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FootballAprès la fuite, la FIFA publie le rapport Garcia

La Fédération internationale de football a rendu public mardi l'intégralité de l'enquête du juge indépendant, chargé de faire la lumière sur des soupçons de corruption. La presse allemande en avait révélé des extraits la veille.

L'ancien patron de la Fifa Sepp Blatter a l'intention de poursuivre l'instance dirigeante du football mondial et son président actuel Gianni Infantino pour avoir diffusé de «fausses informations» et porté atteinte à sa réputation. (Mercredi 8 mai 2019)
L'ancien patron de la Fifa Sepp Blatter a l'intention de poursuivre l'instance dirigeante du football mondial et son président actuel Gianni Infantino pour avoir diffusé de «fausses informations» et porté atteinte à sa réputation. (Mercredi 8 mai 2019)
AFP
Sepp Blatter: «J'aimerais bien qu'on en finisse. Si le cas est clos devant la justice suisse, il n'y a pas de raison d'avoir eu un cas à la FIFA. Ce que je veux faire c'est travailler du côté de la justice suisse mais aussi voir les arguments nécessaires pour obtenir une cassation de la décision de la commission d'éthique.» (8 mars 2018)
Sepp Blatter: «J'aimerais bien qu'on en finisse. Si le cas est clos devant la justice suisse, il n'y a pas de raison d'avoir eu un cas à la FIFA. Ce que je veux faire c'est travailler du côté de la justice suisse mais aussi voir les arguments nécessaires pour obtenir une cassation de la décision de la commission d'éthique.» (8 mars 2018)
Keystone
Les enquêteurs américains ont mis en évidence que des dirigeants du football mondial avaient reçu des pots-de-vins et commissions pour l'attribution de phases finales de Coupe du monde et la cession de droits TV et commerciaux.
Les enquêteurs américains ont mis en évidence que des dirigeants du football mondial avaient reçu des pots-de-vins et commissions pour l'attribution de phases finales de Coupe du monde et la cession de droits TV et commerciaux.
Keystone
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Au lendemain de la publication d'extraits par le journal allemand Bild, la Fifa, qui s'y était toujours opposée, a dévoilé mardi l'intégralité du rapport Garcia qui n'apporte que peu d'éléments nouveaux sur les soupçons entourant l'attribution du Mondial-2022 au Qatar.

Ce fameux document, rendu en interne à la Fifa le 5 septembre 2014, faisait fantasmer la presse du monde entier car il n'avait jamais été publié. Mais les 400 pages rédigées par l'ancien procureur américain Michael Garcia, du temps où il était chef de la chambre d'instruction de la justice interne de la Fifa, n'apportent pas de preuves formelles sur un «achat» du Mondial-2022 par le Qatar.

On y trouve par exemple mentionnées les «allégations» d'un «transfert en juin 2011 par (Sandro) Rosell de 2 millions de Livres sterling sur le compte de la fille de (Ricardo) Teixeira âgée de 10 ans».

«Pas de preuve» liant Platini au Qatar

Sandro Rosell, ex-président du FC Barcelone, récemment mis en examen par la justice espagnole, était alors consultant pour le Qatar, payé «2000 euros par jour». Ricardo Teixeira, ex-président de la Fédération brésilienne, était lui membre du comité exécutif (gouvernement) de la Fifa et proche de Sandro Rosell. Il a depuis lors été mis en cause par la justice américaine dans le vaste scandale de corruption touchant de nombreux responsables du football sud-américains.

Selon un autre consultant de la candidature du Qatar cité dans le rapport Garcia, si le paiement a bien eu lieu, «il ne concernait pas la candidature du Qatar mais une affaire privée entre (M. Rosell) et M. Teixeira» et résultait «de la vente d'une propriété au Brésil».

Si l'argent n'est pas allé sur un compte de M. Teixeira mais sur celui de sa fille, c'est «parce que certaines personnes le font pour des raisons fiscales», ajoute le témoin. Et M. Garcia d'en conclure qu'«aucune preuve n'existe d'un lien entre le Qatar et ce paiement de 2 millions de livres sterling à la fille de ce membre du comité exécutif».

Polémique

Concernant le fameux dîner organisé le 23 novembre 2010 à l'Elysée par Nicolas Sarkozy, alors président de la République, en présence du président de l'UEFA de l'époque Michel Platini et de Tamim ben Hamad Al-Thani, futur émir du Qatar, Garcia écrit qu'«aucune preuve n'a été découverte liant le vote de M. Platini» en faveur de Doha aux investissements effectués par la suite par le Qatar en France, notamment dans le Paris SG.

En conséquence de quoi la chambre d'investigation de la Fifa «n'avait pas jugé nécessaire de prendre d'autres mesures». En France, le parquet national financier a ouvert une enquête qui porte notamment sur cet épisode.

Sepp Blatter, président déchu de la Fifa, a encore répété mardi à l'AFP que «c'est le vote de Michel Platini en faveur du Qatar qui a fait basculer le vote du comité exécutif alors qu'il y avait à l'origine un accord pour attribuer le Mondial-2018 à la Russie et ensuite le Mondial-2022 aux Etats-Unis».

L'attribution de l'organisation du Mondial-2022 au Qatar, le 2 décembre 2010 en même temps que celle du Mondial-2018 à la Russie, fait polémique depuis le début et est entourée de forts soupçons de corruption.

«Renforcer le processus pour 2026»

La justice interne de la Fifa avait noté dans le rapport Garcia des comportements suspects mais pas de nature à remettre en cause l'attribution des deux tournois. Fin 2014, Garcia avait claqué la porte, dénonçant une lecture partielle et partiale de son travail.

L'actuel président de la Fifa, Gianni Infantino, a réclamé «à plusieurs reprises par le passé» la publication du rapport, a assuré la Fifa mardi. «Malgré ces demandes répétées», MM. Borbély et Eckert, les anciens présidents des chambres de la justice interne, «ont toujours refusé».

La publication du rapport Garcia «ne remet pas en question l'attribution des Mondiaux-2018 et 2022», a tenu à souligner un porte-parole de la Fifa. «Mais ses conclusions ont été utilisées pour renforcer le processus de candidature pour 2026, afin de le rendre plus juste, éthique et transparent».

Explications

C'est d'ailleurs ce que Sepp Blatter, interrogé mardi par l'AFP, retient depuis le début: le rapport Garcia «ne contenait pas d'éléments de nature à remettre en cause l'attribution du Mondial-2018 à la Russie et 2022 au Qatar».

Dans un communiqué transmis à l'AFP, MM. Eckert et Borbély qui, jusqu'à la fin de leur mandat en mai ont toujours refusé de publier le rappport Garcia, ont réagi mardi soir.

Ils ont rappelé qu'en décembre 2014, le comité exécutif de la Fifa avait décidé que le président de la chambre de jugement était seul habilité à autoriser cette publication «dès que toutes les procédures, y compris des appels devant le TAS, seraient closes. Or ce n'est toujours pas le cas à ce jour».

«M. Infantino ne nous a jamais contactés et ne nous a jamais demandé l'autorisation de publication», ont ajouté MM. Eckert et Borbély dans ce communiqué commun.

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