À vélo électrique en toute légalité

VTTA l’heure où l’Union cycliste chasse les moteurs dans le peloton, certains vététistes, comme Julien Absalon, s’entraînent avec des vélos électriques. Pour quels avantages?

Julien Absalon s’entraînent avec des vélos électriques.

Julien Absalon s’entraînent avec des vélos électriques. Image: DR

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La nouvelle est passée un peu inaperçue en début d’hiver. Elle ne manque pourtant pas de piquant: à l’heure où l’Union cycliste internationale (UCI) chasse les vélos électriques dans le peloton, le vététiste français Julien Absalon, double champion olympique (2004 et 2008), quintuple champion du monde et septuple vainqueur du général de la Coupe du monde, a lancé sa propre équipe, en annonçant un partenariat avec une marque de vélo… électrique (Moustache).

Réel avantage ou coup marketing?

Un mariage tout à fait légal puisque Julien Absalon n’utilisera ses bicyclettes à assistance uniquement aux entraînements. «Je veux montrer que l’e-bike est un super outil de préparation pour un athlète, explique le patron de la formation «Absolut Absalon» au site Vojomag. Cela fait d’ailleurs un moment que j’en utilise un à l’entraînement, et je sais qu’on commence à être plusieurs à le faire dans le peloton. Quand on habite dans une région avec pas mal de dénivelé comme la mienne (ndlr: il vit dans les Vosges), c’est impossible de faire une sortie de récupération à VTT. Et j’ai de plus en plus de mal à rouler sur la route à cause du comportement des automobilistes. J’ai sans arrêt l’impression de risquer ma vie. Avec un e-bike, on peut maintenir une faible intensité cardiaque en montée sur des chemins avec l’assistance, puis on peut aussi travailler la technique en descente. Pour moi c’est un outil incroyable pour travailler mon pilotage; un point de plus en plus important en Coupe du monde.»

Le discours est si convaincant qu’il interroge: le vélo électrique offre-t-il un vrai avantage aux athlètes, ou Julien Absalon est-il un formidable ambassadeur de la nouvelle marque française qui le sponsorise?

«Si vous êtes capable de bien négocier des passages techniques avec un vélo de 20-22 kilos, vous serez facile avec votre vélo de neuf kilos»

Les deux, répond Yvan Clolus, patron des vététistes français et convaincu des bienfaits de l’électrique à l’entraînement, en contradiction idéologique avec Thomas Frischknecht, médaillé aux Jeux de 1996 et manager de Nino Schurter.

Le débat est ouvert, avec cette question centrale: faire une descente avec un vélo électrique fatalement plus lourd, permet-il de travailler sa technique pour une compétition qui sera disputée avec un vélo bien différent? A priori oui. C’est la technique de l’enclume. «Si vous êtes capable de bien négocier des passages techniques avec un vélo de 20-22 kilos, vous serez facile avec votre vélo de neuf kilos», affirme Clolus. Le problème, pour Julien Absalon, c’est que s’il peut facilement se débarrasser des kilos de son vélo électrique en compétition, il aura bien du mal à se défaire de Nino Schurter, un adversaire qu’il observe de plus en plus loin.

«Schurter est au sommet»

«Nino a été ultradominateur cette année, il est au sommet de son art, au sommet de sa carrière, reconnaît le Français de 37 ans sur le portail spécialisé Vélo 101. Nino est en pleine maîtrise de ses moyens actuellement. Il a fait le sans-faute total en 2017. J’espère que cette année il y aura des coureurs qui vont venir le bousculer un petit peu, pour le spectacle.» (24 heures)

Créé: 16.01.2018, 15h10

Schurter s’entraîne au naturel



Le Grison Nino Schurter, champion olympique et du monde en titre, «ne s’entraîne pas avec un vélo électrique», nous fait savoir Thomas Frischknecht, son manager depuis quinze ans.

Frischknecht, médaillé d’argent de la discipline en 1996, ne voit d’ailleurs pas d’un très bon œil l’arrivée des vélos à assistance sur les épreuves de Coupe du monde. «Les e-bikes n’ont rien à faire en cross-country, tranche-t-il. Nous sommes dans un sport humain et je milite pour une discipline sans dopage et sans assistance électrique. Je n’encouragerai jamais quelqu’un à en utiliser, pour des raisons éthiques.»

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