À dix jours des Mondiaux, les Suisses sont en perte de vitesse

Ski alpinLes Helvètes ont quitté Kitzbühel avec un seul podium (celui de Beat Feuz) et beaucoup de questions. Faut-il s’inquiéter?

À Wengen, Ramon Zenhaeusern avait pourtant les moyens de faire beaucoup mieux que sa 6e place.

À Wengen, Ramon Zenhaeusern avait pourtant les moyens de faire beaucoup mieux que sa 6e place. Image: Keystone

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Qu’ils soient italiens, français ou allemands, ça rigole chez nos voisins qui sont repartis ce dimanche de Kitzbühel avec des certitudes et le plein de confiance! Après un succès transalpin vendredi, où Dominik Paris avait écrasé de tout son poids le rêve de Beat Feuz, Clément Noël avait enchaîné samedi en «envoyant», tout en douceur, la Marseillaise lors du slalom, alors que son coéquipier Alexis Pinturault avait su se hisser, avec classe, au 3e rang juste derrière Monsieur Marcel Hirscher. En tête de la première manche, Ramon Zenhäusern s’est alors contenté d’assurer, satisfait d’un sixième rang. Le Haut-Valaisan avait pourtant les moyens de faire beaucoup mieux.

Alors qu’un troisième coureur tricolore, Johan Clarey, a aussi réussi à 38 ans un joli pari, dimanche, en obtenant son premier podium en super-G, c’était aussi de la folie en Allemagne, avec le triomphe de Josef Ferstl qui s’est imposé hier sur la Streif, quarante ans après son père (Sepp avait gagné en descente en 1978 et 1979).

Le chêne qui cache la forêt

Ce n’est en revanche, plus vraiment l’euphorie dans le camp suisse où Mauro Caviezel (qui ne retrouve pas la forme qui lui avait permis de briller à Beaver Creek et Lake Louise), Marco Odermatt (qui continue d’apprendre) et Thomas Tumler (qui ne pouvait pas faire plus) ont obtenu un triplé, mais… aux 14e, 15e et 16e rangs.

Deux ans après la jolie moisson de Saint-Moritz, faut-il s’inquiéter du niveau de nos Helvètes à dix jours de s’envoler pour Åre? S’ils ont toujours su tirer leur épingle du jeu lors des grands événements, le scepticisme reste de mise après les épreuves du Hahnenkamm même s’il est difficile de comparer la neige et les tracés…

Dans le Tyrol, seul Beat Feuz aura démontré, comme il y a une semaine à Wengen, qu’il faudra être très fort pour le pousser de son piédestal en descente lors des Mondiaux lui qui détient le titre. Le Bernois, vice-champion olympique, qui supporte si bien la pression, était même très proche de monter à nouveau sur le podium en super-G.

«Trop de risques»

«J’ai pris peut-être un peu trop de risques dans la Traverse où après la Hausbergkante j’étais malheureusement trop bas, s’est excusé un Beat Feuz, qui peut être satisfait, lui, de son bilan même s’il avoue qu’il ne se sentait pas trop bien ce dimanche. Mais si pour moi le super-G reste une loterie, je suis plus à l'aise en descente où, avec d’autres repères, je sais que je peux aller très vite.»

Ce «chêne» qui cache une forêt de désillusion se réjouit de rejoindre Garmisch-Partenkirchen sur une piste du Kandahar où il s’était imposé l’an dernier. De quoi remplir son réservoir de confiance avant de s’envoler ensuite pour Åre. Les autres Helvètes, en revanche, sont tous en perte de vitesse. Même les slalomeurs ont quitté Kitzbühel loin derrière les meilleurs ou avec une nouvelle sortie de piste.

S’il faut parler d’un «jour sans», samedi, pour Daniel Yule, très constant tout l’hiver et «des choses qui arrivent» pour le talentueux Loïc Meillard, prêt à rebondir ce mardi à Schladming, d’autres sont vraiment en plein doute.

«J’en ai marre!» a d’ailleurs lâché Luca Aerni qui ne trouve plus la solution pour terminer une course. Le champion du monde du super-combiné, qui aura le droit d’aller défendre son titre en Suède, n’a toutefois toujours pas son ticket pour s’aligner en slalom. Il lui reste une dernière chance ce mardi sur la Planai.

À lui de la saisir. La confiance tient à si peu de chose. Pour que ça rigole à nouveau…

Créé: 27.01.2019, 19h38

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Rochat n’y arrive pas

Si, une semaine après Wengen, c’était encore Noël à Kitzbühel pour les slalomeurs tricolores, avec l’ascension d’un jeune talent de 21 ans, le temps n’est plus trop clément dans le camp helvétique. Seul le grand Ramon Zenhäusern a été capable de garder la tête haute en première manche, avant de se contenter d’une sixième place qui reste un magnifique résultat, même s’il était proche de décrocher la (l)une. Après un mois de décembre du tonnerre et une belle cinquième place à Wengen, Daniel Yule a reculé pour, espère-t-il, mieux exploser. «Il va falloir tourner le bouton avant le slalom de Schladming», reconnaît le vainqueur de Madonna di Campiglio, seulement 18e samedi, alors que Loïc Meillard, deuxième à Zagreb, a connu l’élimination sur le second tracé.

À l’image de Luca Aerni, qui ne trouve plus la solution pour terminer un slalom, le temps est toujours à l’orage pour Marc Rochat, avec sept slaloms cet hiver et sept sorties de piste. «Dans la tête, ce n’est pas facile; en plus, après ma chute à Wengen, j’ai mal à l’épaule, lâche un Lausannois dépité. Je vais continuer de m’entraîner et tenter encore une fois de courir à Schladming et à Kranjska Gora en mars mais, question résultats, ma saison est finie.»

Après un aller-retour aux États-Unis pour passer ses examens, Tanguy Nef se sentait bien sur les skis, «mais sur un tracé aussi verglacé, il m’aurait fallu un jour d’entraînement supplémentaire», regrettait-il. Éliminé, le Genevois, qui continue d’apprendre sur la piste, restait aussi joyeux que Noël avant de se rendre ce mardi à Schladming.

Christian Maillard

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