Peter Sagan, bon à tout faire et champion hors norme

CyclismeLe triple champion du monde a signé seize succès d’étape sur le Tour de Suisse. Qui dit mieux? Personne!

Peter Sagan a toujours gagné au moins une étape du Tour de Suisse lors des huit dernières années.

Peter Sagan a toujours gagné au moins une étape du Tour de Suisse lors des huit dernières années. Image: Keystone

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Il a l’étoffe d’un héros moderne. Il a l’étoffe d’un champion protéiforme, toujours moulé dans un maillot distinctif. Trois fois champion du monde consécutivement, cinq fois maillot vert du Tour de France, Peter Sagan est un personnage pas comme les autres, un coureur à part dans le peloton. Son style détonne et séduit le public.

Au Tour de Suisse, le Slovaque (28 ans) est comme dans son jardin. Cela fait huit ans d’affilée qu’il lève les bras à la manière infaillible d’un automate. Un automate génial. Il suffit d’appuyer sur le bouton à la flamme rouge et Sagan sort tel un diable de sa boîte pour (presque toujours) brûler la politesse à ses adversaires.

Sur la boucle nationale, il a fêté 16 succès d’étape, la dernière remonte à dimanche, à Frauenfeld. Qui dit mieux? Personne! Il laisse loin derrière lui un trio de trois coureurs Fabian Cancellara - qui fut son meilleur ennemi - Ferdi Kübler et Hugo Koblet (11 bouquets). À propos de ces deux derniers, Sagan avoue n’en avoir jamais entendu parler. On peut ignorer l’histoire de son sport et entrer de plain-pied dans celle-ci.

Comme au trial

Aurélien Clerc (2e d’un Gand-Wevelgem) a croisé Peter Sagan dans l’ascenseur. Quand le sprinter vaudois (38 ans) a mis la flèche en 2009, le Slovaque (1,84 m pour 73 kg) a commencé à montrer sa roue arrière au peloton. À l’exception de cette année, Clerc a assisté à tous les succès de Sagan en direct, en sa qualité de chauffeur VIP sur les routes de la boucle nationale.

«Son sens de l’anticipation et son sens du placement sont formidables. Ils lui ont souvent permis de faire la différence dans les finals tortueux que propose parfois le Tour de Suisse. Il n’a pas besoin d’un grand «train» pour le mener dans les derniers hectomètres. Pour se faufiler et jouer la gagne, il n’a pas son pareil.» Sa ruse et son instinct le guident. Sagan n’est pas emprunté dans les virages en équerre. Au contraire. S’il n’a pas la vitesse pure de Marcel Kittel, André Greipel ou Arnaud Démare, il sait pourtant s’imposer dans un sprint massif.

La maîtrise technique de Sagan suscite de même l’admiration de notre interlocuteur: «Il fait littéralement corps avec son vélo. Il poste des vidéos sur les réseaux sociaux où on le voit faire ce qu’il veut avec son engin. Autrefois, on disait qu’un coureur devait pratiquer le cyclo-cross pour maîtriser son sujet. Lui, il fait carrément du trial.»

Parce qu’il est entouré par une petite équipe en mode PME et qu’il possède un sens aigu de la communication, le vainqueur de Paris-Roubaix affiche aussi la couleur de son entraînement physique sur Twitter. «Il fait le grand écart. Il lève des poids, travaille son gainage. Peter est vraiment impressionnant. Il ne fait pas semblant. C’est un athlète parfait, rigoureux.» On est loin de l’image du personnage fantasque, facétieux aux allures de rock star qu’on lui prête et… qu’il cultive. Il monte sur le podium avec ses lunettes de ski. En 2013, sur celui du Tour des Flandres, il avait pincé les fesses d’une hôtesse. «C’était juste une blague.» Of course. En conférence de presse, il arbore volontiers une moue détachée comme gagné par l’ennui.

Le mieux payé

«Tactiquement, Sagan fait tout juste», commente Daniel Atienza. «Dimanche, dans la côte précédant l’arrivée à Frauenfeld, il a fait rouler son équipe et durci la course pour émousser Gaviria.» Résultat des courses: le Colombien, meilleur sprinter du moment, a du convenir de l’inanité de ses efforts et s’avouer battu lors de l’emballage final. «Sagan est un phénomène. Il dépasse le cadre du sport», souligne Atienza. Au bénéfice d’un contrat de six millions d’euros, le coureur de Bora est le coureur le mieux payé du peloton. «À l’instar de Federer ou de Nadal, Sagan est une marque.»

Aurélien Clerc enchaîne: «Sagan ne fait pas les choses à moitié. Il donne beaucoup de lui-même. On l’a vu à Paris-Roubaix. Sa façon de courir fait du bien au vélo.» Giovanni Lombardi, l’ancien pro, aujourd’hui son agent, assure: «Peter retient tout de chacune de ses expériences.» Le natif de Zilina se souvient-il qu’à ses débuts pros, en 2010 à l’occasion de la Cancer Council Classic, il s’échappa dans les rues d’Adélaïde en compagnie d’un certain Lance Armstrong? (nxp)

Créé: 11.06.2018, 20h44

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