«Nous avons une cible dans le dos»

BasketballDimanche, Houston entame ses play-off face à Minnesota. Clint Capela est devenu un élément clé du succès des Rockets. Entretien.

Sous les paniers, Clint Capela réalise une saison impressionnante avec les Houston Rockets.

Sous les paniers, Clint Capela réalise une saison impressionnante avec les Houston Rockets. Image: Keystone

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Houston a terminé la saison régulière avec 65 victoires pour 17 défaites, soit le meilleur bilan de toute la NBA. Conséquence: la franchise texane est assurée de bénéficier de l’avantage du terrain durant tous les play-off. Dès ce week-end, les Rockets étrenneront leur statut de favori face aux Timberwolves de Minnesota.

En fin de contrat à Houston, Clint Capela sera en position de force sur le marché des agents libres. Il devrait, selon toute vraisemblance, pouvoir signer un nouveau contrat de quatre à cinq ans pour près de 100 millions de dollars. De quoi lui faire prendre la grosse tête? Ne comptez pas sur lui. Entre rires et bonne humeur, le pivot genevois, 23 ans, est un homme heureux. Et cela s’entend.

Clint Capela, votre coach a dit que vous êtes la principale raison de la bonne saison des Rockets. Rien que ça.
(Rires) Rien que ça, oui! Je suis très honoré de ce que dit Mike D’Antoni. Je suis conscient d’avoir réalisé de loin la meilleure saison de ma carrière. Mais si j’ai pu y arriver, c’est aussi parce qu’il m’a donné toutes les opportunités dont j’avais besoin. Dès le premier match de la saison, il m’a fait confiance pour être le titulaire à mon poste. Dans ces conditions, c’est plus facile de travailler sereinement.

Avez-vous l’impression d’être traité différemment par vos adversaires, désormais?
C’est peut-être ce qui m’a le plus frappé cette saison. Les équipes adverses s’attendent à moi et jouent en fonction de moi. Je n’y étais pas forcément habitué jusqu’à présent. Mais je le prends comme une belle marque de respect.

Votre progression, cette saison, a été notable dans pleins de domaines. Mais duquel êtes-vous le plus fier?
La constance. Dans cette ligue, tu n’as jamais le droit de te reposer sous peine de te faire bouffer par l’équipe adverse. Il faut donc être capable de jouer au même niveau le plus souvent possible. Il y a forcément des baisses de forme qui amènent à certaines petites baisses de régime. Mais cette saison j’ai réussi à jouer à un niveau élevé de novembre à avril. C’est ce dont je suis le plus fier.

Vous avez presque rendu banal, pour le public Suisse, de voir un compatriote claquer des 25 points et 12 rebonds. Vous rendez-vous compte de cela?
(Rires) Ce n’est tout de même pas tous les soirs aussi simple. Mais je suis content de voir que mes performances sont remarquées au pays. Nous avons une équipe avec de nombreux excellentsshooteurs à longue distance. Cette menace extérieure me permet d’aller au charbon et de faire ma partie du job. Il y a des soirs où l’on me respecte plus et je dois savoir me mettre au service des autres, quitte à être moins en lumière. Tant que le succès est au rendez-vous, ce n’est pas un problème.

Vous êtes le joueur le plus adroit de la ligue avec 65,2% de réussite aux shoots. Et dire qu’au début vous aviez manqué vos dix premiers tirs en carrière…
(Il éclate de rire) Ne m’en parlez pas! C’était une période franchement compliquée. Je ne le vivais pas bien. Je savais ce dont j’étais capable, mais c’est comme si je ne savais plus le faire au moment où j’entrais sur le terrain. Aujourd’hui, cela paraît tout de même bien loin, non?

Et pourtant c’était il y a trois ans et quelques. Cela vous paraît loin?
Oui et non. Il y a un monde d’écart entre le joueur que j’étais et celui que je suis devenu. L’avantage, c’est que tu n’as jamais vraiment le temps de prendre du recul. De te poser. Chaque jour c’est un nouveau défi. Je le dis sans me cacher: je ne suis pas capable de prendre du recul sur ce que je réalise. Je regarde devant moi et je fonce. Je laisse aux autres le soin d’analyser et je me concentre sur mon truc. Moi, je rentre sur le terrain et je prends du plaisir. C’est peut-être aussi ça le secret: m’amuser. Depuis que je suis à Houston, j’ai le sourire et je m’épanouis.

Devant vous il y a désormais les play-off. Impossible de ne pas vous considérer comme favoris, non?
C’est ce que dit le bilan de la saison régulière. Mais les play-off c’est une autre forme de bataille. C’est usant moralement et physiquement. Tous les deux jours, il faut affronter la même équipe. Plus tu joues, plus ça devient dur. Ils connaissent tous nos coups bas, nous connaissons tous les leurs. Bref, c’est bien joli d’avoir le meilleur bilan de la ligue. Cela nous donne l’avantage du parquet. Mais à part ça, cela ne garantit rien d’autre.

Pour le grand public, vous êtes dans l’ombre de Golden State et des superstars que sont Stephen Curry ou Kevin Durant.
Oui, c’était le cas avant la saison. À cet instant, toute l’attention était focalisée sur eux. Ils sont champions en titre et possèdent deux joueurs qui ont déjà gagné des titres de MVP (ndlr: meilleur joueur de la ligue). Mais plus nous gagnions, plus on parlait de nous. Nous n’avons pas perdu durant un mois complet. Je peux vous dire qu’à ce moment, l’attention était également focalisée sur nous. Désormais, nous sommes attendus au tournant. Nous devons prouver que nous sommes aussi une équipe de play-off. Pour faire simple, nous avons une cible dans le dos désormais. Tout le monde va vouloir nous battre.

De savoir que vous êtes en fin de contrat, cela vous met une pression supplémentaire?
Quand tu as la chance de jouer dans la meilleure équipe de la ligue et que le staff te fait confiance, quel serait l’intérêt de se mettre de la pression sur les épaules? Il y a sûrement des joueurs qui ont des positions bien moins enviables que la mienne. Le marché ne sera pas ouvert avant le 1er juillet. Il y a donc assez de choses qui peuvent se passer entre-temps.

Comme gagner un titre, par exemple?
Par exemple, oui (rires). (24 heures)

Créé: 13.04.2018, 19h43

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