Nils Liess ne lâche rien, il compte aller à Tokyo

NatationEn lice lors du Challenge international de Genève aux Vernets ce week-end, le Genevois de 23 ans n’enterre aucun rêve.

Le nageur de 23 ans vise les Jeux Olympiques.

Le nageur de 23 ans vise les Jeux Olympiques. Image: Keystone

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L’histoire aurait pu être celle d’un prodige. Elle avait très bien commencé. Nils Liess était à bonne école, élevé au cœur d’une famille de nageurs. En juniors, il fut double vice-champion d’Europe en 2014. La même année, on l’élut meilleur espoir du sport suisse. Il avait 18 ans et rêvait des Jeux de Rio. Les années ont passé. Le Brésil a été un rendez-vous manqué. Les différentes joutes internationales ne lui ont jamais vraiment réussi, pendant que Jérémy Desplanches, son aîné de deux ans, explosait au plus niveau. Nils Liess, lui, n’a jamais lâché. 2020, il l’espère, sera son année. Le 53e Challenge international de Genève (CIG) constituera une première étape ce week-end aux Vernets.

À 23 ans, le Genevois vise surtout «le plaisir». En cette année olympique, celui-ci passera assurément par les Jeux. Et cette fois, ses chances de voir les anneaux sont autrement plus importantes qu’en 2016. Car Nils Liess est le membre de l’équipe du relais 4 x 200m qui avait pris la 12e place des Mondiaux de Gwangju, qualificative pour Tokyo. Sauf que celle-ci n’offre un ticket qu’à la Suisse en tant que telle, pas aux nageurs qui la composent. Si Jérémy Desplanches y sera, ni Antonio Djakovic, ni Aleksi Schmid, ni Niels Liess n’ont de garantie. «Mais j’avais réalisé le meilleur temps des quatre à Gwangju, glisse le dernier. Je pense avoir ma place, car je devrais être dans les quatre meilleurs Suisses sur la distance. Pour moi, j’y serai.» Le ticket n’a plus qu’à être composté.

Gros travail hors de l’eau

Pour y parvenir, le mieux suppose d’être performant en individuel, histoire de pouvoir s’aligner aussi au départ du 200 m nage libre. «Je dois faire une bonne course, arriver à courir relâché, se projette-t-il. Les minima sont fixés à un temps de 1’47’’02. Mon record personnel est de 1’47’’90, mais j’avais couru en 1’47’’10 lors du relais. Vu la manière dont je m’entraîne, ce doit être réalisable.» Car en Suède, où il s’est installé et se prépare depuis 2017, le sociétaire du Genève Natation a changé de méthode. «Avec mon coach, Johan Wallberg, nous avons décidé de faire l’impasse cette saison sur le petit bassin. Du coup, pour la première fois, j’ai passé le mois de décembre à m’entraîner. L’idée est de tout donner pour se qualifier pour les JO.»

Aussi, le frère d’Alexandre et Thomas, ex-nageurs, donne plus d’importance au travail hors de l’eau. «J’ai compris que la musculation est très importante. Je m’adonne donc à trois séances très intenses chaque semaine. Et je fais aussi du pilates. Car, dans l’eau, ma marge de progression n’est pas si importante. En revanche, à l’extérieur, je peux faire mieux.» L’homme a évolué. Le haut niveau requiert d’autres exigences que celles qu’il connaissait adolescent. «Quand on est jeune, on prend les choses comme elles viennent. Je n’étais par exemple pas développé musculairement, mais cela suffisait à faire des résultats. Et avec l’âge, j’ai commencé à réfléchir un peu plus. Mais je continue à avoir confiance en moi.» Nils Liess gagne peut-être moins, voit certains lui passer devant, mais il s’éclate toujours autant.

