«Quand la foule criait «Roger», j’entendais «Novak»

TennisAprès son 5e sacre à Wimbledon, Novak Djokovic affichait sa fierté. «C’était le match le plus dur mentalement de ma carrière.»

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Novak Djokovic, comment avez-vous réussi à garder la tête froide, malgré un avertissement et une ambiance hostile. Vous étiez-vous préparé à un tel scénario?

Déjà, je veux dire que mon soulagement est immense. Ce genre de matches valide tout le travail fourni au fil des années. Gagner contre l’un de mes plus grands rivaux donne du sens à toutes les minutes que j’ai passées sur le court. Ensuite concernant l’ambiance, je m’étais promis de rester calme aujourd’hui. Je savais à quelle ambiance j’allais faire face et je devais rester concentré. J’avais visualisé le niveau de Roger et le reste.

Où situez-vous cette performance parmi vos plus grands exploits?

Je pense que c’est le match le plus exigeant mentalement qu’il m’a été donné de jouer. La finale de l’Open d’Australie 2012 contre Nadal était la plus dure physiquement (ndlr: victoire après six heures d'un combat fou). Mais sur le plan mental, celle-là est au-dessus. Tout simplement parce que j’étais à un point de la défaite et que ce match a tout eu. Il servait bien, j’étais sur le pied arrière tout le temps. Et puis j’ai aussi eu un flash-back des balles de match sauvées à l’US Open contre lui (2011). J’ai juste essayé de garder foi en moi et en mon jeu. Or, dans les moments les plus chauds, lors des trois tie-breaks par exemple, je pense avoir réussi.

Vous évoquez la visualisation. Peut-elle vraiment aider dans une cinquième manche aussi folle?

Oui. Car elle vous permet d'anticiper tous les scénarios possibles. Peut-être pas ceux directement liés au tableau d’affichage. Mais j’essaie d'abord toujours de me représenter en vainqueur; et je pense que cela aide. Ensuite, il y a toute la dimension émotionnelle. Et dans ce registre, je savais que ce match allait être une bagarre constante avec moi-même par rapport à tout ce qui allait se passer autour du terrain. Une situation ne vous affecte jamais en soi. C’est la manière dont vous la recevez qui vous touche. Je m’étais préparé aux réactions du dehors et je m’en suis protégé au maximum pour rester dans l’instant. Je pense vraiment que cette stabilité émotionnelle m’a permis de sauver les balles de match.

Donc la foule hurlant pour Roger ne vous a pas perturbé?

Bon, c’est dur d’en faire totalement abstraction. Dans les moments très chauds, si vous avez chaque réaction pour vous, cela vous porte, vous aide, vous donne de l’énergie. Et si vous ne recevez pas cette énergie, vous devez la trouver ailleurs.

Donc l’absence de soutien peut presque devenir un facteur motivant?

C’est une bonne question. La norme, c’est de tenter de l’ignorer; ce qui est assez difficile. Mais c’est vrai que, parfois, tu peux essayer de transformer le truc. Quand la foule criait «Roger, Roger», j’entendais «Novak, Novak». Cela peut vous sembler bizarre, presque pervers. Mais c’est comme ça. J’ai essayé de me convaincre qu’elle criait dans mon sens. C’est un exercice mental.

Créé: 15.07.2019, 01h55

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.