Jérôme Laperrière se bat pour améliorer le niveau de l’arbitrage dans le canton

Football vaudoisPrésident de la Commission des arbitres vaudois, le Begninois a de hautes exigences pour ses anciens collègues.

Jérôme Laperrière s’occupe notamment du groupe «espoirs» des arbitres vaudois.

Jérôme Laperrière s’occupe notamment du groupe «espoirs» des arbitres vaudois. Image: Patrick Martin

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Lorsque, fin 2011, il a mis un terme à sa belle carrière d’arbitre international, Jérôme Laperrière n’a pas hésité longtemps avant de répondre favorablement aux sollicitations de Gérard Vontobel. Et s’il a accepté de s’occuper du groupe «espoirs» des arbitres de l’ACVF (Association cantonale vaudoise de football), c’est certes un peu par amitié pour son ancien président mais surtout pour continuer à assouvir sa passion pour le football et l’arbitrage. «J’avais simplement envie d’essayer de faire comprendre à ces jeunes candidats tout le plaisir que l’on peut aussi éprouver en dirigeant un match, explique le Vaudois. Et pour leur transmettre également ce que j’avais moi-même reçu de mes prédécesseurs en les faisant profiter de mon expérience.»

Car, comme nombre de ces hommes en noir qui permettent chaque week-end à des millions d’anonymes de s’éclater sur un terrain, Jérôme Laperrière sait mieux que personne les belles émotions que l’on peut aussi connaître un sifflet à la bouche. «Quand on me demande quel est le profil type du candidat arbitre, sourit celui qui est devenu président de la Commission des arbitres de l’ACVF en 2017, je réponds volontiers que c’est un footballeur raté. Ce qui n’est pas qu’une boutade puisque j’en suis un parfait exemple parmi bien d’autres. Cette voie est un vrai plan B pour faire une carrière dans le foot. Moins compliquée certainement pour atteindre le haut niveau que celle de footballeur.»

Le rendez-vous du 30 avril

Dans le canton, Jérôme Laperrière est aujourd’hui à la tête d’une escouade de 460 arbitres environ, qui ne sont pas de trop pour officier lors des quelque 500 matches organisés chaque week-end sur le territoire vaudois. «Pour être vraiment bien, il nous en faudrait une trentaine de plus. Mais le recrutement n’est pas facile. Dans ce sens, pour aider les clubs, nous organisons une grande soirée pour présenter les différentes facettes de l’arbitrage, le 30 avril au siège de l’ACVF, au Mont.» Un rendez-vous qui, espère-t-il, pourrait inciter pas mal de jeunes à se lancer dans une carrière différente de celle dont ils rêvaient peut-être. «Chaque année, précise Jérôme Laperrière, nous avons en moyenne une cinquantaine de nouveaux candidats, mais tous ne vont pas au bout de cette formation. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le pourcentage de démissions qui résulte d’insultes reçues sur le terrain est faible. Ce sont plutôt les contraintes liées à cette fonction et un changement de centres d’intérêt qui les font renoncer. Cela dit, il est évident que les incidents graves, tels que les deux agressions physiques contre des arbitres qui sont survenues ces derniers mois à Genève, nous causent beaucoup de tort.»

Des tests physiques

Malgré le manque d’arbitres dont souffrent toutes les régions du pays, Jérôme Laperrière s’est fixé comme principal et ambitieux objectif d’élever le niveau des directeurs de jeu dans le canton. «Par respect pour le football et les clubs, nous avons, par exemple, déjà mis en place l’obligation pour nos arbitres de passer des tests physiques. Et même si nous n’avons pas placé la barre très haut – être capable de courir 2000 m en 12 minutes – certains, parmi les plus âgés, ne l’ont pas réussi et ont été contraints de ranger leur sifflet.»

Mais pour devenir un bon arbitre, une bonne condition physique ne suffit bien sûr pas. «Il faut avoir de la personnalité, être courageux et persévérant, précise le Begninois. Des qualités que l’on peut aussi renforcer avec le temps sur le terrain. Quand je vois un jeune arbitre de 14 ans faire face aux reproches d’un entraîneur adulte et garder son calme, je dois avouer que je suis admiratif. Mais il faut surtout savoir garder les pieds bien sur terre en se souvenant toujours que cette fonction est délicate. S’enflammer après une bonne performance n’est pas la bonne attitude. Comme celle de voir son moral plombé par quelques erreurs. Ce qui n’est pas simple car le public est loin d’être conscient que l’arbitre est toujours le plus malheureux d’avoir commis une erreur.» (nxp)

Créé: 15.04.2019, 20h29

Les arbitres ne sont pas tous des anges

Lors de ses sept premières années passées à l’ACVF, Jérôme Laperrière avoue en avoir déjà «vu de toutes les couleurs». Que les hommes en noir ne soient pas toujours parfaits dans leurs prises de décision ou, parfois, dans leur attitude sur le terrain, chaque amateur de football a pu s’en rendre compte une fois ou l’autre. «Mais ce qui m’a peut-être le plus étonné, raconte-t-il, ce sont les mauvaises habitudes prises par certains. Des amendes que nous infligions à des arbitres étaient vite réglées par leur club, parfois sans même que les fautifs ne le sachent. La raison? Des dirigeants craignaient de les «perdre» et de devoir ainsi dénicher d’autres arbitres, sous peine de recevoir ensuite de lourdes amendes (ndlr: 2000 francs par saison et par arbitre manquant selon les quotas imposés).» Mais certains ont fait plus fort encore.

«Un jour, continue Laperrière, un arbitre A a appelé un collègue B pour lui demander de le remplacer au pied levé alors qu’il existe, je tiens à le préciser, une permanence pour régler ce type de problème. Par hasard, un coach (ndlr: anciennement appelé inspecteur) était présent au match. Il s’est aperçu que l’arbitre prévu n’était pas celui qui sifflait. Sans rien dire, il s’est rendu l’après-midi à la rencontre que devait diriger le même arbitre B. Qui était bel et bien présent à son poste. Ce qui signifie qu’il a sifflé deux matches en quelques heures. Or, comme c’est le cas pour un joueur, il est compliqué pour un arbitre d’être au top durant 180 minutes.» Mais le culot ne s’est pas arrêté là puisque l’arbitre B a envoyé une note de frais et le rapport du match au nom de son collègue. «Il a fait un faux, s’insurge l’ancien directeur de jeu. Inutile de préciser que tous deux ont été lourdement sanctionnés.»

Un autre souci, peu fréquent mais tout aussi inadmissible, concerne les cartons. «Il est arrivé que les arbitres avertissent des joueurs sur le terrain mais que ces cartons jaunes ne figurent pas dans le rapport envoyé à l’ACVF, soupire Jérôme Laperrière. Je ne veux pas en connaître les raisons mais on peut tout imaginer, du simple oubli à… bien pire. La crédibilité de notre fonction est en jeu. Raison pour laquelle nous sommes intransigeants face à de tels cas.»

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