«Mon rêve ultime? Gagner des titres, peu importe le tournoi»

TennisStan Wawrinka entame cette saison sur terre battue porté par de belles ambitions. Il se confie avant son 2e tour à Monte-Carlo.

Stan Wawrinka: «Oui je me projette dans l'avenir. Parce que je suis proche de la fin et donc forcément, je me pose des questions.»

Stan Wawrinka: «Oui je me projette dans l'avenir. Parce que je suis proche de la fin et donc forcément, je me pose des questions.» Image: Getty Images

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Il est souriant, chambreur, bref de bonne humeur. Au lendemain de son premier tour remporté facilement face à Lucas Pouille et avant d’affronter, ce mardi, l’Italien Marco Cecchinato, Stan Wawrinka a pris le temps de se confier. Sur ses ambitions sur terre, sur le temps qui passe et l’avenir à court terme.

Stan, vous semblez en forme, et heureux de retrouver la terre battue…

C’est clair que je suis content. Je joue bien, je bouge bien. La préparation a été courte mais l’idée est de bien travailler encore après Monaco. J’ai livré un bon match contre Lucas (ndlr: Pouille). Celui contre Marco Cecchinato sera intéressant. Un gros test. Je ne l’ai jamais affronté, je ne me suis jamais entraîné avec lui. Il a explosé l’année passée en faisant notamment demi-finale à Roland-Garros. Il a un vrai jeu de terre. Il essaie de prendre un maximum sur son coup droit, fait beaucoup d’amorties et met beaucoup de lift. Ce sera un match excitant.

C’est la surface sur laquelle vous avez grandi et connu de belles victoires. En quoi vous convient-elle?

Elle favorise mon style de jeu. Ça me donne plus de temps. Les glissades me donnent de meilleurs appuis pour lâcher mes frappes. Sur dur, il manque parfois un petit pas, un petit truc. Sur terre, j’ai l’impression que quand je bouge bien, j’arrive vraiment à faire en sorte d’être au bon endroit au bon moment sur mes appuis et je peux davantage imposer mon jeu.

Et dans la tête, est-ce que vos résultats sur terre vous portent?

Dans la tête, je ne vis pas le passé mais le présent. Après, c’est clair que quand je me sens bien, je sais que j’embête davantage de joueurs sur terre battue. L’an dernier, je n’étais pas encore prêt pour jouer sur cette surface, qui posait beaucoup de problèmes à mon genou parce que je n’étais pas encore assez fit. Cette année, ce sera un bon test.

Sentez-vous les pièces du puzzle se remettre enfin en place?

Sans me fixer des objectifs précis, car même quand j’étais No 3 mondial je ne le faisais pas, je vois et je ressens que petit à petit, oui, les choses se remettent bien en place. Mon niveau est là, je me sens en forme physiquement. Maintenant, il faut enchaîner les victoires et avancer dans les tournois. Ça peut arriver ici comme ça peut ne pas arriver ici. Il faut juste être patient par rapport aux gros résultats.

Pensez-vous à Roland-Garros?

Oui, forcément, même si cette année, j’y pense un peu moins car j’ai envie de faire des résultats auparavant.

Ne pas être tête de série, est-ce un désavantage ou un défi supplémentaire?

Ne pas être tête de série peut me faire tomber rapidement contre un joueur comme Roger (ndlr: Federer), comme à Indian Wells. Mais dans ces tournois-là, si tu n’es pas dans le top 8, ça ne change pas énormément non plus. Mon but n’est pas de faire un 3e tour mais d’avancer le plus loin possible. Je sais que si je joue bien, je suis capable de battre tout le monde. À moi de faire en sorte d’y arriver à un moment donné.

Vous avez été coupé dans votre élan par la blessure. Vivez-vous votre retour comme un nouveau départ?

Peut-être que même sans la blessure, je serais au même niveau. Je n’ai pas l’impression de vivre une deuxième carrière. C’est juste qu’au moment de la blessure, j’étais au meilleur moment de ma carrière. Je venais de disputer une finale à Roland-Garros et étais 4e mondial. Ça a été difficile, c’est indéniable, mais c’est arrivé à d’autres, donc je le prends comme une continuité. De toute façon, avec ou sans blessure, je suis plutôt à la fin de ma carrière et je fais avec ce qui se passe. Mais c’est vrai qu’après avoir été éloigné aussi longtemps du circuit et n’être pas passé loin d’une retraite forcée, on voit les choses différemment. On prend plus de recul et on nettoie un peu tout ce qu’il y a autour qui pourrait nous prendre de l’énergie.

Est-ce qu’on apprécie plus l’instant présent?

On n’apprécie pas plus, car j’ai bien savouré mes victoires en Grand Chelem (sourire), mais on apprécie différemment. Mais si en fin d’année, je suis encore en train de faire des huitièmes de finale, je ne vais pas apprécier la même chose.

Quel serait votre rêve ultime?

Gagner des titres. Peu importe la catégorie de tournoi. Soulever le trophée le dimanche, il n’y a pas meilleur feeling dans le tennis. C’est de l’émotion. L’accomplissement de semaines qu’on termine en étant invaincu. C’est pour ça qu’on joue au tennis. J’ai eu la chance de gagner les plus gros titres dans mon sport, c’est un plaisir incomparable.

On a pu lire que vous allez jouer encore trois ans…

Ce n’est pas tout à fait ça. (Il sourit) J’ai dit que tant que je pouvais être fit et bien jouer au tennis, j’aurais envie de continuer. Maintenant, est-ce que ce je vais jouer encore un, deux, trois ou quatre ans? C’est impossible à dire. Idéalement, si on me propose trois ans, je prends. Mais j’ai vécu trop de choses ces dernières années pour viser trop loin.

Est-ce qu’il vous arrive de vous projeter dans cinq ans?

Oui, je me projette. Parce que je suis proche de la fin et donc forcément, je me pose toutes ces questions. Si je n’avais plus de plaisir, j’aurais déjà arrêté. Car même si c’est une vie et une chance incroyable, ça exige tellement d’effort et de discipline que sans plaisir, je n’aurais plus de raison de le faire.

(24 heures)

Créé: 16.04.2019, 07h12

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