appelle. «Mais seulement après les Jeux de Tokyo», précise l’impatient. Il a encore un 5000 m sur le feu, ce samedi, et la volonté de trouver les clés qui doivent l’empêcher de tourner en rond. À 22 ans, il a surtout tout l’avenir devant lui. P.B.

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