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Au Bois-des-Frères, Nicolas Peifer roule et déroule comme dans un «carrosse»

Le Français brille au Swiss Open. Il décrit son «bijou» qui l’a emmené en finale du tournoi verniolan.

Nicolas Peifer et son fameux fauteuil nage en plein bonheur sur les courts du Bois-des-Frères.
Nicolas Peifer et son fameux fauteuil nage en plein bonheur sur les courts du Bois-des-Frères.
SABINE KALBERMATTEN-VAN VLIET

Quand il parle de lui, il y a de l’affection dans sa voix. Comme s’il décrivait Rafael Nadal, son modèle. Lui, c’est son fauteuil roulant, son camarade de route, ses jambes, son moteur, son confident. Avec sa chaise de compétition, Nicolas Peifer, aussi «puissant et bagarreur» que l’Espagnol, a décroché de l’or aux Jeux paralympiques de Rio, il y a deux ans. C’était sur un court de tennis, en double, avec Stéphane Houdet, un autre crack français.

En simple et en double

En l’absence à Genève de son compatriote, qui a préféré le tournoi handi de Wimbledon, «Nico» était, cette semaine, le grand favori de ce 31e Swiss open de tennis en fauteuil. Après avoir éliminé un Thaïlandais, deux Italiens et un Japonais, il sera en finale ce samedi après-midi au Centre sportif du Bois-des-Frères à Vernier face au Belge Joachim Gerard avant de jouer ensuite avec lui en double!

«J’ai une coque en plastique moulée sur moi et attachée sur mon châssis», explique cette force de la nature de 27 ans, qui exploite au maximum les qualités de son siège de luxe articulé autour d’une roue antibascule à l’arrière et d’autres inclinées de façon à obtenir un meilleur pivot.

«Ce prototype pèse à peu près huit kilos, détaille-t-il. Il est donc assez léger et très maniable.» Tout ce qui est beau a un prix, il vaut 7000 euros, de quoi l’entretenir avec amour avant et après chaque partie. «J’essaie de faire le plus attention possible avec des réglages réguliers, reconnaît le Français. Mais avec les avions que je prends, c’est parfois très compliqué, parce que les personnes à l’aéroport la balancent n’importe comment.»

Changement de pneus tous les deux mois

Heureusement que son petit bijou est aussi solide que son jeu. «J’ai un deuxième fauteuil pour ma vie de tous les jours», renchérit ce surdoué amputé de ses jambes à l’âge de 6 ans à la suite d’une malformation à sa naissance. Celui qui sera tout d’abord champion de France du 100 m 4 nages ne regrette pas aujourd’hui d’avoir quitté les bassins pour plonger dans une carrière de tennisman. Il nage en plein bonheur. Assis sur son carrosse, il savoure, les mains appuyées sur ses pneus. «Je dois les changer tous les deux mois», poursuit le natif de Moselle qui installe des roues de roller sur du dur et des gommes plus épaisses sur terre battue. «Pour éviter de s’enfoncer», dit-il.

Et de préciser que la pression (entre 8 à 9 kg) varie selon la surface et la manière dont la personne pousse le fauteuil. «Sur de l’herbe ou de la terre, il est préférable que ce soit un peu plus dégonflé pour moins déraper», enchaîne Peifer qui a fait, à Genève, le plein de confiance. «Ici on est bien accueilli», apprécie celui qui espère bien remporter les 3000 francs promis au vainqueur, histoire d’ajouter un peu de beurre sur ses épinards (son budget est de 80 000 euros). «Les gains ne sont pas très élevés par rapport aux valides déplore le tennisman. Et pourtant, on s’entraîne aussi tous les jours comme un Federer et les matches que nous disputons dans le monde sont d’un bon niveau.»

Il suffit de le voir à l’œuvre. Comme Nadal, il gagne souvent dans un fauteuil…

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