Marcel Hirscher reste le boss à Adelboden

Ski alpinL’Autrichien a remporté les deux courses du week-end dans l’Oberland, portant à neuf son total de succès sur cette piste.

Marcel Hirscher n’en finit plus de collectionner les cloches, promises aux skieurs figurant sur le podium à Adelboden.

Marcel Hirscher n’en finit plus de collectionner les cloches, promises aux skieurs figurant sur le podium à Adelboden. Image: Keystone

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Peu importe les conditions ou le terrain, qu’il «tombe des pizzas» du ciel, qu’il souffle à décorner des bœufs ou que le brouillard joue, comme dimanche, avec les nerfs des acrobates, Géo Trouvetou a (presque) toujours la solution.

À chaque fois qu’il débarque à Adelboden, qu’il aperçoit cette piste aussi raide que mythique, Marcel Hirscher esquisse un large sourire. Avec désormais neuf succès dans la station de l’Oberland (quatre en géant, cinq en slalom), le Salzbourgeois s’y sent vraiment comme chez lui, dans son jardin. Il adore le tracé racé de la Chuenisbärgli, et plus spécialement ce mur d’arrivée vertigineux qu’il a encore découpé avec brio.

Samedi, il s’était déjà montré «géant» entre les portes rouges et bleues pour ne laisser que des regrets à ses adversaires, leur mettant, comme à son habitude, une «danse». C’était une valse, forcément. Une fois encore, le «pauvre» Henrik Kristoffersen a dû constater qu’il n’y arrivait décidément pas lorsque le Maître passe le turbo en seconde manche. Le Norvégien, déjà deuxième et troisième l’an dernier, avait pourtant pris l’ascendant le matin sur le premier parcours, mais samedi comme dimanche, cela n’a encore pas suffi. Trop de fautes, recalé. Le longiligne Kristoffersen a dû se contenter des deux autres places sur le podium, la 2e samedi, la 3e dimanche, à côté du roi.

Fraîchement marié à Laura, papa d’un fils depuis cet été, Marcel Hirscher n’en finit pas de lever les bras. Il a beau avoir tout gagné, être multiple champion du monde, champion olympique, victorieux de 67 succès en Coupe du monde, il reste toujours aussi motivé, comme la première fois. Le voilà en route pour un huitième sacre consécutif au général. «La compétition fait battre mon cœur», avait-il déclaré en début de saison, à Sölden. Et cela reste valable à son âge (il fêtera ses 30 ans le 2 mars), même quand, comme ce dimanche, il faut se lancer dans la tempête et montrer en plus des émotions.

Deuxième doublé consécutif

Une fois encore, l’extraterrestre a skié sur sa planète, s’offrant un week-end de rêve avec son doublé, le deuxième consécutif à Adelboden. Quelle démonstration. Pour Marcel Hirscher, rendre banal l’exceptionnel est devenu une habitude, comme s’il s’agissait d’une formalité, que tout ça allait de soi. Après que Marco Schwarz, celui qui l’épie à l’entraînement, eut sorti son meilleur atout de sa manche, sur le tracé initial, Hirscher, 3e, était attendu au contour. Mais l’extraterrestre d’Annaberg s’est envolé sur le second parcours avec son habituelle dextérité, sa classe naturelle. «Il nous a encore montré que c’est toujours lui qui maîtrise le mieux les situations. Et à la fin, il nous met deux secondes dans les dents!» soupire un Loïc Meillard bien conscient qu’il lui reste encore beaucoup de travail pour arriver, dans les deux disciplines, au niveau du roi des neiges.

Le Valaisan, 14e samedi et éliminé dimanche, reviendra plus fort l’an prochain. «Maintenant que je sais que je suis capable de skier devant, j’attends forcément beaucoup de moi. C’est quelque chose de nouveau et il faut apprendre à vivre avec cette pression que l’on se met soi-même.»

Une source d’inspiration

Depuis 2011, Marcel Hirscher est à chaque fois monté sur le podium à Adelboden. Ce dimanche, il y a été appelé pour la 15e fois d’affilée. «Il est une source d’inspiration pour nous tous», s’exclame Alexis Pinturault, deux fois 4e ce week-end sur la Chuenisbärgli. «Grâce à lui, chacun apprend beaucoup.» C’est le cas d’un autre Français, Clément Noël, qui ne cesse de grandir. À 21 ans, le skieur de Val d’Isère a décroché en slalom une 2e place pleine de promesses.

Les Suisses, qui n’ont plus connu la joie du podium à Adelboden depuis les deux victoires de Marc Berthod, en 2007 (slalom) et en 2008 (géant), ont encore échoué. Mais il s’en est fallu de peu, de 26 centièmes exactement, que le Haut-Valaisan Ramon Zenhäusern, lui aussi toujours à l’aise à Adelboden, ne se retrouve sur la photo au terme du slalom. «Mais les hommes de devant, qui avaient une grosse avance, skiaient très vite aussi.» Surtout Hirscher.

Créé: 13.01.2019, 22h46

Nef va entrer dans sa bulle, Rochat est en plein doute

«Quand, dans le haut du mur, j’ai entendu les gens crier, je me suis dit: voilà, ça, c’est Adelboden!» Tanguy Nef était «heureux d’avoir pu vivre ça». Le slalomeur genevois, 11e à Levi et 13e à Zagreb, aurait bien voulu offrir un nouveau classement dans le top 15 ou mieux à sa famille et à ses amis genevois et valaisans, mais ce n’est pas tous les jours dimanche. «J’étais content toutefois de pouvoir m’élancer en seconde manche.» Le skieur de Meinier a finalement été disqualifié sur ce second tracé. Il reviendra l’an prochain, sans cette émotion qui lui a joué des tours. «Comme ce fut le cas lors de ma première course en Coupe du monde, je me suis fait avoir», se marre-t-il, tout en ne conservant que le positif de cette expérience.

L’étudiant, qui va faire l’impasse sur le slalom de Wengen, va s’envoler ce lundi pour les États-Unis afin d’y poursuivre son cursus universitaire au Collège de Dartmouth, dans le New Hampshire. Les examens approchent. «Je vais changer de monde, passant d’un nuage à une bulle», renchérit le Genevois, qui promet de revenir «en forme» à Kitzbühel et à Schladming, avant de reparler des Mondiaux d’Åre.

La Suède s’éloigne en revanche pour Marc Rochat. Éliminé pour la cinquième fois de l’hiver en slalom, le Vaudois, qui avait déjà connu la pestouille à Zagreb en perdant un ski, a cette fois enfourché après avoir réussi un bon début de première manche.

Dans l’aire d’arrivée, il ne cherchait cependant aucune excuse. «Le ski est un sport difficile et je n’ai pas l’impression de voir le bout du tunnel, lâchait le Lausannois. C’est frustrant et, pour être honnête, j’en ai ras le bol. À vrai dire, j’ignore vraiment ce qui ne fonctionne pas. C’est une saison de…» Après avoir lâché le mot de Cambronne, Marc Rochat, qui n’a marqué des points qu’une fois (6e à Kranjska Gora l’an dernier) en 17 courses, affirme ne pas vouloir baisser les bras. «On va continuer car on doit toujours continuer», a-t-il conclu, avant de quitter Adelboden des questions plein la tête. C.MA.

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