L'UEFA ouvre des procédures disciplinaires

Serbie/AlbanieSuite aux incidents lors du match Serbie-Albanie mardi soir, L'UEFA a ouvert des procédures disciplinaires contre les fédérations serbe et albanaise.

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L'Union européenne de football (UEFA) a ouvert des procédures disciplinaires contre les fédérations de football de Serbie et d'Albanie, après l'arrêt du match entre ces deux pays mardi, a-t-elle indiqué mercredi 15 octobre. L'instance disciplinaire de l'UEFA examinera ce cas le 23 octobre.

La Serbie est visée pour jet de fumigènes et projectiles, problème de gestion de spectateurs, envahissement du terrain par des supporters, organisation déficiente et usage de lasers. L'Albanie est visée pour refus de jouer et déploiement d'un drapeau illicite.

Tout a commencé avec un drone

Les incidents à l'origine de l'interruption du match ont éclaté lorsque le stade a été survolé par un drone auquel était accroché un drapeau d'une carte de la «Grande Albanie», projet nationaliste visant à regrouper dans un même Etat les communautés albanaises des Balkans.

Joseph Blatter, président de la Fifa, et Michel Platini, président de l'UEFA, ont condamné les incidents qui ont conduit à l'arrêt définitif du match de qualification à l'Euro-2016 Serbie-Albanie, via les réseaux sociaux mercredi.

Le foot censé «rassembler les gens»

«Le football ne devrait jamais être utilisé pour des messages politiques. Je condamne fermement ce qui s'est passé à Belgrade», a twitté Joseph Blatter.

Michel Platini s'est exprimé par le biais du compte twitter de son chef de presse, Pedro Pinto: «Le football est censé rassembler les gens et notre jeu ne doit pas être mêlé à toute forme de politique. Les scènes à Belgrade (mardi soir) étaient inexcusables».

Pedro Pinto précise encore sur Twitter que Platini est «profondément attristé» par ces évènements.

L'incident vire à la crise politique

L'arrêt définitif du match à Belgrade a viré à la crise politique, les autorités serbes ayant exigé de Tirana «une condamnation claire» de l'incident« provoqué par l'apparition d'un drapeau de la «Grande Albanie». «La Serbie attend des responsables albanais une condamnation claire de l'incident (...) comme premier pas nécessaire pour surmonter ce problème», a déclaré le ministère serbe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Selon la télévision d'État serbe, les autorités à Belgrade soupçonnent Olsi Rama, le frère du Premier ministre Edi Rama d'avoir organisé l'incident et piloté le drone, ce que celui-ci a démenti de retour à Tirana.

Ivica Dacic, le ministre serbe des Affaires étrangères, a dénoncé «une provocation politique» préméditée d'autant plus inquiétante qu'elle apparait être «l’œuvre du frère du Premier ministre albanais».

«Provoquer des troubles en Serbie»

Le président serbe Tomislav Nikolic a affirmé que «l'intention évidente des responsables de cet incident était de provoquer des troubles en Serbie et de déstabiliser toute la région».

«La visite d'Edi Rama était attendue à Belgrade comme un signe de normalisation, mais après cet attentat contre l'édification de relations amicales entre la Serbie et l'Albanie il est clair que cette dernière aura besoin de décennies, si ce n'est de siècles, pour devenir un État normal sans haine envers les Serbes», a-t-il ajouté sans indiquer clairement si l'invitation adressée à Edi Rama restait en vigueur ou était annulée.

Au nez et à la barbe de 4000 membres des forces de l'ordre

Dans la région, ce qui inquiète tout particulièrement c'est que les supporteurs se sont de nouveau projetés aux avant-postes des incidents et des tensions inter-ethniques. Certains d'entre eux se sont frayé un chemin sur le terrain pour tenter d'agresser des joueurs albanais.

De leur côté, les supporteurs albanais dans toutes les régions et pays des Balkans où ils vivent ont célébré la «victoire» de l'Albanie en scandant «Grande Albanie».

«Le fait qu'un tel incident ait pu avoir lieu au nez et à la barbe de près de 4000 membres des forces de l'ordre est très perturbant», a relevé l'analyste politique Dusan Janjic, faisant allusion au fait que le drone a décollé du toit d'une église à proximité du stade où le match se déroulait avec dans les tribunes le président de la Serbie.

Des relations toujours hostiles

Dans le passé, le démantèlement de l'ex-Yougoslavie a commencé par des heurts monumentaux entre supporteurs lors d'un match de football à Zagreb entre le Dinamo (Croatie) et l'Étoile rouge de Belgrade, dont les sympathisants étaient dirigés par le défunt Zeljko Raznatovic Arkan, devenu par la suite le chef d'un des groupes para-militaires les plus féroces.

Serbes et Albanais entretiennent dans la région des relations toujours hostiles en raison de différends historiques et récents.

Le Kosovo, ex-province serbe peuplée en majorité d'Albanais, a proclamé unilatéralement son indépendance en février 2008, une décision soutenue par les États-Unis et de la plupart des pays membres de l'Union européenne.

(afp/nxp)

Créé: 15.10.2014, 20h00

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