Les cinq raisons du succès du FC Bavois

Football vaudois5e en Promotion League! Jamais en 78 ans d'existence, le FC Bavois n'a été aussi haut dans la hiérarchie du football suisse. Explications détaillées.

Nezir Kurtic, capitaine fidèle au FC Bavois depuis son arrivée en 2012.

Nezir Kurtic, capitaine fidèle au FC Bavois depuis son arrivée en 2012. Image: Keystone

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Onze matches sans défaite, série en cours, et une cinquième place après vingt journées en Promotion League. Jamais, depuis sa fondation en 1941, le FC Bavois n'a été placé aussi haut dans la hiérarchie du football national. Aujourd'hui, le FCB est tout simplement le 24e club suisse. Voici cinq explications rationnelles à un succès mérité.

Un club stable et solide

Le FC Bavois, c'est la famille Viquerat, et inversement. Jean-Pierre Viquerat a été président du club nord-vaudois durant 26 années et son fils, Jean-Michel, entame son 27e mandat à la tête du FCB. Cette stabilité est la source des succès du FC Bavois, où aucun joueur ne peut se sentir plus important que le président, l'homme qui décide de tout et sait s'entourer. Avec les années, «JMV» s'est créé un réseau au service de son club et les sponsors sont de plus en plus nombreux à le suivre, séduits par les retombées et par le sérieux du club. La personne qui donne de l'argent au FCB sait dans quelle poche il va et sait aussi que dans cinq, dix ou vingt ans, le club sera toujours là, présidé par un Viquerat. Le président a fait grandir son club petit à petit, au fil des ans, de la 3e ligue à la Promotion League.

Cette stabilité se retrouve dans la confiance accordée au staff technique, où Bekim Uka a une paix royale depuis son arrivée en 2012. Il a enchaîné les promotions sans jamais voir son autorité remise en question, ni dans la presse, ni devant les joueurs, ni par derrière. Bavois est un club qui fonctionne, sans faire de bruit. Les relations avec les clubs voisins se sont améliorées, vu que le FCB ne fait plus vraiment partie du même monde. Inévitablement, des petits désaccords surviennent encore ici et là, mais Bavois, désormais, est au dessus des querelles de 2e ou 3e ligue. Il ne chasse tout simplement plus sur le même territoire pour ce qui est des joueurs.

Il y a encore quelques années, sa puissance financière et les places de travail offertes aux joueurs suscitaient quelques jalousies autour, mais, ironie de l'histoire, Bavois est désormais le «pauvre» de Promotion League face à Yverdon, Nyon et Stade-Lausanne, ce que ne manque pas de souligner son président de temps en temps...

Une première équipe qui a su se renouveler

La fin de la génération incarnée par Nicola Zari et Marco Malgioglio était crainte. Bavois était monté très haut en partie grâce à ces joueurs et la fin de leur aventure en rouge avait de quoi inquiéter. Mais le FCB a su tourner la page de belle manière, en réussissant parfaitement son recrutement. Il y a eu des couacs lors de la première montée en 1re ligue, sanctionnée par une relégation immédiate. Mais depuis, les bons coups se sont multipliés et Bavois a su recruter intelligemment, sans aller chercher de joueurs directement à l'étranger, mais en misant sur des joueurs ayant fait leur preuves en Suisse comme Adrian Alvarez, Muamer Zeneli, Sébastien Le Neün, Qendrim Makshana, Fabio Lo Vacco ou Robin Enrico. A chaque fois des paris gagnants, dans des registres différents. La première équipe est un savant mélange d'anciens encore performants (Arnaud Bühler) et de jeunes à fort potentiel (Timothie Zali). Les deux hommes forment d'ailleurs une charnière centrale très complémentaire et très performante.

Bekim Uka, la continuité avant tout

Avec Bekim Uka, pas de surprise, bonne ou mauvaise. Bavois jouera en 4-3-3, modulable en 4-2-3-1, et c'est tout. Jamais d'expérimentation, jamais de mise en danger, jamais de déstabilisation. Les joueurs sont mis dans les meilleures conditions possibles et savent qu'ils auront la possibilité d'enchaîner les matches même s'ils sont un peu moins performants. Luis Pimenta n'a pas marqué souvent depuis son arrivée à Bavois, mais il a gardé la confiance de tout le monde.

