Mujinga Kambundji est libre comme un papillon qui butine

AthlétismeLa Bernoise, No 2 sur 100 m cette saison, se posera-t-elle sur le toit de l’Europe? Réponse ce mardi en secondes.

Troisième du 100 m en 2016 à Amsterdam, Mujinga Kambundji court toujours plus vite et peut viser encore plus haut.

Troisième du 100 m en 2016 à Amsterdam, Mujinga Kambundji court toujours plus vite et peut viser encore plus haut. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Elle court, elle court, Mujinga, son sourire en accroche-cœur, ses bouclettes en cascade. Ici, dans le dédale d’un quatre-étoiles, une caméra à ses trousses, plongée dans l’effervescence médiatique qui annonce un jour pas comme les autres. Ce mardi sera-t-il son jour de gloire, là-bas, sur la piste bleue du stade olympique de Berlin, marquée à jamais par l’empreinte d’un géant?

En 2009, tandis qu’Usain Bolt fascinait le monde et façonnait sa légende, la Bernoise n’était encore qu’une adolescente espiègle et insouciante. Mais elle courait déjà vite, 11’’66 sur 100 m. Neuf ans plus tard, 15 titres et 10 records nationaux à son palmarès, elle s’avance en pleine lumière. 10’’95, c’est un chrono qui flashe! Oui, elle est bien à l’heure au rendez-vous. Mais a-t-elle mis sa montre à l’or?

Forcément, la question la fait sourire. C’est ainsi qu’elle désamorce les expectatives. Bien sûr qu’elle connaît la hiérarchie du sprint européen, sa place de No 2, encadrée par la Britannique Dina Asher-Smith (10’’91) et la Néerlandaise Dafne Schippers (11’’01). Les espoirs fous qu’elle fait courir. «Mais vous savez, à chaque course, on remet les pendules à zéro», confie-t-elle. On insiste, c’est peut-être la chance de sa vie. Elle persiste, pas question pour elle de s’enflammer, de prendre ses désirs (secrets) pour des réalités. «À Zofingue, descendre sous les 11 secondes a renforcé ma confiance, ose-t-elle tout de même affirmer. Aujourd’hui, je me sens mentalement plus forte et physiquement mieux affûtée.»

Comme un papillon

Cet aveu de puissance renvoie à la période de doute que Mujinga Kambundji a traversée à la fin de l’année passée. En automne, elle s’était séparée de son coach, Valerij Bauer, l’homme à poigne qui lui avait forgé un physique de valkyrie. L’usure du temps. La collaboration avec le Kirghiz avait musclé ses ambitions et dynamité ses records. Mais elle aspirait à autre chose. Elle avait cru trouver en Henk Kraaijenhof un entraîneur plus ouvert. En fait, elle se cherchait surtout. Après deux mois, elle a préféré se replier sur elle-même, retrouver sa maison, se ressourcer auprès de sa famille. «Je crois que cet hiver, ma médaille de bronze sur 60 m aux Mondiaux indoors de Birmingham m’a ouvert les yeux. Je l’ai gagnée sans coach, en suivant ma propre voie.»

Mujinga porte bien son nom même si la prénominologie n’est pas une science exacte. Indépendante et passionnée, elle est un peu comme un papillon qui va de fleur en fleur avant de trouver la bonne! Ce printemps, elle a jeté son dévolu sur l’Américain Rana Reider, un coach réputé pour champion confirmé, comme une certaine Dafne Schippers. Mais la relation s’est jusque-là limitée à un stage en Floride et des plans d’entraînements par correspondance! «J’ai pris en main ma destinée, je suis devenue mon propre chef, s’exclame-t-elle. Je suis plus à l’écoute de mon corps et de mes sentiments.» Et si c’était dans une forme de remue-ménage que Mujinga Kambundji avait trouvé son équilibre? Ou de remue-méninges…

Des petits trucs

La métamorphose est spectaculaire, établie par le chrono — d’abord 11’’03 à Lausanne, puis 10’’95 à Zofingue – mais plus encore par cette légèreté qui accompagne désormais ses gestes et ses paroles. Quel est donc le secret de cette réussite? «J’ai changé des petits trucs, répond-elle. Il ne faut pas croire que je faisais tout faux et qu’aujourd’hui je fais tout juste. Je m’inspire de mes expériences passées comme de mon intuition. Je fais moins de travail de force, j’ai perdu de la masse musculaire mais j’ai gagné en fluidité car je cours plus.» Oui, courir, c’est bien ce qu’elle sait faire de mieux. Aujourd’hui, libre dans sa tête et dans son corps. Demain, championne d’Europe? (24 heures)

Créé: 07.08.2018, 11h26

Au sprint

Julien Wanders n’a pas froid aux yeux. Tant mieux, il fera encore 32 degrés ce mardi soir au départ du 10 000 mètres, son premier défi. Le recordman suisse du semi-marathon aime la chaleur, il espère en faire son alliée. Il veut aussi profiter de la présence de trois Kényans au passeport turc pour ne pas adopter un rythme passif. «Ça me rassure presque qu’ils soient là, ça devrait aller vite. Tactiquement, je préfère courir à l’instinct, je n’aime pas attendre…», indique le Genevois.

Alain-Hervé Mfomkpa n’a raté l’obstacle. Deuxième de sa série en 50’’34, le Broyard du Lausanne-Sport a aisément obtenu son ticket pour les demi-finales du 400 m haies. «Je crois que j’ai assez bien géré ma course en ne gaspillant pas trop d’énergie et en ayant assez de jus pour en remettre une couche en fin de tour.» Bien sûr, avec l’entrée des cadors, l’accès à la finale se gagnera sous les 50 secondes, peut-être tout près du record national U23 de Dany Brand (49’’14), éliminé lundi pour deux centièmes. «Ce sera dur mais je crains plus le bain glacé qui m’attend…», tremblait Mfomkpa.

Alex Wilson a mis le turbo en fin de course pour s’ouvrir les portes des demi-finales du 100 m en 10’’32. Pourquoi ce problème à l’allumage? «Parce que je me suis refroidi en traversant le tunnel qui menait à la piste», a répondu le Bâlois. Lui aussi vainqueur de sa série en 10’’28, Silvan Wicki n’a été devancé que par Churandy Martina, le champion d’Europe en titre. Chez les dames, Ajla Del Ponte (11’’39) et Salomé Kora (11’’48) ont passé le cap sans traîner en piste.

Finales du jour.
8 h 35: 50 km marche H + D.
18 h 45: marteau H.
20 h 20: 10 000 m H.
20.33: poids H.
21 h 30: 100 m D.
21 h 50: 100 m H.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.