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TennisCoup de théâtre, Federer tombe contre Millman

Au bord de la rupture physiquement, le Bâlois s’est incliné face à John Millman (3-6 7-5 7-6 7-6) malgré des balles de set dans les deuxième et troisième manches.

Keystone

Qui l’eût cru? Roger Federer n’affrontera pas Novak Djokovic en quarts de finale de l’US Open. Le Bâlois s’est incliné contre l’infatigable John Millman au bout d’un combat âpre disputé dans des conditions très éprouvantes (80% d’humidité). Alors qu’il semblait se diriger vers un succès facile – gain tranquille du premier set, balles de set dans le deuxième – le Bâlois s’est progressivement liquéfié. D’abord le service (31% de premières balles au 2e set). Ensuite le jeu de jambes, soudain emprunté. Puis l’ensemble de son jeu, comme vidé de cette énergie qui lui confère sa simplicité. Plongé dans une forme de stupeur, le Arthur Ashe ne reconnaissait pas son champion.

À quel moment Roger Federer a-t-il montré des premiers signes de faiblesses? Quand avons-nous commencé à considérer que quelque chose n’allait pas? La césure remonte au début de la deuxième manche, lors de ce jeu de service cataclysmique long de quatorze minutes et d’une petite trentaine de points. Bouche ouverte, en perte totale de rythme au service (3 premières balles seulement), le No 2 mondial s’accrocha pour sauver sept balles de break à grand renfort d’amorties. Mais ce courage ne pouvait masquer une réalité inquiétante: «le Maître» évoluait en apnée, privé d’explosivité par la conjonction de l’humidité et de l’épreuve de force imposée par John Millman.

Penché en avant sur sa chaise pour profiter du ventilateur placé à ses pieds, Roger Federer traversa ainsi le deuxième et le troisième set. «Il a l’air vidé plutôt que blessé, analysait Patrick McEnroe sur «ESPN». Roger semble manquer de force.» Ce constat, le Bâlois l’avait sans doute fait depuis quelques minutes. Car pour économiser ses forces, il se ruait au filet – combien de service-volée? – ou glissait une amortie afin d’écourter les échanges.

Cette «tactique d’urgence» aurait pu marcher. Après tout, l’homme aux vingt titres du Grand Chelem se procura deux balles de deuxième manche (5-4, 40-15) et une chance d’enlever le troisième au tie-break (6-5); cette dernière sauvée par un énorme deuxième service de l’Australien côté coup droit. Sans doute fallait-il y voir un signe. Le tennis d’attaque et sa prise de risque peuvent parfois créer des miracles. Mais rarement lorsque le corps coince au point de transformer l’approche en un abordage certes romantique mais désordonné.

Et pourtant, Roger Federer trouva encore le moyen de redonner espoir à ses nombreux supporters dans la quatrième manche. «Le Maître» semblait retrouver un peu d’air et son break autoritaire conclu par un imposant «komm jetzt» (4-2) avait même le poids d’une relance. Celle-ci perdait toutefois son élan au jeu suivant avant de s’évanouir après deux horribles doubles fautes dans le dernier tie-break. Une dernière faute directe, la 76e, et John Millman pouvait lever les yeux vers le panneau de score: il venait de signer l’une des plus grandes surprises de l’ère Open.

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