Xtreme de Verbier: «C’est comme si le temps s’arrêtait»

FreerideLa 21e édition se tient samedi en Valais. Comment les riders abordent-ils mentalement cette épreuve?

Triple champion du monde, Xavier de Le Rue s’est parfois fait de grosses frayeurs en dévalant le Bec des Rosses.

Triple champion du monde, Xavier de Le Rue s’est parfois fait de grosses frayeurs en dévalant le Bec des Rosses. Image: Keystone

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Le Bec des Rosses. Un départ à 3223 mètres d’altitude, plus de 600 mètres de dénivelé, une inclinaison de 50 degrés en moyenne et une multitude de rochers à éviter ou à sauter. «Au moment de s’élancer, la sensation est horrible, le stress énorme. Tu doutes de toi», explique Xavier de Le Rue, triple champion du monde de freeride. «Une fois que tu es dans la face, la concentration est telle que c’est comme si le temps s’arrêtait. Tu es dans un état de méditation, de transe, poursuit la Vaudoise Anne-Flore Marxer, titrée en 2011. Et puis, en arrivant au fond, tu te réveilles, et il y a plein de choses dont tu ne te souviens pas.»

En plus de faire office de manche finale dans la saison du Freeride World Tour, l’Xtreme de Verbier est l’étape la plus exigeante du circuit, celle qui pardonne le moins. «Le Bec des Rosses est bourré de pièges. Une erreur au mauvais endroit, et ça peut très mal finir», relève Xavier de Le Rue. La préparation mentale prend tout son sens, là où le moindre relâchement n’est pas permis. «Etre éveillé au maximum est vital», souligne Anne-Flore Marxer.

Tout commence la veille de la compétition, lors de l’inspection de la face et du choix de la ligne. «Il est fondamental d’opter pour une trajectoire qui reste dans la limite de ton potentiel. Pour ce faire, il faut avant tout bien se connaître, glisse le Français de 36 ans. Tu ne veux pas jouer avec la mort, mais le risque – mesuré – est ce que tu recherches. Le gros de l’analyse consiste à savoir quelle marge tu devras prendre selon les zones de la montagne. Il y a des portions où une chute sera sans conséquence, où tu pourras donc oser davantage, et d’autres où il faudra être plus prudent. Enregistrer tous les scénarios est impératif, car si tu es amené à changer de plan au dernier instant, à pleine vitesse, tu ne peux pas te permettre de tergiverser.»

Verrouiller les infos-clés

La nuit qui précède l’Xtreme? «Personnellement, je peine à dormir, confie le Valaisan Emilien Badoux, champion du monde en 2014. On se repose physiquement, mais ça cogite beaucoup dans la tête.»

Les freeriders profitent de la montée vers le sommet (environ une heure de marche) pour se mettre dans leur bulle. «C’est un temps d’introspection», raconte Anne-Flore Marxer. «Tu es seul, avec ta musique dans les oreilles, tu t’adaptes gentiment à l’altitude et tu te mets dans ton run, enchaîne Xavier de Le Rue. Tu visualises ta descente, à la manière d’un skieur alpin dans son portillon de départ, tu verrouilles les informations-clés dans ton esprit, et tu t’imagines en train de dévaler le Bec des Rosses sans problème.» Positif, toujours.

Derniers détails avant de s’élancer. «Je jette une boule de neige dans la pente, histoire de me rendre compte de la qualité du revêtement. Je prends une grosse respiration, et j’y vais.» A l’occasion de sa quinzième participation, ce matin à Verbier, le Français espère une manche moins mouvementée qu’il y a quelques années, lorsqu’il avait frôlé la catastrophe en terminant sa chute à quelques mètres d’une paroi rocheuse. «Des fois, quand tu regardes en arrière, tu te dis: Whaou! Là, j’aurais pu y rester. Pourquoi? Parce que j’étais trop décontracté. Il faut être dans un état de concentration totale pour arriver au bout de ton run.» (24 heures)

Créé: 01.04.2016, 22h04

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