«Les gens me collent une étiquette de dopé»

BodybuildingDouble champion de Suisse et vice-champion du monde dans diverses catégories, le Chablaisien Kevin Pichard évoque son sport.

Kevin Pichard souhaite davantage de reconnaissane et de respect pour son sport.

Kevin Pichard souhaite davantage de reconnaissane et de respect pour son sport. Image: CHANTAL DERVEY

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Le bodybuilding est un sport exigeant. Il demande énormément de sacrifices, tant familiaux que financiers. Tout frais double champion suisse et vice-champion du monde, Kevin Pichard (24 ans) est bien placé pour le savoir. «Je m’entraîne en moyenne entre dix et quinze heures par semaine, ce qui ne me permet pas de voir beaucoup ma femme, explique le Chablaisien. De plus, il faut tabler sur un budget mensuel de 1000 francs, en grande partie destiné à notre alimentation particulière.» Son sport exige en effet un régime alimentaire strict, composé de deux phases. Dans un premier temps, pendant environ cinq mois, il s’agit de la prise de masse. S’ensuit la sèche, sur une période similaire. «D’août à janvier dernier, je suis monté à 104 kilos, détaille Kevin Pichard. Ensuite, j’ai séché et je ne pesais plus que 77 kilos lors de mes concours de mai et juin.» Des changements de poids extrêmes qui demandent un suivi médical – des prises de sang – après chaque phase du régime.

Le corps a tout de même ses limites. «Tant que tu es jeune, tu peux prendre facilement 4-5 kilos (ndlr: de muscle, après la sèche) par année, poursuit-il. Théoriquement, il est toujours possible de progresser mais, à partir d’un certain âge, tu as tendance à stagner.» Afin de continuer à se développer, il peut compter sur son préparateur – Fernand Olloz, anciennement Mister Univers – et la concurrence d’une douzaine de coéquipiers au sein de la Stronger Fit Team de Collombey-Muraz.

Une évolution qui a permis à Kevin Pichard (1,68 m) de devenir double champion de Suisse de bodybuilding dans les catégories «petite taille» (1,68 m maximum) et «juniors» (24 ans et moins), le 16 mai dernier à Epalinges. Ces deux titres nationaux lui ont valu une sélection avec l’équipe nationale pour les Championnats du monde en Sicile. Le Chablaisien allait y confirmer sa bonne tenue le 14 juin en montant sur la deuxième marche du podium, même si la concurrence n’était pas des plus féroces (six participants dans sa catégorie juniors).

Loin des Etats-Unis

Le bodybuilder, constructeur métallique en passe d’obtenir son brevet fédéral de contremaître, a également pu bénéficier de l’aide de la fédération nationale (WABBA) lors de son concours en Italie: «La WABBA a financé mon voyage et ma participation aux Mondiaux, ce qui est unique, reconnaît-il. En général, dans tous les pays, les athlètes sont livrés à eux-mêmes. En plus de l’aspect financier, notre fédération nous soutient indirectement en organisant des compétitions.» En Suisse, les structures pour le bodybuilding sont moyennement développées mais les compétiteurs «ne sont pas à plaindre et bénéficient de petits fitness convenables».

La Suisse ne rivalisera sans doute jamais avec les Etats-Unis, où le vainqueur de la plus grande compétition de bodybuilding touche quelque 500'000 dollars et où les pratiquants de ce culte du corps sont de véritables stars (grâce, notamment, aux sponsors, inexistants dans notre pays). Mais la fédération WABBA se démène pour assurer la pérennité de ce sport trop souvent dénigré à tort. «Quand je dis que je fais du bodybuilding, les gens me collent une étiquette de dopé», déplore Kevin Pichard. «C’est un sport autant exigeant qu’un autre, et je pense qu’il mériterait, si ce n’est de la reconnaissance, au moins du respect.» (24 heures)

Créé: 20.07.2015, 08h53

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