2-1 sous tension pour Lyon face à Besiktas

FootballLyon a battu Besiktas 2-1 en quart de finale aller, à la toute fin d'une rencontre retardée de 45 minutes par des violences.

Les supporters de Lyon, au parc lyonnais, le 13 avril 2017.
Vidéo: Reuters

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Des violences et la pelouse envahie avant-match, un coup d'envoi reporté mais une victoire in extremis qui permet d'espérer grâce à deux buts en deux minutes (2-1): Lyon a vécu une soirée agitée jeudi dans son Parc OL face au Besiktas Istanbul, en quart de finale aller de l'Europa League.

Après avoir frôlé le pire, les chances de qualification de l'OL pour les demi-finales sont réelles, mais il faudra résister à un adversaire revanchard dans l'ambiance bouillante de la Vodafone Arena, le 20 avril. D'autant plus que les Rhodaniens sont faibles à l'extérieur en 2017 où ils n'ont gagné qu'une fois, à Metz (3-0), le 5 avril et... à huis clos.

Pour ce quart de finale aller, les Lyonnais ont eu un aperçu de ce qui les attend à Istanbul.

Incidents

Des incidents étaient redoutés en raison de la présence massive de 15'000 à 20'000 supporters du club turc, pour la plupart venus de France ou de pays européens voisins disséminés au milieu de 35'000 spectateurs lyonnais, en plus des 3000 Stambouliotes installés dans le parcage visiteurs.

Ils ont bien eu lieu aux abords du stade avec des bagarres entre supporters et l'intervention des forces de l'ordre. Le coup d'envoi a ensuite été retardé de 45 minutes après l'envahissement de la pelouse par des supporters, vraisemblablement provoqué par des jets de projectiles et de pétards sur une partie basse des tribunes, malgré les fouilles et palpations.

Lyon imprécis

Dans cette ambiance surréaliste, l'Olympique Lyonnais a plutôt donné l'impression de jouer à l'extérieur et a longtemps semblé loin des attentes malgré les efforts d'Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso ou Mathieu Valbuena.

L'équipe turque a marqué rapidement: sur un coup franc joué à une trentaine de mètres, Talisca a glissé le ballon à Ryan Babel qui a déposé Rafael avant de tromper Anthony Lopes d'un tir croisé du droit (15).

Lyon a été trop timide avant la mi-temps avec une seule occasion malgré une nette domination, un tir de Nabil Fekir heurtant la barre à la 20e minute.

En seconde période, l'OL a haussé son niveau de jeu mais a encore longtemps été en échec face à la défense du Besiktas qui a fini par céder.

Espoir

Valbuena avec un tir passant de peu à côté aurait pu égaliser (64), comme Lacazette qui a raté le cadre après avoir éliminé le gardien Fabri (71), ou Tolisso, dont la tête a heurté le poteau (78).

C'est Tolisso qui a réussi à remettre les deux formations à égalité à la réception d'un coup franc joué par Valbuena (83). La minute suivante, Jérémy Morel a donné la victoire à l'OL après un énorme cafouillage des défenseurs et du gardien stambouliotes (84).

Souvent décrié par les supporters, Morel, 33 ans, donne ainsi l'espoir à Lyon de se qualifier pour le dernier carré.

Violences

Les scènes de violence jeudi soir, avant, aux abords et en marge de la rencontre posent à nouveau la question de la sécurité dans le football, deux jours après l'attaque aux explosifs qui a visé le car des joueurs du Borussia Dortmund avant leur match de Ligue des champions contre Monaco.

A un quart d'heure du coup d'envoi, des supporters lyonnais du Virage sud ont pénétré sur la pelouse, alors désertée par les joueurs, dans la confusion générale. Selon un journaliste AFP sur place, ils voulaient se protéger des projectiles et des pétards lancés depuis le haut des tribunes.

Parallèlement, des bagarres ont opposé des fans des deux équipes dans les tribunes. Le président de l'OL Jean-Michel Aulas a alors pris le micro du kop pour s'adresser aux supporters lyonnais.

