Roger Federer dévoile des anecdotes croustillantes sur ses vingt années à Paris

TennisDe retour à Roland-Garros, le Bâlois revient sur deux événements décisifs dans sa carrière

Roger Federer évoque ses souvenirs parisiens.

Roger Federer évoque ses souvenirs parisiens. Image: KEYSTONE

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Il y avait une certaine indécence à questionner Roger Federer sur son passé, son âge vénérable et ses souvenirs de guerre, comme si l’histoire était déjà finie. Mais comment résister à autant d’anecdotes croustillantes et de chiffres bien ronds?

Il y a vingt ans exactement, le minot faisait ses débuts en Grand Chelem sur le court Suzanne-Lenglen, casquette à l’envers sur des bouillonnements de surdoué cabochard. «J’affrontais Rafter, raconte-t-il avec bonheur. Pat avait la réputation d’être l’un des joueurs les plus cool du circuit. Il avait cette aura de gars sympa, fair-play et proche des gens. J’étais très content de l’affronter, lui, dans un grand stade, plutôt que d’aller perdre bêtement sur le court No 23 devant une centaine de personnes.»

Federer rit presque de son effronterie: «À l’époque, l’ATP attribuait des bonus pour chaque victoire contre un top 5. J’avais calculé dans ma tête que je pouvais doubler la mise et empocher 90 points. Si je réussissais l’exploit ou si le mec se tordait une cheville, je faisais un bon prodigieux au classement. Mais très vite, j’ai vu ces 90 points défiler comme l’âne voit avancer la carotte devant lui.»

Il y a dix ans exactement, à Roland-Garros toujours, Roger Federer devenait le deuxième joueur de l’ère open à remporter les quatre trophées du Grand Chelem. «Est-ce le tournoi dans lequel j’ai ressenti le plus de pression? Possible. Après la défaite de Rafa (Nadal), une méga-attente a commencé. Je n’avais plus le choix: si je voulais gagner Roland-Garros, c’était maintenant. Tout le monde le répétait en boucle: je n’avais pas le droit d’échouer. Honnêtement, les dix jours suivants m’ont paru une éternité. Au lieu de rendre mon tournoi plus facile, l’élimination de Rafa l’a immédiatement compliqué. Je suis fier, aujourd’hui encore, d’avoir su gérer ce stress.»

En couche-culotte

Le Bâlois conserve également «un souvenir très précis de la finale entre Martina Hingis et Steffi Graf», non en raison de l’esclandre provoqué par «la princesse de Trübbach», mais parce que «Martina et moi avions le même âge et, tandis que je portais encore des couches-culottes, elle était No 1 mondiale».

C’est peut-être à Roland-Garros, aussi, que Roger Federer a vécu les défaites les plus humiliantes de sa carrière. La finale de 2008 contre Rafael Nadal, sans aucun doute (6-1 6-3 6-0). «J’ai sûrement perdu Wimbledon juste derrière à cause de cette gifle», avoue-t-il enfin. Mais aussi la défaite contre Luis Horna au premier tour de Roland-Garros 2003. «Mentalement, j’ai eu la mauvaise approche. Je suis entré sur le court en pensant déjà au trophée. Après la perte du premier set, j’ai vu une montagne face à moi. J’étais jeune et con», raconte-t-il dans L’Équipe. Un mois plus tard, Roger Federer triomphe à Wimbledon et ouvre son palmarès en Grand Chelem. «J’ai tout repris à la base et j’ai changé ma manière de penser. Cette défaite contre Horna a été un acte fondateur.» L’histoire continue.

(TDG)

Créé: 24.05.2019, 23h03

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