Bekim Uka est l'exact contraire de Murat Yakin, par exemple, et sa méthode tout en continuité est parfaitement adaptée à un club comme Bavois. Seul problème: la difficulté pour les jeunes du club d'intégrer l'effectif. Le coach faisant confiance à l'équipe en place, les postes à pourvoir ne sont pas nombreux. Quand un jeune arrive et qu'il est performant, comme Timothie Zali, il joue, c'est vrai, mais d'autres doivent faire leur preuve avec la deuxième équipe, en 2e ligue, souvent très longtemps. Cependant, le système fonctionne et la concurrence est réelle entre les 15 à 16 meilleurs joueurs, qui savent que leur tour viendra quand un coéquipier sera moins bien. Depuis le début de l'année 2019, Yannick Bovay, indispensable ces dernières années, doit s'asseoir sur le banc. Romain Beynié, Safet Alic et Fabio Lo Vacco sont performants et Bekim Uka ne va pas bouger ce trio. Par contre, si l'un d'eux est suspendu, blessé ou moins performant sur la durée, Bovay aura sa chance à nouveau. Ainsi fonctionne le FC Bavois.

Bekim Uka ne fait pas de bruit, il n'est pas un technicien à qui tout le monde pense spontanément quand un banc se libère, mais il s'agit sans doute d'une erreur. Ce qu'il a fait à Bavois depuis 2012 force le respect: deux promotions et le haut du tableau aujourd'hui en Promotion League.

Le management de Bekim Uka, l'une des raisons du succès bavoisan

Adrian Alvarez, le dynamiteur

Pas de surprise avec Adrian Alvarez; il joue à droite, il va vite et il effectue souvent le même appel. Dans le système de Bekim Uka, l'ailier droit occupe toujours la même position, mais il a déjà scoré 13 fois cette saison, ce qui en fait le troisième meilleur buteur de Promotion League derrière Karim Chentouf et Yanis Lahiouel. Bavois ayant inscrit 33 buts cette saison, «Alva» en a marqué plus d'un tiers et est impliqué dans largement plus que la moitié. Il est le joueur qui fait la différence, étant arrivé dans le contexte nord-vaudois avec une mentalité exemplaire. Il n'est plus professionnel, il le sait, mais il se comporte comme s'il l'était avec la même exigence et la même rage à chaque match. Si la réussite de Bavois est collective, et qu'elle s'inscrit dans la durée, il est indéniable que sans Adrian Alvarez et ses accélérations, le FCB ne serait pas cinquième de Promotion League cette saison.

Bavois ne découvre plus la Promotion League

Bavois est encore un club où les joueurs s'arrêtent à la buvette (moins qu'il y a quelques années, d'accord) et connaissent le nom des spectateurs. Les infrastructures s'améliorent, mais elles sont loin du standard de la troisième division suisse, ce qui peut être un frein pour le recrutement. La préparation hivernale est souvent compliquée, la première équipe doit s'exiler à Saint-Prex et il n'est pas question de financer un camp d'entraînement. De toute façon, une dizaine de joueurs travaillent dans l'entreprise du président et il n'est pas question de fermer la boîte une semaine en février... Bavois n'est pas Brühl, Bellinzone ou Yverdon, c'est entendu. Mais le club se structure gentiment et grimpe dans le football suisse, y compris en coulisses, où il est pris de plus en plus au sérieux au fur et à mesure que sa première équipe monte au classement.

Les deux premières années, Bavois découvrait ce championnat particulier, avec ses équipes ambitieuses et ses équipes de M21 qui n'ont pas le droit de monter. Les regards étaient différents, le respect un peu plus difficile à obtenir. Et puis, à force de «taper les gros», voilà Bavois bien installé dans cette Promotion League. Terminer parmi les cinq premiers serait l'occasion de franchir encore un palier, au moins sur le plan symbolique. La mentalité a changé, d'ailleurs. Aujourd'hui, en entrant sur le terrain, les joueurs savent qu'ils peuvent battre n'importe qui. Dans les têtes, ça change tout.

Créé: 19.03.2019, 18h19

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