Six mois de galère pour réaliser un dernier rêve

BodybuildingL’Yverdonnois Georges Beyeler, troisième au championnat du monde en Ukraine, a gagné son pari.

Georges Beyeler a terminé au 3e rang de sa catégorie des lourds taille moyenne aux Mondiaux en Ukraine. La récompense de six mois de travail acharné et de privations.

Georges Beyeler a terminé au 3e rang de sa catégorie des lourds taille moyenne aux Mondiaux en Ukraine. La récompense de six mois de travail acharné et de privations. Image: VANESSA CARDOSO

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«Regarde comme il est beau, papa», souffle Coralie à l’oreille de sa fille Timéa. L’épouse de Georges Beyeler – dans l’attente d’un heureux événement – n’est pas peu fière de son homme, tandis qu’il prend la pose devant les miroirs d’une salle de fitness yverdonnoise. C’était la veille de son départ pour l’Ukraine, à Lviv, où se tenait ce week-end le championnat du monde WABBA (l’association mondiale de bodybuilding amateur). «Je rêve d’un top 6», glisse-t-il, le muscle parfaitement découpé. Le résultat final ira bien au-delà de ses espérances: une troisième place mondiale de la catégorie des lourds taille moyenne. Une sacrée performance pour ce bodybuilder qui a ainsi exaucé son rêve à presque 39 ans.

L’Yverdonnois s’était remis à la compétition l’an dernier. «Après mon titre de champion de Suisse chez les mi-lourds en 2013, j’avais mis la compétition de côté. J’avais atteint tous mes objectifs», souffle-t-il. C’est en vacances, l’année passée, que son épouse Coralie lui a suggéré: «Et si tu recommençais?» Avec du recul, il se marre: «Lorsque nous nous sommes rencontrés, je ne faisais plus de compétition. Alors elle ne se rendait certainement pas compte des sacrifices que cela implique. Préparer un championnat, c’est six mois de galère. Pour tout le monde…»

Le bodybuilding, discipline terriblement exigeante et ingrate, est devenu un sport d’équipe pour les Beyeler, qui forment une famille recomposée avec trois enfants. «Honnêtement, je ne pensais pas arriver à revenir au meilleur niveau avec une famille et mon emploi de mécanicien aux CFF. Sans Coralie, je n’y serais jamais arrivé. Elle m’a préparé des repas pesés au gramme près, elle s’est occupée des enfants lorsque j’avais besoin de repos. Elle a tout géré. Au final, elle a fait autant de sacrifices que moi.» Des heures d’entraînement, des tonnes de fonte soulevées et d’inévitables frustrations liées à un régime draconien. «Le bodybuilding, ça ne pardonne rien. Si tu commets un seul écart alimentaire, cela se voit. Un footballeur, par exemple, va aussi se plier à une hygiène de vie stricte, mais s’il mange de temps en temps une pizza, personne ne s’en rendra compte. Depuis le 14 février, je n’ai pas commis le moindre écart.»

Assécher ses muscles

Une semaine avant la compétition en Ukraine, Georges Beyeler s’était nourri exclusivement de poisson, afin d’assécher ses muscles au maximum: on appelle cela une décharge. «Sept fois 300 grammes, toutes les trois heures, précise Coralie. La nuit, il devait mettre son réveil pour ne manquer aucune ration. Le bodybuilding, c’est vraiment un monde à part…»

Georges Beyeler pesait 120 kilos en fin d’année 2018, il a réduit sa masse musculaire à un peu plus de 90 kilos en vue du championnat du monde qu’il a bouclé sur le podium. Son atout? «Je suis très bien proportionné, que ce soit au niveau des jambes, du tronc et du haut du corps. Face aux meilleurs mondiaux de ma catégorie, je ne peux pas régater en termes de masse musculaire, mais j’ai une belle carte à jouer au niveau de l’harmonie.»

Cette dernière compétition en Ukraine, sur la scène internationale, sera aussi la dernière du compétiteur. «Je l’ai fait pour ma fille et ma femme, pour qu’elles me voient en compétition. J’ai donné tout ce que j’avais, j’ai mis toute mon énergie pour atteindre ce but une dernière fois. Je sais que je ne peux pas en faire davantage…» Un défi relevé avec brio et un pari réussi pour l’Yverdonnois.

Créé: 18.06.2019, 07h56

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