Samantha Urbina, du Bois-des-Frères à Kuala Lumpur

TchoukballLa Genevoise coache l’équipe nationale masculine, qui participait vendredi aux quarts de finale des Mondiaux.

Samantha Urbina relève un défi passionnant à la tête de l’équipe de Suisse masculine de tchoukball.

Samantha Urbina relève un défi passionnant à la tête de l’équipe de Suisse masculine de tchoukball. Image: SWISS TCHOUKBALL/DAVID SANDOZ

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Il y a quelques jours, Samantha Urbina n’avait qu’une chose en tête: remporter les championnats du monde. Ce sera pour une autre fois. Vendredi, l’équipe nationale masculine de tchoukball qu’elle dirige s’est inclinée en quarts de finale à Kuala Lumpur. Les Suisses ont été éliminés par Taïwan (76-49), un mastodonte de la discipline qui n’a plus perdu un match depuis 2004. Avant cela, les résultats n’étaient pas loin d’assouvir les ambitions de la coach genevoise. Ses joueurs étaient facilement venus à bout de la Thaïlande (79-27) et du Vietnam (82-20). Mais c’est une courte défaite contre Singapour (63-51) qui les a contraints à se mesurer aux favoris taïwanais.

Cette équipe de Suisse ambitieuse est dirigée depuis 2015 par une jeune femme qui ne l’est pas moins. La Genevoise Samantha Urbina a découvert ce sport un peu par hasard. Avant de se lancer à l’assaut du trampoline, elle jouait au volley. C’est durant son adolescence qu’un de ses amis l’amène à un match de tchoukball. «C’était juste comme ça. Je trouvais drôle.» Elle ne se doute pas que le gag deviendra obsession.

Peu après, Samantha Urbina décide de se lancer. En Suisse, ce sport se pratique avec des équipes mixtes. Ce qui ne déplaît pas à cette «accro à la compétition». Mais après quelques années sur le terrain avec les Panthers de Meyrin, elle en veut plus. Ce sera diriger l’équipe nationale masculine. Un défi doublement intéressant: «C’est un nouveau sport, qui laisse beaucoup de possibilités de création, souligne la Genevoise. Ce qui m’a motivée, c’est de participer au développement du tchoukball et d’explorer de nouvelles techniques.» Sauf qu’il est impossible de vivre de ce sport en Suisse. Alors la trentenaire, malgré son poste prestigieux, doit jongler entre son travail d’informaticienne et sa casquette de coach.

Surprises en Malaisie

Même si elle participe à des actions de promotion de son sport de l’autre côté de la Sarine, le tchoukball n’est pratiqué presque qu’exclusivement par des Romands. Une aubaine pour Samantha Urbina, qui ne parle pas allemand. Les rivalités qu’entretiennent les clubs genevois et neuchâtelois animent habituellement le championnat suisse. Mais la concurrence s’estompe pour devenir complément lorsque les joueurs se retrouvent sous les couleurs nationales. «La majorité des ailiers droits jouent à Genève alors qu’à gauche, ils viennent de Neuchâtel», s’amuse la coach, sans faire de références politiques.

Néanmoins, au moment de préparer les compétitions d’envergure, l’écart géographique resurgit: «Nous nous sommes entraînés deux fois par semaine pendant un mois. Les Genevois travaillaient à la salle du Bois-des-Frères, les Neuchâtelois de leur côté.» Et lorsqu’on lui demande comment elle pouvait être aux deux endroits en même temps, elle répond: «Mes joueurs savent très bien ce que j’attends d’eux, ce n’était pas nécessaire.»

Finalement, c’est la tactique qui réunira la troupe. Pour peaufiner les schémas, toute l’équipe a participé à un week-end d’entraînement à Couvet dans le Val-de-Travers. Les athlètes suisses se sont aussi mesurés à leurs meilleurs ennemis, l’Italie. C’était juste avant de s’envoler pour l’Asie.

En arrivant à Kuala Lumpur, Samantha Urbina savait ce qu’elle voulait sportivement. Par contre, sur place, elle a découvert des préoccupations plutôt inattendues. «La salle n’était pas prête, deux de mes joueurs ont failli se blesser sur les installations.» La veille de la compétition, elle s’étonnait aussi du fait que «les salles, pourtant extraordinaires avec leurs gradins, devaient encore être nettoyées… Nous nous sommes tous demandé comment ce serait possible d’y jouer.» Malgré ces imprévus, la coach a gardé le sourire. Les repas? Vingt-quatre heures avant le début de la compétition, la délégation n’avait encore aucune info. Mais la coach avait prévu un plan B en cas de mauvaise surprise: le supermarché.

Un nouvel atout

Malgré la défaite en quarts de finale, l’aventure de l’équipe nationale continue ce samedi avec comme objectif de décrocher le 5e rang mondial. Avec un nouvel atout: un groupe de fans arrivé pour les soutenir. En effet, quelques-unes des amies des joueurs ont profité de la compétition pour organiser des vacances en Malaisie. Après tout, les internationaux se sont tous déplacés en Asie à leurs frais. Pourquoi ne pas en profiter?

Créé: 09.08.2019, 21h55

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