Sur gazon comme sur terre, Nadal déroule et lorgne le titre

TennisLe No 1 ATP a pour l’heure dérouté tous ses adversaires. Il se pose en sérieux rival de Federer et en prétendant au graal.

Rafael Nadal, qui a passé une première semaine sans le moindre problème, monte en puissance sur le gazon londonien.

Rafael Nadal, qui a passé une première semaine sans le moindre problème, monte en puissance sur le gazon londonien. Image: REUTERS

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

À le voir jouer à des jeux de société avec ses proches sur la terrasse du restaurant des joueurs, on ne peut s’empêcher de se dire qu’à Wimbledon, Rafael Nadal n’est pas tout à fait en «mission» comme il peut l’être à Roland-Garros, la terre de ses plus belles conquêtes, où seul le trophée catalyse son regard. Sa décontraction, ses rires et les théories dans lesquelles il se lance sous l’œil complice de son agent, Carlos Costa, renvoient l’image d’un bonhomme tranquille, à Londres. Mais méfions-nous de l’eau qui dort! L’Espagnol n’est en effet pas venu fouler le gazon pour faire de la figuration. Surtout pas. «Je ne dispute pas ce tournoi pour le plaisir de participer, mais bien pour aller le plus loin possible», indique-t-il à ceux qui oseraient en douter.

Toujours assis à la même table avant ses matches, souvent devant une assiette contenant du riz et du poisson, le No 1 mondial n’a pas eu le temps de se faire du souci en cette première semaine. Il a estourbi un à un ses adversaires: Dudi Sela, Mikhail Kukushkin et Alex De Minaur n’y ont vu que du jeu. C’est donc peu dire que même s’il ne sert pas aussi bien que Roger Federer, Rafa est un vrai candidat au titre, ici. Personne, d’ailleurs, ne prétend le contraire. Le tenant du trophée a bien remarqué que son rival «déroule» lui aussi sur un rythme soutenu. «Pour moi, Nadal est de ceux qui peuvent aller au bout, relève le Bâlois. Il a su se sortir aisément des premiers tours, qui peuvent toujours être piégeux ici, et il est en bonne santé. Alors oui, il va falloir compter avec lui!»

Aidé par la WTA

Un avis corroboré par le principal intéressé. «Je suis en pleine confiance, assure-t-il. À chaque match, j’ai mieux joué qu’au précédent. J’ai déjà effectué plusieurs pas en avant depuis mon arrivée ici.» Si bien que son relatif manque de compétition sur gazon – il a déclaré forfait pour le Queen’s, la seule épreuve qu’il devait disputer sur cette surface – n’a pas sauté aux yeux au long de son parcours jusqu’en huitième de finale. Peut-être parce qu’il a profité des installations du tournoi WTA de Majorque pour parfaire ses gammes. «Tout s’est bien passé pour moi durant ma semaine d’entraînement à la maison, reprend l’homme aux dix-sept titres du Grand Chelem. C’est une grande chose pour moi que de pouvoir jouer sur gazon sur mon île. Cela m’a autant permis de me préparer que de me reposer après mon lourd printemps sur terre battue. Mon corps en avait besoin. Je suis désormais dans les meilleures dispositions.»

Et pour cause, maintenant qu’il a laissé derrière lui la première semaine, Nadal entame un «autre tournoi», celui où ses frayeurs se sont dissipées et où les courts sont plus usés. Tout est donc réuni pour qu’il place un nouveau coup d’accélérateur. «Plus j’avance dans le tableau et plus je me sens à l’aise dans mes déplacements, observe-t-il. Le gazon se fait plus rare, on joue presque sur de la terre. De fait, je bouge mieux. Je suis davantage libéré au niveau des jambes, je peux me livrer à fond.»

Une folle demi-finale?

