Zidane quitte le Real par la grande porte

FootballLa décision de son entraîneur à succès d’abandonner son poste pose un vrai gros problème à l’omnipotent Florentino Perez.

La décision de Zinédine Zidane a pris tout le monde par surprise. Même son président, Florentino Perez.
Vidéo: KEYSTONE

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On ignore si Florentino Pérez est un homme superstitieux, mais le président du Real Madrid pourrait à l’avenir craindre comme la peste le chiffre 13. Au lieu de profiter du moment de grâce qu’aurait dû lui offrir la conquête de cette 13e Ligue des champions, celui qui a replacé, en quinze ans de présidence, le Real tout au sommet de la hiérarchie mondiale vit au contraire des jours difficiles. Ils ont commencé, samedi, par les allusions de départ de Ronaldo pour se poursuivre, jeudi, par le cataclysme qu’a constitué l’annonce de Zinédine Zidane.

La décision du Ballon d’or 1998 de quitter sa place d’entraîneur après avoir guidé le Real à une historique troisième victoire d’affilée en Ligue des champions a été aussi inattendue que traumatisante pour les Madrilènes et leur président. «Lorsque Zidane m’a communiqué sa décision, cela a été un grand choc pour moi, a admis Pérez. J’aurais aimé pouvoir le convaincre de rester mais je sais comment il est… Ce dont je suis certain, c’est que son départ n’est pas un adieu mais un au revoir.»

«J’ai pris la décision de partir parce que je sens que cette équipe a besoin d’un changement pour continuer à gagner»

Entre quatre yeux, Zidane avait expliqué à ce président qui l’avait transféré de la Juventus pour un montant record en 2001, puis intronisé sur le banc dans le scepticisme général en janvier 2016, les raisons de son départ. Il s’est ensuite exprimé devant la presse: «J’ai pris la décision de partir parce que je sens que cette équipe a besoin d’un changement pour continuer à gagner. Elle doit entendre un autre discours et avoir une autre méthodologie de travail. J’imagine bien que, pour beaucoup, mon choix est étrange, voire incompréhensible, mais pour moi il est logique. Peut-être que je me trompe, mais au moins cela aura été ma décision. Prise pour le bien de cette équipe. Tout au long de cette saison, nous sommes passés, en Liga surtout, par des moments compliqués que je n’ai pas oubliés.»

Si Zidane a aussi tenu à préciser qu’il n’était pas à la recherche d’un nouvel employeur, cette soudaine «liberté» met une grosse pression sur… Didier Deschamps. Bien que sous contrat jusqu’en 2020, le sélectionneur de l’équipe de France – qui n’est pas en termes idylliques avec son ancien coéquipier – sait désormais qu’un échec en Russie pourrait lui coûter très cher. Et ouvrir les portes de Clairefontaine à un coach qui sait, lui, associer spectacle et succès.

Une pression que connaîtra inévitablement son successeur à Madrid. Une place de prestige pour laquelle l’Argentin Mauricio Pochettino (Tottenham) tiendrait aujourd’hui la corde.

(nxp)

Créé: 31.05.2018, 17h14

Commentaire

La meilleure façon de partir

Après avoir brillé balle au pied sur le terrain, puis épaté le monde entier par sa clairvoyance et son audace sur le banc, Zinédine Zidane a montré, jeudi, qu’il est aussi devenu, en douze ans, un homme mûr et réfléchi. Sa décision de quitter, en pleine gloire, l’une des places les plus désirées du football mondial, est aux antipodes de ce fameux «coup de boule» de Berlin qui avait mis un terme contrasté à sa carrière de joueur, un soir de juillet 2006.

Mûrement réfléchi, son choix de partir est aussi courageux qu’intelligent. Courageux d’abord, car aucun entraîneur n’avait jusque-là, tout au long de la glorieuse histoire du Real Madrid, osé quitter le club sans en avoir auparavant été prié. Intelligent ensuite, parce que Zidane a bien compris, et surtout accepté, que son incroyable aventure sur le banc madrilène était désormais arrivée à son terme.

Pour avoir passé plus de quinze ans au sein du plus grand club de l’histoire du football, le Français connaît mieux que personne la gigantesque pression qui pèse au quotidien sur les épaules des joueurs et, surtout, des entraîneurs. Des hommes qui sont non seulement condamnés à toujours gagner, mais aussi à le faire en y associant la manière. Comme affirmait l’un de ses prédécesseurs, une saison au Real en vaut bien dix sur n’importe quel autre banc.

Les difficultés et les violentes critiques endurées cette année en championnat ont donc largement contribué à son départ. Comme sa conviction que l’équipe actuelle était arrivée au bout de son fantastique chemin. Pour que le Real continue de gagner, il aura besoin de gros changements qui, sauf miracle, ne parviendront pas tout de suite à enrichir davantage l’impressionnant palmarès du club.

En moins de 900 jours passés sur le banc du Real, Zidane aura conquis 9 trophées sur les 13 possibles. Un bilan inégalable qu’il ne voulait surtout pas ternir.

André Boschetti

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