Ashleigh Barty perd et joue à la nounou

TennisBattue par l'Américaine Sofia Kenin, l'Australienne s'est présentée en conférence de presse avec sa petite nièce dans les bras. Muguruza passe en deux sets contre Halep.

Ashleigh Barty est venue avec sa petite nièce dans les bras.

Ashleigh Barty est venue avec sa petite nièce dans les bras. Image: Twitter

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Ashleigh Barty ne sera pas en finale de l’Open d’Australie samedi et c’est un peu tout le pays qui a perdu le sourire. La No 1 mondiale avait jusqu’à jeudi fait tout juste, résistant à la pression d’une presse locale qui en faisait l’héritière annoncée de Chris O’Neil, dernière championne australienne en 1978.

Contre toute attente, elle a fini par craquer à deux marches du sacre. En s’inclinant face à la jeune Américaine Sofia Kenin (21 ans, 15e mondiale), malgré cinq balles de set réparties dans les deux manches (6-7 5-7).

«Je ne me suis jamais vraiment sentie à l’aise sur le court, expliquait l’Australienne avec un bébé sur les genoux. Mon plan A ne fonctionnait pas, alors j’ai lutté avec le B et le C. Et j’étais à deux points de gagner en deux sets. C’est décevant de le terminer comme ça mais j’ai passé un été formidable.»

De qui Ashleigh Barty était-elle accompagnée? Et pourquoi venir en conférence de presse avec un nourrisson? «Je vous présente Olivia, c’est ma plus jeune nièce. Elle a 11 semaines, continuait la No 1 mondiale, visiblement ravie d’avoir le meilleur des alibis pour ne pas traîner devant le micro. C’est elle qui m’a redonné le sourire en sortant du court. Elle m’a souri et tout s’est naturellement remis en perspective.»

Même si «Ash» Barty joue les détachées, cette défaite lui fait mal. Car comme elle le dit: «on ne se retrouve pas tous les jours en demi-finale d’un Grand Chelem». Mais l’Australienne assurait se réjouir de revenir tenter sa chance l’an prochain devant ce public entièrement acquis à sa cause.

«Si on m’avait dit que j’allais gagner Adélaïde et faire une demie ici, j’aurais signé tout de suite. Avec mon équipe, nous avons beaucoup appris durant ce mois de janvier. Je me réjouis de retourner au travail.» Sofia Kenin, elle, ira tester son insouciance et sa rage de vaincre en finale de Grand Chelem.

Sofia Kenin n'y croit pas: elle a sifflé la fin de la Barty! Image: Keystone.

Muguruza et les vertus du Kilimandjaro

La finale femmes de l’Open d’Australie proposera samedi une affiche inédite entre Sofia Kenin (15e mondiale) et Garbiñe Muguruza (32e). Or même si l’irrésistible ascension de la jeune Américaine impressionne, c’est bien la présence de l’Espagnole, sortie vainqueur d’une très belle demi-finale contre Simona Halep, qui attire l’attention. Championne de Roland-Garros (2016), puis de Wimbledon (2017), «Mugu» n’avait en effet plus franchi la première semaine d’un Majeur depuis deux ans, semblant égarer son incroyable potentiel dans une forme de vague à l’âme.

Garbiñe Muguruza est de retour au premier plan. Image: Keystone.

Comment donc la Genevoise d’adoption s’est-elle remise la tête à l’endroit pour redevenir cette joueuse complète que tout le vestiaire craint? Une première réponse mène à son box, où Conchita Martinez s’est installée de manière permanente. L’ancienne No 2 mondiale – fraîchement élue au Hall of Fame en compagnie de Goran Ivanisevic – avait donné un coup de main à sa compatriote lors de son triomphe à Church Road. Et son discours semble décidément rassurer et simplifier les choix de Garbiñe Muguruza.

Mais il y a quelque chose d’autre, qui sort clairement de l’ordinaire. Celle qui est retombée au 32e rang mondial s’est en effet infligé une grande aventure durant le mois de novembre: elle a gravi le Kilimandjaro, plus haut sommet d’Afrique (5895 mètres).

«C’était tellement différent de ce que je vis habituellement. Il n’y a que toi et la montagne. Tu ne reçois aucune récompense, aucune félicitation, aucune photo, pour être arrivée en haut. Je l’ai vécu comme un immense défi physique et mental. C’était intéressant de me retrouver toute seule face à moi-même, avec pour seule mission de grimper.»

À côté du Kilimandjaro, Simona Halep a dû lui sembler un obstacle plutôt confortable. En sera-t-il de même samedi face à Sofia Kenin?

Mathieu Aeschmann, Melbourne

Créé: 30.01.2020, 08h52

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