Roger Federer fait sauter les comptes en banque

TennisLa Laver Cup prévue à Genève sera l’un des événements les plus chers jamais organisés en Suisse. Pourtant les billets se sont arrachés.

Roger Federer, ici avec Nadal, frappe un grand coup avec «sa» Laver Cup, qui se tiendra cette année à Palexpo. Un événement exceptionnel à prix exceptionnels.

Roger Federer, ici avec Nadal, frappe un grand coup avec «sa» Laver Cup, qui se tiendra cette année à Palexpo. Un événement exceptionnel à prix exceptionnels. Image: AP

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C’est, du 20 au 22 septembre, l’événement sportif de l’année à Genève; la manifestation romande la plus onéreuse de l’histoire, la «place to be» que tout le monde s’arrache. Voir Roger Federer et… mourir? Comme Naples? Cela n’a pas de prix. Un petit tour sur Ticketcorner nous indique que pratiquement tous les billets sont partis en quelques heures. Plus fort que Paléo! Et de s’entendre dire, en tapant 1 à 1 fr. 19 la minute, au 0900 800 800, que «désolé Monsieur, tous nos collaborateurs sont occupés», avant qu’un employé nous confirme, après avoir appuyé sur le 2, qu’il n’y a – «encore désolé» – plus de forfait en vente pour assister aux cinq sessions (étalée sur trois jours). Mais que nous pouvons nous enregistrer sur une liste d’attente, sur le site de la Laver Cup, pour un billet d’une seule journée, si on a de la chance.

On peut aussi s’aventurer sur d’autres sites internet, pas vraiment officiels, qui proposent des gammes de prix entre 306 francs (c’est donné) pour une session de nuit (avec ou sans Federer) à un forfait VIP de trois jours allant jusqu’à… 25'000 francs! «Je comprends qu’on puisse casser sa tirelire pour Federer, estime Sophie Mottu-Morel, directrice du Concours hippique de Genève. Je le vois avec notre manifestation, ce ne sont pas les prix qui retiennent les acheteurs. À événement exceptionnel, prix exceptionnel. Si je trouve une place pour me rendre à Palexpo, comme je l’avais fait pour la Coupe Davis, j’irai volontiers, j’adore le tennis.» Et surtout le Bâlois, qu’elle est prête à inviter en décembre au CHI…

«Moi, pour voir jouer Roger Federer, je serais prêt à payer très cher, renchérit le journaliste polémiste et acteur Pierre Ménès, fan inconditionnel du Bâlois. Depuis quatre ans, je regarde tous ses matches comme si c’était le dernier. Je crois que les gens banalisent trop ce que Federer est en train de faire. Cinquième mondial à 38 ans, c’est prodigieux. Quant à la Laver Cup, c’est la preuve qu’on peut inventer une compétition de toutes pièces et connaître un succès énorme en deux ans, même avec des prix de dingue, parce qu’il y a de grands joueurs et que c’est bien organisé. Et parce qu’à part Borg, Nadal et McEnroe, il y a surtout Federer.» Et le Français d’ajouter, au bord des larmes: «Vous savez, je l’ai vu récemment à Bercy et je lui ai expliqué que trois jours après ma greffe, il a battu Nadal à Melbourne et que cela m’a donné un gros coup de pouce dans ma guérison. On s’est pris dans les bras, c’était émouvant. J’ai toujours un rêve de taper un jour la balle avec lui…»

«Dans un hangar»

Tout aussi admiratif du «Maître», le metteur en scène Denis Maillefer a hésité à casser sa crousille, avant de renoncer. «Même s’il sera toujours aussi élégant sur un court, je préfère voir Federer dans une rencontre qui compte, où il y a un enjeu et une autre tension, s’exclame le Vaudois, codirecteur de la Nouvelle Comédie de Genève. Je comprends que c’est peut-être la dernière fois qu’il vient à Genève, mais je serais plus tenté de me rendre à Bâle. À Palexpo, on a l’impression d’être dans un hangar et pas dans un endroit chargé d’histoire, même si l’impression visuelle de cette Laver Cup, avec des mecs en couleur dans un environnement noir et blanc, a quelque chose d’étrange.» Comme de l’art.

Federer ou Picasso?

Organisateur de grands événements, Daniel Perroud n’est pas étonné de cette ferveur autour de cette compétition. «Pourquoi tu achèterais une toile de Picasso si tu flashes sur Roger?, sourit le Genevois. Les billets se seraient arrachés à n’importe quel prix parce que tu sais qu’avec des joueurs d’exception et Federer, qui fait rêver tout le monde, tu auras un spectacle magnifique. Tu achètes un truc qui te donne forcément une certaine garantie. Car d’un autre côté, si tu veux voir Mayweather ou un gros combat de boxe poids lourds à Londres, tu vas payer ta chaise de ring entre 5000 et 10'000 francs et cela peut durer trente secondes! Avec Federer, on est dans une autre dimension, tu veux le voir avant qu’il ne s’arrête, c’est vrai. Il faut en profiter car une fois qu’il sera à la retraite, je ne sais pas ce que deviendra la Laver Cup…»

Il ne reste plus qu’à trouver un billet. «Je ne suis pas certain que tout a été vraiment vendu, des tickets seront encore en vente au dernier moment», nous souffle un informateur proche du milieu. Comme à Paléo…

Créé: 27.03.2019, 21h36

«Ce n’est pas le même monde»

Du côté des Eaux-Vives où le décor au bord du lac est somptueux, on n’est pas du tout envieux du succès que connaît la Laver Cup. «Nous n’organisons pas le même événement, explique Laurent Ducret, responsable presse du Geneva Open. La Laver Cup est un show, magnifique il est vrai, alors que nous organisons un vrai tournoi ATP de tennis. Ce n’est pas vraiment le même sport. Chez nous, en ce qui concerne les billets, les gens attendent de voir la météo avant de les acheter. Et c’est à partir de 25 francs. Je vous l’ai dit, un autre monde.»

C.MA.

«Nous, c’est au dernier moment»

«Cela fait rêver!» Directrice du Concours hippique de Genève, Sophie Mottu-Morel aimerait bien connaître ce même cas de figure avec sa manifestation. Mais, précise-t-elle, «les gens achètent leur billet (de 15 fr. à 160 fr.) de plus en plus tard. À l’exception des fidèles, ils se décident au dernier moment. Trois semaines avant le concours, on se demande toujours si on va remplir Palexpo. On constate aussi que les gens achètent les tickets les plus chers en loge (abonnement à 920 francs pour une semaine) en premier. Pour être sûrs d’avoir de bonnes places.»

C.MA.

Des «crazy tickets» pour les audacieux

Le Monster Energy Supercross Geneva, qui attire chaque année à la fin de novembre - début décembre plus de 30 000 passionnés de moto en deux jours à Palexpo, appliquent des prix populaires qui vont de 59 à 99 francs pour ceux qui s’y prennent au dernier moment. Mais comme c’était déjà le cas en 2018, les autres, les fidèles, qui ratent rarement ce spectacle à couper le souffle, ont pu bénéficier des «crazy tickets» en septembre avec des offres allant de 25 à 45 francs pour la soirée du vendredi soir. Cela devrait être encore le cas cette année pour la 34e édition.

C.MA.

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