Abonné au podium, Cancellara aimerait grimper sur la première marche

CyclismeCe dimanche, à San Remo, le Bernois jouera pour la «gagne». Kristoff et Sagan ont les faveurs de la cote.

Alexandre Kristoff s'était imposé l'an dernier, devant un certain Fabian Cancellara.

Alexandre Kristoff s'était imposé l'an dernier, devant un certain Fabian Cancellara. Image: Reuters

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«Sur le papier, c’est la plus facile à gagner; dans les faits, c’est la plus compliquée.» En une phrase et deux temps, Daniel Atienza résume Milan - San Remo, la plus longue des classiques (293 km), dépourvue de difficultés topographiques majeures, de pavés, mais pas de suspense. «Parler de loterie pour la Primavera est trop réducteur. Le sens tactique joue un rôle primordial. Sinon Eddy Merckx ne se serait pas imposé à sept reprises», souffle l’ancien pro et consultant à la RTS.

Tempêtes de sable et boyaux qui éclatent sous l’effet de la chaleur. Bourrasques de neige et trom­bes d’eau assorties d’un flot de critiques. Vent à décorner les bœufs. Du Tour d’Oman à Tirreno-Adriatico, en passant par l’Etoile de Bessèges, le peloton n’a pas été épargné par les conditions climatiques extrêmes depuis le début de la saison. Engagé au Moyen-Orient comme en Italie, Fabian Cancellara a tempêté sur Twitter et a appelé à ce que les règles changent. Le Bernois en a pourtant vu d’au­tres. Mais il avance en âge – il a fêté ses 34 ans mercredi – et il lui tarde d’en gagner «une belle» selon l’expression du jargon. Avant de prendre congé de ses pairs pour se consacrer à sa famille, comme il l’a laissé entendre?

Son succès mardi sur le chrono à Tirreno («Je ne suis plus aussi motivé qu’avant pour les contre-la-montre, mais je suis toujours content d’en remporter un») et la lecture du palmarès de Milan - San Remo l’invitent à l’optimisme et, dans le même temps, douchent son enthousiasme.

Vainqueur en solitaire en 2008, Cancellara est abonné au podium depuis 2011 (trois 2es places et un 3e rang en 2013). Les deux dernières éditions se sont déroulées dans la froidure. Il y a deux ans, la course a été arrêtée au pied du Turchino et le Manie n’a pas été escaladé. Sur 200 partants, 65 avaient abandonné. Il y a douze mois, des pluies torrentielles s’étaient invitées sur la 105e édition. Journée copieusement arrosée, le coureur d’Ittigen était resté imperméable. Le mauvais temps n’avait pas altéré son humeur. «La pluie m’a beaucoup gêné, les conditions ont été exécrables mais elles sont les mêmes pour tous. Il faut les accepter, c’est la démocratie du cyclisme.»

Lauréat surprise l’an passé, premier Norvégien vainqueur de la Classicissima, Alexander Kristoff se présente cette année en favori. Depuis sa victoire en Ligurie, le coureur de la Katusha a levé les bras dix-sept fois. «Alexander va encore faire parler sa puissance. On va le revoir prochainement sur la plus haute marche du podium», pronostiquait alors Danilo Wyss. Les événements ont donné raison à l’Urbigène d’Estavayer qui a côtoyé Kristoff chez BMC en 2010 et en 2011.

Allié avec Sagan?

«Kristoff passe bien les bosses, il est en forme. Il est le candidat numéro un à la victoire, corrobore Daniel Atienza. Malgré ses performances de choix les années précédentes, Cancellara a moins la «pancarte» que lui. En vitesse pure, il est inférieur au Norvégien. Il pourrait trouver un allié de circonstance en Sagan. Le Slovaque – qui a grossi les rangs de Saxo – a la pression. Même s’il s’est adjugé une étape à Tirreno. Bref, pour procéder à une sélection et éliminer les sprinters purs, Cancellara et Sagan devront inventer quelque chose.» Un comble si l’on sait l’acrimonie grandissante qui régit la relation entre les deux champions.

En février, «Cance» a remporté la 2e étape du Tour d’Oman, imposant sa pointe de vitesse à un petit groupe. «Depuis deux ans, Fabian a progressé en sprint. Il le doit à un travail spécifique sur la route. Sur la piste aussi. Relation de cause à effet avec la tentative contre le record de l’heure qu’il projetait. Pour améliorer la vélocité, rien de mieux que le pignon fixe.»

Daniel Atienza ne cache pas sa préférence pour la Primavera. «Milan - San Remo, c’est 300 km d’approche pour une patate. C’est là tout son charme.» Lisez le Poggio, une bosse de 3,7 km à 3,7% qui a été introduite sur le tracé en 1960 et dont le pied se situe à 2 km de l’arrivée. «Et pourtant, en Italie, on en fait des tonnes et des tonnes autour de cette course. Elle fait partie de la culture du cyclisme. J’ai appris à l’adorer quand j’étais chez Polti, puis Saeco. Dès le premier stage, en novembre, tout le monde en parle dans l’équipe.»

Originaire du Basilicate, chasseur de classiques (sept au total), Cancellara est très imprégné par la tradition, très sensible aux émotions dégagées par l’histoire de son sport. Elles serviront d’aiguil­lon supplémentaire à sa motivation.

Créé: 19.03.2015, 09h40

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