Pour Yoan Granvorka, la NBA est passée de rêve à objectif

BasketballLe Vaudois exilé en France (20 ans) est à un moment charnière de son début de carrière. Rencontre.

Yoan Granvorka vient d’être sacré champion de France espoirs avec le SLUC Nancy.

Yoan Granvorka vient d’être sacré champion de France espoirs avec le SLUC Nancy. Image: DR

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Cherchez l’intrus. Son papa, Séverin, et son demi-frère, Frantz, sont des anciens internationaux français de volleyball. Sa maman, Mireille, et sa soeur, Inès, ont également marqué la discipline, mais en Suisse. Yoan Granvorka? Il a aussi fait du ballon son outil de travail. Reste que le sien est plus lourd, plus grand. Et orange.

Vous l’aurez compris: au sein d’une famille de volleyeurs accomplis, le jeune vaudois (20 ans depuis vendredi) a opté pour le basketball. «J’ai longtemps pratiqué les deux sports, à Morges Basket et au VBC Cossonay. J’ai même été appelé plusieurs fois en équipe de Suisse juniors de volley. Mais, à 16 ans, j’ai dû faire un choix. Et, au bout d’une grosse réflexion, le basket a primé. Je me suis dit qu’il fallait bien une expérience un peu plus originale dans la famille», rigole-t-il.

Direction l’Hexagone et le Stade Lorrain Université Club (SLUC) Nancy, avec qui l’arrière-ailier (198 cm) vient de fêter un titre de champion national espoirs. Mais, après quatre saisons chez les jeunes en France, il veut désormais passer la vitesse supérieure et décrocher son premier contrat professionnel en Europe. En ligne de mire, à moyen terme, la NBA.

Dans l’idée de devenir un jour le troisième Suisse – après Thabo Sefolosha et Clint Capela – à militer dans la prestigieuse ligue nord-américaine, Yoan Granvorka s’était d’ailleurs inscrit à la prochaine draft, avant de se retirer de la liste en début de semaine. Le but de la manœuvre? «Avant tout faire connaître mon nom, car le championnat de France espoirs ne dispose pas d’une grande visibilité.» Deuxième objectif: recevoir des invitations pour participer aux traditionnelles journées de tests organisées par les franchises de NBA en vue du repêchage (22 juin).

Un profil qui colle

Le Morgien a du reste réalisé deux essais lors des dix derniers jours: un, peu concluant, du côté du Thunder d’Oklahoma City, et un autre plus réjouissant chez les Phoenix Suns. «Les dirigeants semblent intéressés à me recruter pour me placer dans un premier temps en D-League (ndlr: championnat mineur réservé aux clubs fermes des franchises NBA). Je n’ai pas d’offre concrète. Reste que si ça devait arriver, j’y réfléchirais, explique-t-il. Dans un sens, c’est une porte d’entrée vers la NBA. Mais, si je parviens à obtenir un contrat professionnel en Europe, je privilégierai cette voie.»

Son récent séjour dans l’Arizona a surtout permis à Yoan Granvorka d’y voir plus clair. «Les coaches que j’ai rencontrés à Phoenix m’ont dit que mon profil correspondait à la NBA. Et les tests que j’ai effectués ont mis en lumière les axes de travail sur lesquels je dois me focaliser: notamment sur le plan de la masse musculaire et de la régularité au shoot (ndlr: il a affiché 36,6% de réussite aux tirs cette saison). Avant mon essai chez les Suns, la NBA était un rêve, pour moi, parce que je n’étais pas persuadé d’avoir le niveau pour y évoluer. Aujourd’hui, grâce aux différents échanges que j’ai eus avec les entraîneurs, c’est devenu un objectif, car j’ai pris conscience de mon potentiel et je sais ce que j’ai à faire pour progresser.»

Une question de rôle

Le Vaudois vise la draft 2018. «Mais je m’y inscrirai pour de bon que lorsque je me sentirai prêt. Si ce n’est pas l’été prochain, ce sera le suivant», nuance-t-il. Tout dépend du contrat que Yoan Granvorka décrochera au cours des semaines à venir. «Et surtout des responsabilités que l’on me confiera. Si je veux rejoindre la NBA, il faut auparavant que je réalise une année pleine, avec un rôle en vue, susceptible de taper dans l’œil des recruteurs.»

Afin d’obtenir le meilleur tremplin possible vers l’Amérique du Nord, le Morgien, binational («je suis suisse dans ma tête mais j’ai l’ambition de jouer en équipe de France seniors»), a l’occasion de se mettre en vitrine avec la sélection espoirs de l’Hexagone, qui disputera l’EuroBasket U20 en Grèce en juillet. «En faisant un bon Euro, j’aurais davantage de chances de recevoir une proposition intéressante.»

Yoan Granvorka doit tout d’abord se faire une place parmi les 12 élus qui seront du voyage en Grèce (ils sont actuellement 16 sur la liste du sélectionneur). Et ce, dès jeudi, date du coup d’envoi du stage de préparation des Bleuets. «Je pense qu’on peut dire que je suis à un moment charnière de mon début de carrière», conclut le jeune homme, décidé à bien aborder un virage qui pourrait conditionner son avenir. (24 heures)

Créé: 13.06.2017, 19h51

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