La police a évacué la pelouse vers 19h10, permettant 30 minutes plus tard l'entrée des joueurs, puis le début du match vers 19h50 GMT. L'électricité est ensuite retombée durant la rencontre.

Référendum

Classé au niveau de risque le plus élevé (4 sur 4) par les autorités, ce match a eu lieu dans un contexte particulier, à trois jours d'un référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs d'Erdogan.

De plus, les supporters turcs font partie des plus bouillants d'Europe et le stade de l'OL est situé à Décines, ville de la banlieue de Lyon où vit l'une des plus importantes communautés arméniennes de France.

De violents incidents avaient déjà éclaté dès le début de soirée aux abords du stade. De premiers accrochages entre supporteurs turcs et lyonnais ont débuté dès 16H30 GMT sur le parvis central à la sortie du tramway conduisant au grand stade. Les CRS sont intervenus à coups de gaz lacrymogènes pour les séparer et cloisonner les deux groupes.

Vers 17H00, un long cortège de supporteurs lyonnais, certains cagoulés et lançant des fumigènes, a afflué vers la rampe d'accès du virage nord.

«Hooligans»

Un important cordon de CRS et de gendarmes mobiles s'est alors déployé pour réglementer les accès du stade et faire rentrer séparément supporteurs turcs et lyonnais. «C'est la première fois que je vois ça», a témoigné pour l'AFP Amin, stadier depuis cinq ans à l'OL.

Auparavant, quelques Turcs venus d'Allemagne s'étaient rendus dans l'OL Store du stade pour acheter des billets, ce qui leur a été refusé car le match se jouait à guichets fermés. En colère, ils ont brisé deux portes vitrées du magasin et mis la boutique sens dessus dessous. Ils ont été dispersés par la sécurité sans arrestation.

En Turquie, les médias ont blâmé les fans français pour les incidents. «Les hooligans de Lyon ont attaqué les supporters turcs, dont des femmes et des enfants, et ensuite les fans de Besiktas ont répliqué», a ainsi estimé le site du journal pro-gouvernemental Sabah.

La préfecture du Rhône avait annoncé «un renfort de six unités de patrouilles mobiles» pour ce match. Un millier d'agents, dont des turcophones, étaient également prévus pour assurer la sécurité.

Ces images de violence rappellent dans une moindre mesure certaines scènes de l'Euro-2016 organisé l'été passé en France, lors duquel des hooligans russes avaient agressé des supporters anglais dans la rue à Marseille. (afp/nxp)

Créé: 14.04.2017, 00h05

Seul un retour à huis clos serait équitable (Aulas)

Le président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas a estimé qu'un huis clos serait «la seule solution d'équité» pour le match retour d'Europa League sur la pelouse du Besiktas, après les débordements constatés jeudi au Parc OL lors de l'aller.
«Ce serait la solution d'équité», a-t-il répondu au micro de W9, interrogé sur la possibilité de disputer la rencontre à huis clos, à l'issue de la rencontre remportée par ses joueurs 2 à 1.
«J'espère que l'UEFA prendra toutes les dispositions qui s'imposent (...) Je pense pas qu'on puisse maintenir ce match, ou alors à huis clos ou à l'extérieur. Mais ça me paraît difficile de retourner à Besiktas. Quand on voit comment cette ferveur déborde de tous les côtés, on a très peur», a déclaré le président lyonnais.

Corentin Tolisso : 'ne pas se focaliser sur ce qui s'est passé dans les tribunes

Corentin Tolisso (milieu de Lyon et buteur, au micro de BeIn Sports):
«On savait qu'on pouvait le faire, même si on n'a pas marqué pendant les 80 premières minutes. (...) On est à la mi-temps de la confrontation, il nous reste encore un match là-bas. On sait que ça va être très très compliqué dans une ambiance très dure. (par rapport aux incidents d'avant-match) C'est difficile. (...) Avec le coach, on a eu les indices pour rester concentrés dans le match, ne pas se focaliser sur ce qui s'est passé dans les tribunes. On a du mal à rentrer dans le match, la 1re mi-temps a été assez compliquée, mais en 2e mi-temps on a montré un beau visage.»

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