Capela: «Je ne me sens pas trahi par Houston»

BasketballMercredi dernier, le Genevois a été envoyé à Atlanta par les Rockets, son équipe de toujours en NBA. Un défi qu’il est prêt à relever.

Clint Capela a quitté Houston pour démarrer un nouveau chapitre à Atlanta.

Clint Capela a quitté Houston pour démarrer un nouveau chapitre à Atlanta.

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Il était six heures du matin en Suisse, mercredi dernier, lorsque les insiders NBA se sont affolés. «Houston va transférer Clint Capela à Atlanta dans le cadre d’un échange à quatre équipes, selon les information d’ESPN. Plus de détails suivront.» Lorsque le journaliste Adrian Wojnarowski lance quelque chose sur Twitter, c’est parole d’évangile. Ou presque. C’est donc sans surprise que le départ du Genevois a été acté par les Rockets quelques heures plus tard, le temps pour tous les joueurs échangés (12!) de passer une visite médicale et de remplir les formalités administratives.

Depuis mercredi, Clint Capela alterne les voyages entre son ancienne vie au Texas et la Géorgie où il compte bien faire son nid. Il ne devrait pas pouvoir effectuer ses débuts avant une dizaine de jours encore. Toujours gêné par une blessure au pied, l’international suisse ne vit pas ce départ vers l’une des pires équipes de la ligue comme une punition, ni même comme un pas de retrait. Mais comme un nouveau départ. Interview entre deux avions.

Clint Capela, vous êtes où? À Atlanta ou à Houston?
Un peu entre les deux (rires). Je suis parti très rapidement de Houston dès l’annonce de mon transfert. Depuis, je suis revenu chercher quelques affaires, mais la majorité est encore au Texas. Pour tout vous dire, je vais vivre trois mois à l’hôtel désormais. Je prendrais du temps après la saison pour me loger.

Racontez-nous cet échange.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les joueurs ne sont pas toujours au courant des échanges avant qu’ils ne soient confirmés. Il y a tellement de discussions que nous ne pouvons pas tout suivre. Mais cela faisait quelques jours que mon nom circulait et je savais que la possibilité d’être échangé existait. Pas forcément plus qu’à un autre moment. Mais comme la date limite des transactions arrivait (ndlr: jeudi dernier), c’était quitte ou double en 24 heures.

C’est donc quitte…
C’était très tôt en Suisse et personne n’était réveillé. Pour moi, c’était la soirée et je n’avais pas mon téléphone portable près de moi. J’ai donc passé un moment sans savoir que j’étais transféré à Atlanta. Mais lorsque j’ai vu les notifications sur mon téléphone, j’ai compris. Je me suis dit: «Ok, où m’ont-ils envoyé?»

«Je connais mes points faibles et mes points forts. Je ne vais pas subitement vouloir shooter à trois points»

Clint Capela, joueur d’Atlanta

Vous sentez-vous trahi?
Non. Il n’y a aucune rancune. C’est un business et je ne suis pas naïf. Daryl Morey, le manager général, m’a appelé pour m’expliquer les raisons de son choix. Pour faire simple, le coach veut jouer avec moins de grands joueurs. C’est pourquoi les dirigeants ont fait ce choix. Est-ce que cela me rend triste de quitter Houston? Forcément. J’y ai passé six années fantastiques depuis ma draft en 2014. Pour être honnête, cela m’a fait très très très très bizarre au moment où j’ai dû partir à Atlanta. À cet instant, j’ai reçu un message de la part du propriétaire des Rockets me remerciant pour les années passées ici. Cela m’a fait chaud au cœur de voir que mon travail durant toutes ces années a été apprécié.

Et comment avez-vous été accueilli par les Hawks?
J’ai à peine eu le temps d’intégrer le fait que j’étais transféré que Trae Young, le meneur de jeu et leader de l’équipe, m’écrivait pour me souhaiter la bienvenue. C’est très réconfortant de savoir que vos nouveaux coéquipiers sont heureux de vous voir arriver. Et j’ai tout de suite senti cela lors de mon arrivée à Atlanta. Je n’aurais pas pu souhaiter un meilleur accueil.

Votre ex-coéquipier à Houston et compatriote, Thabo Sefolosha, a joué trois ans à Atlanta. Avez-vous eu le temps d’en parler avec lui?
Oui, il m’a dit que c’était sa ville préférée aux États-Unis et qu’il y possédait une maison. Après y avoir passé quelques jours, je comprends pourquoi il aime cet endroit. Je m’y sens déjà très bien.

Et d’un point de vue physique? Vous n’avez plus joué depuis le 30 janvier dernier.
Nous avons un objectif: que je sois apte après la pause dédiée au All-Star Game. C’est-à-dire le 20 février contre le Heat de Miami. Le but est de ne rien précipiter pour éviter un problème à long terme. Les médecins du club ont été clairs avec moi sur ce point. C’est la bonne approche.

Sportivement, on ne peut s’empêcher de regarder le classement et de voir Atlanta avant-dernier de la Conférence Est…
Je l’ai vu aussi (rires). Mais vous savez, je ne regarde pas à court terme. Si l’équipe est à cette position, c’est qu’il y a des raisons. Un processus de reconstruction a démarré l’an dernier avec Trae Young. Les pièces se mettent petit à petit en place et le futur s’annonce bien. Je suis content de faire partie de cette aventure.

Et au niveau du jeu, Harden et Westbrook n’étaient pas très «partageurs» avec le ballon… Ce devrait être différent, non?
Je ne pense pas que l’on va vouloir faire de moi un autre style de joueur. Je suis un intérieur qui attaque le panier sans relâche. Je suis agressif et je connais mes points faibles et mes points forts. Je ne vais pas subitement vouloir shooter à trois points ou m’éloigner du cercle. Non, j’aurai probablement plus de ballons à toucher en zone offensive et des systèmes probablement différents. Mais au final, je sais que je suis là pour amener de l’énergie à mon équipe. Bloquer des shoots adverses. Prendre des rebonds et courir d’un côté et de l’autre du terrain. Et surtout je vais amener mon éthique de travail au quotidien. Cela ne changera pas, que ce soit à Houston ou à Atlanta.

Créé: 10.02.2020, 21h42

Six ans de vie

2014 Houston a drafté Clint Capela au 25e rang. Au Texas, Dwight Howard est l’inamovible pivot titulaire.

2016 Après deux saisons dans l’ombre d’Howard, le Genevois prend sa place.

2018 Houston passe à un succès de la finale. Capela joue plus de 30’ par match. En juillet, il signe un contrat de cinq ans et 90 millions de dollars avec Houston.

2020 Il est échangé à Atlanta en février alors qu’il lui reste un contrat jusqu’en 2023.

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