Lui qui a tant de fois entendu ses genoux grincer à Wimbledon pourrait même vivre un été particulier cette année. «Les conditions très chaudes que l’on connaît en ce moment et qui se poursuivront en deuxième semaine vont clairement faire du bien à Rafa, pose ainsi Tim Henman, ancien No 4 mondial et quatre fois demi-finaliste ici. Les balles vont bondir encore plus haut et l’aideront dans l’échange. À mes yeux, et ce n’est pas négligeable, il a un avantage clair sur Roger Federer pour la suite des opérations.»

L’observation ne rassurera pas les fans de «RF», encore moins ceux qui envisagent une finale qui serait le remake de celle de 2008, mais elle confirme que plus que jamais depuis 2010, Nadal peut filer vers le graal. Reste un détail, qui n’en est peut-être pas un finalement: dans sa partie de tableau, l’Espagnol voit encore deux «monstres» passer les tours – Juan Martín Del Potro et Novak Djokovic. Autant dire que le chemin vers le dernier «round» est encore long. Mais il en faut plus pour faire frissonner le principal intéressé.

«Parce qu’à Wimbledon, la première semaine est toujours la plus compliquée pour moi», sourit Rafael Nadal. Avant d’ajouter: «Tous les problèmes que j’ai connus durant ma carrière m’ont permis d’apprécier deux fois plus ce que je vis maintenant. Je suis heureux dans ma vie.»

Nul doute qu’il le serait encore plus avec un troisième Wimbledon accroché sur sa carte de visite.

(24 heures)

Créé: 08.07.2018, 18h35

Roger Federer lorgne le quart. Bencic mise au défi

Scène curieuse dimanche en début d’après-midi à Wimbledon. Alors que le «Middle Sunday» battait son plein et que les fans de tennis avaient privilégié une virée shopping à Londres ou un tour à la plage, Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic tapaient en même temps sur les courts d’Aorangi Park. Et ce avec le soin qu’on leur connaît, puisque les trois hommes – les trois favoris – seront contraints d’accélérer encore ces prochains jours pour espérer filer sur le graal. Mais ce lundi pourrait toutefois être plutôt «cool» pour eux. À l’instar de l’Espagnol (opposé à Jiri Vesely) et du Serbe (Karen Khachanov), le Bâlois semble en effet pouvoir déjà lorgner les quarts de finale, car sans vouloir faire injure à Adrian Mannarino, ce serait une incroyable sensation que de voir le Parisien s’offrir le scalp de «RF». «J’ai déjà accroché Roger à Bâle, mais l’affronter ici, dans son jardin, c’est vrai que c’est autre chose», relève d’ailleurs le No 26 ATP.
Bien qu’il soit conscient que «Manna» devra jouer le tennis de sa vie pour le battre, le «Maître» demeure prudent. «Adrian est un joueur plus solide du fond du court que ceux que j’ai affrontés lors des trois premiers tours, glisse le No 2 mondial. C’est en outre un meilleur retourneur. Alors il va me falloir être encore plus précis au service, encore plus à l’aise pour faire la différence.»
Pendant que «RF» cherchera à s’ouvrir la porte d’un seizième quart de finale à Church Road (!), Belinda Bencic tentera, elle, de vivre une grande première en atteignant elle aussi ce stade du tournoi. Battue en huitième de finale en 2015 par Victoria Azarenka, la Saint-Galloise a droit à un rendez-vous de luxe avec une autre ancienne No 1 WTA, Angelique Kerber. Pas simple, non, mais pas insurmontable. «Je vais devoir encore élever mon niveau de jeu, mais au moins je sais comment je devrai jouer, dit «Beli». Je me réjouis de vivre ce match, car je n’aurai rien à perdre.» Mais tant à gagner, dans un tableau féminin amputé de sept des huit premières têtes de série. A.CE.


En même temps
Roger Federer et Belinda Bencic, les deux Suisses encore en lice, joueront ce lundi à 13 h à Londres, 14 h en Suisse.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.