«Être dans l’ombre, c’est quelque chose assez facile à accepter. Je donne le meilleur de moi-même, sans être dans l’éternelle déception. Je ne nage pas pour être dans la lumière, je n’ai aucune jalousie envers Jérémy (ndlr: Desplanches) ou un autre. Au contraire, on s’entend bien et cela fait plaisir de voir d’autres Genevois ou Suisses faire des résultats.»

Quant à son propre chemin, Nils Liess le voit bien se poursuivre jusqu’en 2024. Il se trouve de nouveaux défis, comme lorsqu’il a décidé d’abandonner le papillon pour le crawl il y a un peu plus de deux ans. «Tant que je peux faire ce que j’aime, je profite, même si je sais qu’il y a plein d’autres belles choses à faire dans une vie», philosophe-t-il. En attendant, seul «le rêve des Jeux» l’anime. Le compétiteur n’a pas disparu.

Créé: 16.01.2020, 20h49

Sans Jérémy Desplanches

Cela fait 53 ans que les Vernets tiennent une place respectée pour les nageurs internationaux. Lancé en 1967, le Challenge international de Genève (CIG) conserve son attrait. Ce sera une nouvelle fois le cas pour cette édition qui se dispute de vendredi à dimanche.

Il faut dire qu’il est un des premiers meetings de l’année à se courir en grand bassin. L’occasion pour les meilleurs de se tester une première fois en situation de course. Et pour les locaux d’affronter une concurrence relevée pas loin de chez eux.

Cette année, petite déception pour les organisateurs: ils doivent faire sans Jérémy Desplanches, parti à Pékin pour les Champions Swim Series. La rançon du succès, pour Genève Natation. «Il est tellement sollicité que c’est forcément plus dur à gérer, accepte Tony Ulrich, manager du club des Vernets. Mais il y aura d’autres athlètes suisses de haut niveau à voir, comme Roman Mityukov ou Maria Ugolkova.» Ils profiteront d’une répétition générale avant les championnats nationaux qui auront lieu du 2 au 4 avril dans le même bassin.

Côté têtes d’affiche, pas de noms retentissants pour cette fois, mais des médaillés. Comme la Hongroise Evelyn Verrasztó, plusieurs fois sur le podium lors de championnats d’Europe, ou l’Italien Fabio Scozzoli, qui a glané quelques métaux mondiaux. Les Français Mélanie Henique et Clément Mignon présentent aussi de belles références. Tout ce beau monde se confrontera les matins en séries et les après-midis pour les finales.

Sans Jérémy Desplanches

Cela fait 53 ans que les Vernets tiennent une place respectée pour les nageurs internationaux. Lancé en 1967, le Challenge international de Genève (CIG) conserve son attrait. Ce sera une nouvelle fois le cas pour cette édition qui se dispute de vendredi à dimanche.

Il faut dire qu’il est un des premiers meetings de l’année à se courir en grand bassin. L’occasion pour les meilleurs de se tester une première fois en situation de course. Et pour les locaux d’affronter une concurrence relevée pas loin de chez eux.

Cette année, petite déception pour les organisateurs: ils doivent faire sans Jérémy Desplanches, parti à Pékin pour les Champions Swim Series. La rançon du succès, pour Genève Natation. «Il est tellement sollicité que c’est forcément plus dur à gérer, accepte Tony Ulrich, manager du club des Vernets. Mais il y aura d’autres athlètes suisses de haut niveau à voir, comme Roman Mityukov ou Maria Ugolkova.» Ils profiteront d’une répétition générale avant les championnats nationaux qui auront lieu du 2 au 4 avril dans le même bassin.

Côté têtes d’affiche, pas de noms retentissants pour cette fois, mais des médaillés. Comme la Hongroise Evelyn Verrasztó, plusieurs fois sur le podium lors de championnats d’Europe, ou l’Italien Fabio Scozzoli, qui a glané quelques métaux mondiaux. Les Français Mélanie Henique et Clément Mignon présentent aussi de belles références. Tout ce beau monde se confrontera les matins en séries et les après-midis pour les finales.

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