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CyclismeAntidopage: 95% de contrôles en moins

Pendant la pandémie du nouveau coronavirus, seuls 5% des contrôles antidopages habituels ont pu être effectués. La traque va reprendre.

Le Polonais Maciej Bodnar a pris toutes ses précautions.
Le Polonais Maciej Bodnar a pris toutes ses précautions.
Keystone

Jeudi, en début d’après-midi, le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible), se gargarisait presque via un communiqué de presse: «Le premier trimestre de l’année 2020 a été épargné en révélations liées au dopage dans le sport cycliste. Hormis en 2018 (deux procédures seulement au premier trimestre), il s’agit des meilleurs chiffres concernant le cyclisme depuis que nous établissons ce baromètre (2014), ce qui est loin d’être le cas de l’athlétisme, toujours ébranlé par l’accumulation des procédures de dopage (32 cas révélés en trois mois, auquel s’ajoute une condamnation pour corruption!). Concernant le cyclisme: trois cas, dont deux proviennent du VTT féminin.»

Le MPCC a toutefois nuancé cette annonce dans la foulée et pour cause… «Il faut cependant rester prudent sur ces chiffres et sur les ‘bonnes pratiques’ du peloton, mis au repos forcé dès la mi-mars, pour ce qui est des derniers coureurs ayant pu courir en compétition.» Il a raison. Le Français Romain Bardet affirme ne pas avoir vu un contrôleur antidopage depuis «une éternité». Pour son compatriote Thibaut Pinot, la dernière fois qu'il a été testé, ce devait être en octobre dernier selon ses souvenirs. Ça se compte «en mois» pour l'ancien vainqueur du Giro Tom Dumoulin. Chris Froome, lui, n'a pas vu la moindre éprouvette depuis le début du confinement.

Il semble que le Suisse Danilo Wyss soit plus «à risque» que ces cadors du peloton. Le coureur valdo-fribourgeois de l’équipe NTT, âgé de 34 ans, a quant à lui été contrôlé pour la dernière fois le... 16 mars. Son contrôleur d’alors n’était tout simplement pas encore au courant des mesures de confinement qui avaient été annoncées quatre jours auparavant par le Conseil Fédéral!

Seulement un «service à domicile»

Comme toutes les courses sont à l'arrêt, forcément, la Cycling Anti-Doping Foundation (CADF, sise à Aigle) ne peut que se déplacer au domicile des athlètes pour s'assurer que ceux-ci ne trichent pas et non les attendre avec une éprouvette en fin de course. Compliqué en cette période où tout va moins vite et moins loin... Ainsi, selon le dernier rapport rendu public par le CADF et analysé par l'excellent site Cycling News, les nombre de contrôles hors compétition était de 4199 en 2018 et 3747 en 2019. Il y a deux ans, 2474 tests avaient pu être faits sur les courses et 4861 l'année dernière. Cette saison? 95% de moins sur le total. Un chiffre confirmé par David Lappartient, le Président de l'Union cycliste internationale lui-même.

Et en Suisse, en intégrant les autres disciplines? «Début mars, Antidoping Suisse a pu poursuivre ses activités, mais le personnel de contrôle et les athlètes ont été chargés de respecter les règles d'hygiène de l‘OFSP, nous a, pour sa part, assuré Jonas Personeni, responsable prévention et information de la Fondation helvétique. Mi-mars, nous avons décidé de mesures supplémentaires pour minimiser le risque d'infection. Les contrôles antidopage ont été réduits et depuis, les contrôles sont effectués avec des précautions accrues. Avec les décisions du Conseil fédéral d‘assouplir progressivement les mesures, nos activités seront progressivement augmentées.»

«On a pu constater que la situation pour la lutte contre le dopage était compliquée pendant cette période, avec de nombreux pays en situation de confinement, a confirmé Lappartient mardi, en ligne, devant des médias spécialisés. Il a logiquement été difficile de continuer les programmes de contrôles. Comparé à la situation habituelle, moins de 5% de tests ont pu être effectués. On a des discussions avec la CADF pour nous assurer que l'on puisse revenir au plus vite à la normale.» «Il est clair que l'absence de compétitions et les mesures de précaution ont réduit le nombre de contrôles.Les chiffres exacts ne seront pas publiés ou communiqués actuellement. Cependant, l'effet Corona sera visible dans les statistiques pour l’année 2020», a complété Personeni.

Le passeport pour compenser

Pour compenser cette quasi absence de «police» et s'assurer que les courses prévues entre les mois d'août et de novembre 2020 soient crédibles, le président de l'UCI mise gros sur le passeport biologique, qui mesure les évolutions «inhumaines» dans le sang, afin de confondre les éventuels tricheurs. Problème, depuis 2015, un seul coureur actif des deux premières divisions professionnelles (l'Espagnol Jaime Roson) a été suspendu par ce biais. Une procédure du type contre le Tchèque Roman Kreuziger avait par exemple été annulée il y a cinq ans.

«Les conduites déviantes ne se limitant pas aux périodes de courses, la perspective d’une reprise par la publication de nouveaux calendriers UCI des compétitions pour cette deuxième partie de l’année, nous incite à souhaiter au plus vite la reprise des contrôles antidopage hors compétition afin d’en garantir la crédibilité», a lancé le MPCC. «Avec le passeport biologique, on va être capable de voir si manipulations il y a eu entre le début et la fin du confinement, a ajouté Lappartient. On est confiant en notre capacité de découvrir des comportements dopants au milieu de cette période.» Avec le programme prévu pour les acteurs du World Tour, il serait, en effet, bienvenu que la compétition soit crédible.

Robin Carrel

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